Covid-19 : le premier confinement responsable d'une hausse des états dépressifs en France

Covid-19 : le premier confinement responsable d'une hausse des états dépressifs en France

CRISE SANITAIRE - En mars 2020, le pays se mettait une première fois sous cloche pour endiguer l'épidémie. Publiée ce vendredi, une étude souligne le poids du confinement sur la santé mentale des Français.

Il y a plus d'un an, le mot "confinement" se glissait dans notre quotidien. Ce ne sera pas long, nous dit-on. Il se sera finalement étalé sur un mois et 25 jours. Une durée suffisante pour abîmer la santé mentale des Français. À l'issue de ce premier épisode, une personne sur sept présentait un syndrome dépressif, selon une étude publiée ce vendredi par le service statistique des ministères sociaux. "En mai 2020, 13,5% des personnes âgées de 15 ans ou plus vivant en France déclarent des symptômes évocateurs d'un état dépressif", indique la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees). À titre de comparaison, le taux de personnes présentant des troubles anxieux s'élevait à 10,9% en 2019. 

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Pour mieux recenser les états dépressifs, il faut savoir comment les repérer. Ils se manifestent par une perte d'intérêt à avoir une activité, une humeur maussade, des problèmes de sommeil ou encore des difficultés de concentration. Ces travaux mettent en évidence une plus grande vulnérabilité chez certaines franges de la population. Les jeunes sont les plus touchés avec 22% des 15-24 ans, soit le double de 2019. Parmi les causes responsables de ce mal-être, une plus grande difficulté à s'insérer dans le monde du travail, un isolement accru avec les cours à distance ou encore un bouleversement des liens sociaux. 

Les femmes restent aussi les grandes perdantes de la crise sanitaire sur le plan psychologique. L'augmentation des états dépressifs est ainsi plus forte chez elles, 15,8% en 2020, contre 12,5% l'année précédente. L'étude relève aussi que "le fait de se retrouver confronté à des comportements violents, agressifs ou dégradants de la part de son conjoint ou partenaire est également lié au syndrome dépressif". Or, les violences familiales ont augmenté de 9% en 2020 par rapport à 2019.

La taille du logement, un facteur important

Par ailleurs, la crise du Covid-19 a mis en lumière les inégalités déjà existantes dans le pays. Notamment, lorsqu'il s'agit des conditions de logement. "Ainsi, plus d'une personne sur cinq logeant dans un appartement sans balcon présente un syndrome dépressif", note l'étude. Avoir été confiné hors de chez soi, chez son conjoint ou partenaire, ou chez ses parents, est également associé à un risque accru. 

Tout comme le fait de vivre dans des foyers surpeuplés ou à l'inverse de vivre seul, ou seul avec son ou ses enfants. "Les parents seuls avec leur(s) enfant(s) étaient 14% à présenter un syndrome dépressif en 2019 (soit trois points de plus que la moyenne), contre 21% en 2020 (soit 7,5 points de plus que la moyenne)", note la Drees. Seule bonne nouvelle dans ce paysage sombre : l'institut note toutefois une baisse pendant le confinement: celle des pensées de mort. Elles concernaient 3,8% des personnes âgées de 15 ans ou plus vivant en France, contre 5% en 2019.

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Depuis plusieurs mois, les médecins et autorités alertent sur le risque d’une "troisième vague mentale", l'expression qu'avait utilisée le ministre de la Santé Olivier Véran. Parmi les mesures mises en place, il y a les chèques psy, permettant à tous les étudiants d'accéder à un accompagnement entièrement pris en charge. Mais le dispositif, qui ne vaut que pour trois séances, est encore fragile et le ministre admet dans un entretien au Parisien qu'il faut "aller plus loin". Dans un entretien accordé au quotidien, Olivier Véran a déclaré vouloir développer les "premiers secours en santé mentale". L'objectif étant de mieux repérer et prendre en charge les personnes en difficultés. 

En cas de souffrance, Santé publique France recommande de se rapprocher son médecin ou d’appeler le 0 800 130 00.

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