Le vaccin "100% efficace contre le confinement" : ce qui a changé depuis la phrase d'Olivier Véran cet été

Olivier Véran a fait le point ce vendredi sur la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France

COVID - Alors que le gouvernement ajuste sa stratégie face au risque d’une nouvelle vague de l’épidémie, des opposants à la politique sanitaire accusent le ministre de la Santé de mensonges. Une mise en contexte s’impose.

Les non-vaccinés confinés en Autriche, le franchissement des 50.000 nouveaux cas quotidiens en Allemagne… Après une reprise de l’épidémie observée depuis quelques semaines en Europe de l’Est, l’étau se resserre à l’Ouest. Et le risque d’un reconfinement en France n’est plus nul, d'après le gouvernement.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

"Toutes les hypothèses sont sur la table car nous sommes face à un virus qui nous surprend et peut encore nous surprendre", a évoqué Christophe Castaner ce lundi 15 novembre, écartant tout souhait de la majorité de confiner seulement les non-vaccinés. L’éventualité d’un nouveau confinement n’a pas été exclue non plus ce week-end par Gabriel Attal, alors que les nouveaux cas avoisinent les 9000 chaque jour. Il n’en fallait pas plus pour que la nouvelle se propage sur les réseaux sociaux, sous le hashtag "Reconfinement" porté par Florian Philippot et des opposants à la politique sanitaire.

Rapidement, le président des Patriotes a profité que cette option ne soit plus exclue par le gouvernement pour assurer que le ministre de la Santé avait menti quatre mois plus tôt en affirmant que "le vaccin est 100% efficace contre le confinement". Un argument qui se révèle faux dans la mesure où Olivier Véran a prononcé cette phrase le 8 juillet dernier, alors que la France se trouvait dans une situation sanitaire bien différente d’aujourd’hui. 

Car ici, il s’agit surtout de contexte. En visite ce jour-là dans un centre de vaccination de Paris, le ministre avait insisté sur les vertus d’une vaccination massive de la population : au 1er juillet, seuls 50,6% de Français avaient reçu une première dose de vaccin et 34,5% d’entre eux étaient totalement vaccinés. Quatre jours plus tard, Emmanuel Macron s’adressait aux Français pour accélérer la campagne : il annonçait à cette occasion la mise en place du pass sanitaire pour les activités de loisirs et la vaccination obligatoire des soignants. 

"Le virus n'a pas changé, nous ne devons pas changer non plus", avait poursuivi Olivier Véran lors de sa visite le 8 juillet. "On a trouvé collectivement le moyen de le battre trois fois. S’il faut le battre une quatrième fois, nous le ferons mais nous avons une arme nouvelle, c'est la vaccination." Ses propos ne laissent pas entendre en tout cas que le vaccin est efficace à 100%, ce qui d'ailleurs n’a jamais été démontré dans des études scientifiques. Si les vaccins à ARNm sont par exemple efficaces à 90% contre le risque de mourir du Covid ou de développer une forme grave, ils limitent mais n’empêchent pas celui de se contaminer. 

Une immunité collective jamais atteinte ?

Au même moment, le Conseil scientifique publiait de nouvelles recommandations et expliquait que "la période estivale conduit au respect moins rigoureux des mesures barrières, ce qui peut à nouveau provoquer une reprise épidémique tant que l’immunité collective n’est pas acquise". Une immunité collective qui, au regard du variant Delta bien plus contagieux, est devenue de plus en plus lointaine.

Celle-ci se situe désormais entre 80 et 90% de la population alors qu’en cette mi-novembre, la couverture vaccinale plafonne à 75% (74,8% selon les chiffres du ministère datés du 14 novembre). Ce qui est beaucoup mais pas assez selon les estimations scientifiques, d’autant que la protection conférée par la vaccination diminue au fil du temps. C’est pour cette raison que la troisième dose a été ouverte à la population vaccinée en premier : les plus de 65 ans et les plus vulnérables, comme les immunodéprimés. Les plus de 50 ans seront concernés début décembre. 

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Autre point mentionné par le Conseil scientifique au mois de juillet, celui du respect des mesures barrières qu’il a toujours présenté comme complémentaire à la vaccination. Or, un relâchement de ces gestes est mesuré par Santé Publique France (SPF), qui interroge 2000 Français chaque mois. Dans ses dernières études, SPF démontre que le respect de la distanciation physique est passé, entre mai et début octobre, de 72% à 59%. Entre mai et fin septembre, le port systématique du masque dans les lieux publics fermés est passé quant à lui de 82% à 65%. 

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