Covid-19 : les transports publics sont-ils des lieux de contamination?

Covid-19 : les transports publics sont-ils des lieux de contamination?
Santé

PROPAGATION - Un couvre-feu sera instauré à partir de samedi dans la capitale et 8 autres métropoles pour limiter les contaminations après 21h. En Ile-de-France, les transports en commun ne sont pas concernés par des mesures de restrictions alors qu'ils sont parfois bondés. Le Premier ministre Jean Castex assure pourtant qu'ils ne sont pas le lieu de "tant de difficultés et de clusters". Alors qu'en est-il?

Les mesures sanitaires sont de plus en plus restrictives, notamment dans la capitale, où un couvre-feu sera instauré à partir de ce samedi 17 octobre, de 21h à 6h. Les transports, eux, font exception. Les images de voyageurs entassés aux heures de pointe pullulent sur les réseaux sociaux. Interrogé sur ce paradoxe, le Premier ministre a assuré qu'il n'y avait pas dans ces lieux de "difficultés" particulières. 

1% des clusters identifiés dans les transports

Jean Castex a en effet rappelé que le gouvernement cherchait à "éviter la concentration" de population. Voulant faire "preuve d'un peu de pédagogie" - pour reprendre ces mots - il a rappelé les "points noirs" visés par l'exécutif. Il s'agit de ces endroits "où on se touche, où on est très rapprochés, et où on ne respecte pas les gestes barrières". C'est donc bien le cas des transports, comme en témoignent de nombreuses vidéos sur les réseaux sociaux. À la rentrée, les différentes régies avaient même observé une "augmentation progressive" de la fréquentation, comme nous vous l'expliquions dans cet article. La RATP nous disait être passée de 60% de fréquentation au sortir de l'été à 65% mi-septembre, pour atteindre 70% à la fin du mois. L'offre est, quant à elle, toujours à 100%, nous rappellent aussi bien la régie parisienne qu'Île-de-France Mobilités, l'organisme de gestion des transports en Ile-de-France. Et rien ne devrait changer, assure la présidente de région. "Nous allons maintenir tous les transports ouverts (...) car il demeurera des centaines de milliers de Français qui vont se rendre au travail, ceux qui travaillent la nuit ou en horaires décalés ⁦", a ainsi indique Valérie Pécresse sur Twitter. Depuis, le Premier ministre assure toutefois qu'on observe une "baisse de la fréquentation". Interrogées, les régies concernées n'ont pas encore donné suite.

Le Premier ministre a aussi rappeler que, contrairement à d'autres lieux où les distances ne peuvent être respectées, dans les transports "les infractions au port du masque sont extrêmement limitées". Il a d'ailleurs tenu à en "féliciter" les Français. De fait, si le Covid-19 "s'arrête aux portes du métro", c'est grâce au comportement exemplaire de la population. Le strict protocole sanitaire y semble désormais largement respecté. C'est en tout cas ce que nous assurent les deux établissements franciliens. Quand "plus de 95% des utilisateurs des transports en commun respectent le port du masque", selon IDF Mobilités, la RATP nous indiquait il y a deux semaines que cette consigne est suivie "à 99%". "En heure de pointe, à une grande station comme Châtelet-les-Halles, vous ne croisez quasiment personne qui n'a pas de masque", se félicitait alors la RATP.

Enfin, dans ces lieux, on reste peu à proximité. Sur ce point, le chef du gouvernement. Les usagers ne se côtoient que pour une courte durée, contrairement à des collègues pendant une journée de travail ou des amis lors d'un dîner au restaurant. Ils ont aussi tendance à ne pas parler dans la rame, ce qui réduit la projection de gouttelettes.C'est pourquoi, pour reprendre les termes du Premier ministre, dans les transports, "on n'a pas tant de difficultés et de clusters".

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Une conclusion corroborée par une enquête du New York Times. Le prestigieux quotidien américain écrivait en août dernier - en s'appuyant sur les données d'agences de transport d'Europe et d'Asie - qu'aucun foyer épidémique n'était lié à ces lieux. Du côté de Santé publique France, l'agence nationale de santé publique a identifié 34 clusters dans ce secteur, qui prend aussi bien en compte les voyages en avion qu'en bateau ou en train. Les transports ne représenteraient donc que 1,1% des foyers épidémiques de l'Hexagone. A noter cependant que les experts en épidémiologie s'accordent à dire que remonter le cours d'une propagation dans les transports en commun est particulièrement difficile, les personnes positives se souvenant rarement de la rame empruntée.

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