Covid-19 : le variant britannique continue de muter et préoccupe d'autant plus

Variants : "Ils sont en compétition les uns avec les autres pour la conquête de l'Homme"

MUTATION - La détection d'un variant anglais présentant une mutation commune avec le sud-africain préoccupe les autorités britanniques qui craignent qu'elle favorise la résistance du virus aux anticorps.

C'est une découverte qui n'est pas pour rassurer les autorités britanniques déjà submergées par une vague de contaminations liées aux variants du Covid-19. L’agence Public Health England vient de mettre en lumière que la variante anglaise est en train d’acquérir la mutation la plus préoccupante du variant sud-africain. Baptisée "E484K", elle diminuerait la résistance des anticorps face au virus. 

Selon la BBC, des opérations de dépistage ont déjà été réalisées en urgence dans certaines régions du pays, et pourraient encore être étendues. Verdict ? La spécificité génétique a déjà été repérée chez plusieurs dizaines de malades à Bristol et à Liverpool. 

Résistance aux anticorps et contagiosité accrue

Des tests en laboratoire ont montré qu’il est possible que certaines personnes déjà touchées par le Covid-19 ne soient pas aussi bien immunisées contre un variant disposant d’E484K que contre une souche plus classique. Evoquant "une mutation qui nous angoisse beaucoup", Vincent Maréchal, professeur de virologie expliquait ce mercredi sur LCI, que "les virus qui ont cette mutation arrivent à échapper au moins partiellement aux anticorps neutralisants". De toutes les mutations connues, c’est "la plus inquiétante de toutes", alertait mi-janvier Ravindra Gupta, professeur de microbiologie à l’Université de Cambridge, auprès de l'AFP. 

Mais ce n'est pas tout. Selon une étude publiée le 6 janvier, non revue par des pairs pour l'heure, avec la mutation E484K, le virus serait treize fois plus apte à s’accrocher à nos cellules. "Cette mutation permet un meilleur attachement de Spike sur le récepteur, donc une meilleure infection des cellules. Il est donc certainement plus infectieux et pourrait se transmettre plus rapidement", détaille pour sa part, Daniel Duna, chercheur du CNRS au centre de physiopathologie de Toulouse Purpan, pour l’Obs. Pour rappel, d'après les études de terrain, le variant anglais "d'origine" serait déjà 40 à 70 % plus transmissible. 

Des vaccins toujours efficaces ?

Pour le Dr Julian Tang, virologue à l'université de Leicester, cette découverte révèle certes un "développement inquiétant, mais pas inattendu", puisque les virus mutent naturellement pour se diffuser. Ainsi, le variant anglais continue lui aussi de muter. 

"Aujourd'hui, on a des milliers de variants en circulation, beaucoup n'ont pas d'effet particulier mais il faut bien comprendre qu'ils sont en compétition les uns avec les autres pour la conquête de leur hôte, à savoir en l'occurrence l'Homme", illustre encore Vincent Maréchal. Et de poursuivre : "dans cette conquête du monde, il y en a qui sont meilleurs que d'autres, c'est ceux dont leurs mutations leurs confèrent un avantage : infecter plus, plus longtemps..."

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Quid de l'efficacité des vaccins ? Les laboratoires Pfizer-BioNTech et Moderna ont précisé que le niveau de protection obtenu grâce à la vaccination était à l’origine si élevé que cela devrait rester valable concernant ce variant qui a muté. Si tel n'était pas le cas, le PDG de BioNTech a déjà eu l'occasion d'affirmer que le laboratoire serait en mesure de recréer un vaccin en seulement six semaines.

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