Covid-19 : le traitement qui a soigné Donald Trump bientôt disponible en Europe ?

Covid-19 : le traitement qui a soigné Donald Trump bientôt disponible en Europe ?

CRISE SANITAIRE - La piste vaccinale n'est pas la seule à être porteuse d'espoir. Le traitement à base d'anticorps, déjà essayé par le président américain, pourrait être un bon complément pour éradiquer le virus.

Un homme l'a rendu populaire. Et pas des moindres. En octobre dernier, le président américain Donald Trump est touché par l'épidémie du coronavirus. Dans la foulée, un "cocktail d'anticorps" est administré en urgence au locataire de la Maison-Blanche. Il s'agit d'un traitement ultra expérimental élaboré par la firme américaine Regeneron. Sur les réseaux sociaux et devant les caméras, Donald Trump ne tarit pas d'éloges sur ce traitement - encore mystérieux à l'époque. 

Quelques semaines plus tard, l'épidémie gagne encore du terrain aux États-Unis - pays qui a dépassé la barre des 300.000 morts. Face à l'ampleur de cette catastrophe sanitaire, l'Agence américaine des médicaments (FDA en anglais) reconnaît l'efficacité de ce traitement et accorde, fin novembre, son autorisation à ce cocktail d'anticorps de synthèse dans le pays meurtri par la pandémie. 

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Comment fonctionne ce traitement ? Tout d'abord, il ne tue pas le virus mais limite sa progression via des anticorps, qui permettent à l'organisme de se défendre. Dans le cas du médicament octroyé à Donald Trump, il s'agissait d'une combinaison de deux anticorps monoclonaux, qui se fixent sur une partie spécifique du virus et l'empêchent d'infecter de nouvelles cellules. 

Le président du Conseil scientifique, Jean-Français Delfraissy a rappelé ce principe qui consiste à "isoler les anticorps des patients qui ont eu le Covid" afin "de les reproduire en grande quantité en labo et de les injecter à titre préventif". Les anticorps peuvent être d'origine humaine - extraits des personnes qui ont guéri - ou bien issus d'une approche chimique - c'est ce qui a été utilisé dans le traitement de Donald Trump. 

Un traitement début 2021 en Europe

Si les États-Unis ont donné leur feu vert pour ce traitement, qu'en est-il en Europe ? Cette semaine, le professeur Delfraissy a déclaré qu'"un nouveau médicament à base d'anticorps monoclonaux pourrait aussi être validé" au mois de février 2021. "La science avance, dans le silence, mais elle avance", a-t-il tenu à préciser. Et ce n'est pas Odile Delvaux, présidente de la biotech nantaise Xenothera, qui dira le contraire. 

La société de biotechnologie travaille à l'élaboration d'un médicament à base d'anticorps baptisé le XAV-19 - actuellement en essai clinique. La présidente espère que son médicament sera disponible au printemps. Selon la spécialiste, le traitement est un complément nécessaire à la campagne de vaccination qui va démarrer prochainement. "C'est un médicament qui sert à soigner les gens malades", rappelle-t-elle. L'objectif est ainsi d'éviter aux personnes contaminées de voir leur état s'aggraver et de nécessiter un passage en réanimation. Par ailleurs, il est probable que toute la population ne pourra pas être vaccinée. 

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Le traitement mis en place par la start-up nantaise présentera quelques différences avec son cousin américain. Contrairement au cocktail élaboré par la firme américaine Regeneron, le traitement français est composé d'anticorps polyclonaux : "Ils seront capables de reconnaître le virus de tous les côtés, à l'inverse du monoclonal qui reconnaît le virus juste par un petit point spécifique", éclaire Odile Delvaux. La scientifique détaille fièrement : " Le XAV-19 nécessite vingt à trente fois moins d'anticorps que les monoclonaux, soit les anticorps américains. La différence de puissance est énorme."

Si ce traitement constitue un nouvel espoir pour sortir de cette crise, il connaît aussi quelques limites. En effet, pour qu'il soit efficace, il est préférable que le médicament soit administré assez tôt après la contraction du virus. "Le traitement intervient au moment où il faut neutraliser le virus, c'est une fenêtre très particulière - entre six et neufs jours après l'infection", déclare Odile Delvaux. Autre condition, la prise du traitement doit être effectuée à l'hôpital, il faudra donc dépister les patients à risque avant d'organiser leur venue dans les établissements de santé.

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