Covid-19: même quand on parle, on peut propager le virus au-delà d'un mètre

Covid-19: même quand on parle, on peut propager le virus au-delà d'un mètre

PROPAGATION - Une étude franco-américaine publiée fin septembre met à mal l'efficacité du "mètre de distance" dans la lutte contre le coronavirus, montrant que lors d'une discussion, des micro-gouttelettes peuvent se propager jusqu'à trois mètres.

"Un mètre, ce n'est vraiment pas suffisant." C'est la conclusion, formelle, d'une équipe de chercheurs franco-américaine. Dans leur étude, publiée le 25 septembre dernier dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), les cinq experts ont cherché à savoir comment le coronavirus peut se propager dans l'air en fonction de l'activité d'un individu malade, et notamment lors d'une discussion. Résultat : quand il prononce certains mots, notamment ceux qui comportent le son "p", il propage dans l'air des micro-gouttelettes qui peuvent parfois atteindre un mètre en une seconde.

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Les cinq chercheurs, dont deux issus du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de Montpellier, ont voulu savoir "comment les individus asymptomatiques ou pré-symptomatiques affectent leur environnement en respirant, en parlant, en riant ou en chantant". Car il sont partis du constat que "le manque de compréhension"  sur la façon dont les asymptomatiques contribuent à la propagation du Covid-19 pendant leur activité quotidienne empêchait de prendre "des directives de santé publique éclairées", citant notamment la règle du mètre de distance. 

Comme l'a expliqué le chercheur Simon Mendez à France 3 il s'agissait dès lors de prendre en compte toutes les données de l'équation. "La distance n'est pas pertinente si on ne prend pas en compte le temps et la circulation de l'air dans l'espace", notait-t-il, son collègue Manouk Abkarian précisant qu'il fallait remettre la notion de temps "dans le problème". "Le temps d'exposition lors d'une conversation a autant d'influence que la distance".

Pour mener à bien leurs travaux, les chercheurs du CNRS, en collaboration avec ceux de la prestigieuse Université de Princeton aux Etats-Unis, ont donc réalisé plusieurs expériences et simulations numériques. Elles ont permis de visualiser et de quantifier comment l'air expiré est transporté par la parole. Des travaux qui prennent en compte certaines caractéristiques phonétiques. Les chercheurs citent par exemple les "sons plosifs" parmi lesquels les lettres P, B, K, T ou D, qui produisent des structures qui se comportent dans l'air comme des "bouffées". Grâce à une machine à brouillard et des faisceaux lumineux, ils ont pu rendre visible ce phénomène. Comparé à celui d'un "jet", il permet de "facilement" transporter une micro-gouttelette "sur deux mètres en trente secondes de conversation".

L'étude rend donc encore une fois obsolète la distance de deux mètres, concluant qu'elle  "ne représente pas un 'mur'" pour se protéger du virus, mais qu'il faut en fait adapter son comportement, en augmentant les distances, mais aussi sa position avec son interlocuteur. Ainsi, ils estiment que dès lors que des individus ont une conversation de plus de 30 secondes, il est préférable de garder un espacement "de plus de deux mètres" et de se tenir "à côté de la personne qui parle" de façon à réduire les aérosols inhalés. 

Pour résumer, comme le fait Simon Mendez auprès de nos confrères, dans une situation idéale, il faudrait "se débrouiller pour que ce que vous émettez n'aille pas en direction de l'autre personne, en se plaçant perpendiculaire au vent, si on est en extérieur." Une consigne bien compliquée à respecter. Qui peut tout à fait se résumer autrement : "Toujours privilégier les fenêtres ouvertes".

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