Covid-19 : malgré l’accélération des cas, la situation est-elle similaire à celle du printemps ?

Covid-19 : malgré l’accélération des cas, la situation est-elle similaire à celle du printemps ?
Santé

CRISE SANITAIRE - Si le nombre de nouvelles contaminations au Covid-19 bat des records et que les services hospitaliers voient entrer de plus en plus de patients, sommes-nous vraiment arrivés à une situation proche de celle de la première vague ? Eléments de réponse.

Depuis plusieurs jours, de nombreux professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme : la hausse des contaminations va mettre à mal les hôpitaux. Certains chefs de service d'urgence, notamment en Île-de-France, craignent que les services de réanimation soient largement occupés par des cas graves du Covid-19 dans les prochaines semaines, ce qui entraînerait une déprogrammation d'autres opérations, comme cela avait été le cas en mars et avril dernier. Pour autant, sommes-nous vraiment dans la même situation que lors de la première vague ?

Pour le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon (Paris), la donne est différente. "Le facteur R0 actuel", qui correspond au nombre moyen de personnes que contamine un malade, "n’est pas du tout ce qu’il était en mars, avant le confinement", a-t-il rappelé ce mercredi 14 octobre sur LCI. "Il était alors proche de 3." Selon le bilan hebdomadaire de Santé publique France en date du 8 octobre, le R0 se situerait actuellement autour de 1,07. "Nous voulons le faire descendre en-dessous de 1, parce qu’il n’a cessé d’augmenter ces dernières semaines", poursuit le Pr Pialoux. Même s’il se trouve à un niveau inférieur à la première vague, "sa dynamique nous inquiète".

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Ce n’est pas le seul indicateur loin des niveaux du printemps dernier. Le nombre de décès (84 sur les 24 dernières heures) est assez éloigné de celui recensé au mois d’avril. Au plus fort de la crise, plus de 500 morts avaient été comptabilisés quotidiennement.

"Si nous ne changeons rien, nous arriverons à la situation de mars"

Autre élément de comparaison : le nombre de personnes contaminées quotidiennement. "Nous n’avons aucune idée du nombre" réel de contaminations, admet, à LCI, Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille. "Certes, le taux de positivité augmente, mais les tests sont beaucoup plus ciblés", puisque ce sont essentiellement les personnes symptomatiques ou cas contacts qui se font dépister. "Lors de la première vague, nous ne connaissions pas non plus le taux de contamination", car les capacités nationales de tests étaient largement inférieures, ce qui rend la comparaison difficile. Toutefois, pour le Dr Jean-Paul Hamon, président d’honneur de la Fédération des médecins, "le taux de circulation du virus dans les eaux usées est exactement le même qu’en mars" (voir vidéo en tête de cet article).

Pour comparer cette deuxième vague à la première, "il faut plutôt observer les indicateurs constants, qui ne varient pas", poursuit Philippe Amouyel. "Il s’agit des hospitalisations." En l’occurrence, avec un peu plus de 1.500 patients actuellement en réanimation, "nous ne sommes pas au niveau de la première vague", durant laquelle plus de 7.000 personnes y étaient hospitalisées simultanément. "Mais si nous ne changeons rien, nous allons finir par y arriver", prévient le professeur de santé publique.

400 entrées par jour en réanimation d’ici mi-novembre ?

"Ce qui est important, c’est la dynamique", poursuit-il. Fin septembre, Philippe Amouyel avait co-signé une tribune dans le JDD dans laquelle il affirmait que sans nouvelles restrictions, "le nombre de patients admis chaque jour en réanimation dépassera 1.200 mi-novembre". Depuis, grâce aux mesures déjà en vigueur, "nous ne nous retrouverons pas à 1.200 entrées par jour, mais plutôt 400" durant les premières semaines de novembre, estime-t-il. Ce qui pourrait entraîner, selon ses calculs, jusqu’à 6.000 malades du Covid-19 simultanément en réanimation, soit au-delà des capacités actuelles, et qui provoquerait une déprogrammation des opérations d’autres pathologies. "Pour les hôpitaux, c’est difficilement pensable", poursuit-il.

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En outre, le temps de doublement des entrées à l’hôpital est moins élevé qu’en mars dernier. "Lors de la première vague, cela doublait tous les trois jours ; cette fois, c’est tous les quinze jours", continue Philippe Amouyel. "La croissance est certes moins rapide, mais lorsque vous passez de 1.000 à 2.000 patients, puis à 4.000, même sur un temps un peu plus long, cela reste une augmentation très importante qui vient saturer les hôpitaux."

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