Covid-19 : la (très) légère baisse des contaminations en France, un trompe-l'œil ?

Covid-19 : la (très) légère baisse des contaminations en France, un trompe-l'œil ?

DÉCRYPTAGE - Depuis quelques jours, des indicateurs semblent montrer une légère décélération de l'épidémie dans le pays. Mais la vigilance reste de mise face à "l'épée de Damoclès" que constituent les variants du virus.

La France n'est pas en confinement, et pourtant, l'épidémie semble (légèrement) marquer le pas. Mercredi 10 février, 25.427 nouveaux tests positifs ont été enregistrés dans le pays, contre 26.362 une semaine plus tôt. La moyenne des nouveaux cas par semaine est également à la baisse. Selon CovidTracker, le site qui recense les données de l'épidémie, 19.800 contaminations en moyenne étaient enregistrées le 7 février (-4% en une semaine), le chiffre le plus bas depuis le 21 janvier. 

D'autres indicateurs semblent suivre la même tendance, comme le taux de positivité des tests (6,17% le 7 février contre 6,94% le 21 janvier) ou le taux d'incidence au niveau national (207 contre 215 le 1er février).

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Pour Guillaume Rozier, fondateur de CovidTracker, plusieurs raisons peuvent expliquer ce reflux épidémique. "Santé publique France évoquait un changement de comportement de la population avec une prise de conscience à la suite du débat sur le confinement", nous assure-t-il. "En outre, la tendance est la même dans la plupart des pays européens. En Espagne par exemple, certaines régions ne sont pas du tout confinées et une décrue est observée. Pour l'instant, la baisse en France reste toutefois très timide, il faut attendre confirmation."

"Il pourrait y avoir une petite ascension vers le 15 ou 20 février"

Faut-il tout de même voir dans ces indicateurs l'amorce de la fin du plateau épidémique vers des niveaux de circulation plus faibles ? Pas vraiment selon Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille. "Le seuil de sortie du confinement en décembre était de 5000 cas par jour", rappelle-t-il à LCI. "20.000 de moyenne, cela reste un niveau très élevé. Une diminution de 4%, cela ne change pas beaucoup. La baisse reste faible."

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L'épidémiologiste craint toujours une hausse des contaminations dans les jours ou les semaines à venir. "Les variants classiques diminuent, mais le variant anglais progresse dix fois plus vite", avertit Philippe Amouyel. "Le plateau que nous avons actuellement pourrait s'expliquer par le fait que nous avons beaucoup d'anciens variants qui baissent un peu, et peu de nouveaux variants qui augmentent très vite. L'un dans l'autre, cela s'équilibre... jusqu'au jour où il ne restera que les nouveaux variants qui montent. Il pourrait d'ailleurs y avoir une petite ascension vers le 15 ou 20 février."

Une tendance hétérogène dans les eaux usées

Un indicateur laisse d'ailleurs craindre une hausse prochaine du nombre de cas : les eaux usées. Selon les dernières données du réseau Obépine, qui y traque le virus, sa présence semble de plus en plus importante dans certaines zones. "Nous constatons une très grande hétérogénéité selon les territoires", indique Vincent Maréchal, virologue et co-fondateur du réseau Obépine, sur LCI. "La circulation du virus telle que nous la voyons dans les eaux usées augmente depuis quelques jours dans des territoires qui allaient globalement bien", avertit-il, citant notamment la région lilloise. 

Selon les relevés de la station Lille Grimonpont, le niveau de virus dans les eaux usées demeure en constante hausse depuis la mi-janvier. Il était, au 1er février, similaire à celui observé fin octobre, juste avant le deuxième confinement.

Dans d'autres territoires, la situation semble encore plus inquiétante. "Dans des grandes villes de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, la circulation du virus dans les eaux usées est alarmante, en parfaite adéquation avec la tension hospitalière", admet Vincent Maréchal. D'après les données provenant de la station de Marseille, le niveau de virus dans les eaux usées est à son plus haut point depuis le début des prélèvements, à l'été 2020.

La légère baisse des indicateurs pourrait donc uniquement ressembler à un répit. Même s'il a diminué, "le taux d’incidence reste à 200 quand le seuil d'alerte est fixé à 50, il est donc quatre fois supérieur", poursuit Philippe Amouyel. "Tout le monde aurait hurlé si cette situation s'était déroulée en septembre dernier. Et pour l'instant, il reste encore l'épée de Damoclès de ce variant britannique qui est en train de remplacer le variant actuel."

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