Covid-19 : les Pr Raoult et Perronne visés par une plainte du Conseil de l'ordre des médecins

Le professeur Didier Raoult à Marseille.

SANCTION - Le Conseil national de l'ordre des médecins a porté plainte contre six médecins, notamment pour des propos tenus durant la crise sanitaire. Parmi eux, les professeurs Christian Perronne et Didier Raoult.

Il y a des choses que les scientifiques ne devraient pas dire. C'est en tout cas ce que compte bien montrer le Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom). L'organisme, qui a pour objectif de défendre et réguler la profession médicale a déposé le 10 décembre dernier des plaintes contre six médecins, a révélé l'Agence de presse médicale (APM). Dans la liste des scientifiques dans le viseur de cette instance : les très médiatiques Didier Raoult et Christian Perronne, mais aussi d'autres noms apparus tout au long de la crise sanitaire, comme Gérard Delépine, Nicolas Zeller ou encre Hélène Rezeau-Frantz. On trouve également dans la liste le très controversé Henri Joyeux. Le Cnom n'a pas confirmé ces plaintes, mais a retweeté la publication de l'agence spécialisée qui les annonçait.

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Des spécialistes déjà visés par des plaintes

Les plaintes ont été déposées "pour des faits ou propos" en lien avec l'épidémie de coronavirus, explique l'APM. Mais auprès du Parisien, le Cnom a refusé de préciser les motifs exacts de ces plaintes. Le professeur Didier Raoult est déjà poursuivi, cette fois-ci par l'Ordre des médecins des Bouches-du-Rhône. Le directeur de l'Institut hospitalo-universitaire de Marseille était au coeur d'une nouvelle plainte, de la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF), qui l'accuse d'avoir indûment promu l'hydroxychloroquine, et enfreint au moins neuf articles du code de déontologie médicale. Les poursuites engagées par le conseil de l'Ordre des médecins font suite à cette saisine mais aussi à plusieurs signalements de patients et médecins, comme nous vous l'expliquions ici

Le professeur Christian Perronne a lui aussi récemment été discrédité par ses pairs. Le 17 décembre dernier, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé mettre fin à ses fonctions de chef de service des maladies infectieuses de l'hôpital de Garches, dans les Hauts-de-Seine. Après des mois de bras de fer en interne, la direction a porté plainte pour ses nombreuses sorties polémiques jugées "indignes de la fonction qu’il exerce". Le médecin, caution scientifique du film complotiste Hold-Up auquel il avait participé, avait notamment affirmé à tort que les malades du coronavirus permettaient aux professionnels de "toucher de l'argent". Des propos calomnieux pour lesquels le Cnom avait déjà saisi le Conseil départemental de l’Ordre des Hauts-de-Seine. 

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Autre nom sur cette liste, le professeur Henri Joyeux. S'il ne s'est pas particulièrement distingué lors de la crise sanitaire, il fait partie depuis plusieurs années des chercheurs anti-vaccins. À l'automne 2019, il avait déjà été poursuivi par le Cnom pour avoir réalisé des essais cliniques illégaux dans une abbaye sur 350 malades d'Alzheimer et Parkinson. Les autres médecins visés sont des voix dissidentes entendues tout au long de la crise sanitaire, qui ont pu contester l'efficacité du confinement ou du port du masque - à l'instar de Gérard Delépine -  ou au contraire promouvoir des traitements qui n'avaient pas fait leur preuve. C'est le cas du médecin généraliste Nicolas Zeller et sa consœur Hélène Rezeau-Frantz.

Ces plaintes ont été déposées devant la juridiction disciplinaire des médecins. Les magistrats seront chargés de sanctionner les manquements au code de déontologie de la profession, pouvant aller jusqu'à la radiation d'un médecin.

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