Fabrication, matériaux, usages, interdiction… 8 questions autour des masques alternatifs préconisés contre le coronavirus

Fabrication, matériaux, usages, interdiction… 8 questions autour des masques alternatifs préconisés contre le coronavirus
Santé

MODE D’EMPLOI – Alors que le gouvernement recommande désormais l’usage généralisé du masque alternatif par tous les Français, la rareté touche aussi ces protections. Les astuces pour concevoir son propre masque sont légions, les mauvais conseils aussi. Tour d’horizon de ce qu’il faut savoir pour fabriquer et bien utiliser le bon produit.

Après avoir annoncé qu’ils étaient inutiles dans la rue il y a encore quelques semaines, le gouvernement a rétropédalé vendredi 3 avril et demandé à chaque Français de sortir désormais couverts en optant pour un masque alternatif. Une option qui vient en complément des gestes barrières et mesures de distanciation sociale.

Avec l’aide de nombreuses entreprises qui ont apporté leur soutien logistique ou réadapté leurs chaînes de production, la France va lancer la production de 500.000 modèles par mois afin d’équiper les professions non-médicales en contact avec le public. Si le foulard ou l’écharpe peuvent se substituer avec précaution et de manière ponctuelle pour le grand public, l’incitation au fait-maison de ces protections dites "barrières" est forte pour pallier l’éventuelle pénurie, notamment en vue d’un déconfinement même progressif et du retour à la vie extérieure.

Lire aussi

Qu’appelle-t-on masque alternatif ?

Non médicaux, comme les masques chirurgicaux ou FFP2 réservés aux personnels soignants, les masques alternatifs ne filtrent pas l’air, mais permettent de protéger des postillons si la personne s’avérait porteuse du virus sans le savoir. Ils peuvent être faits en tissus ou autres matières, réservés à toute personne saine ou asymptomatique du grand public. Ces masques dits "barrières" sont habituellement destinés à filtrer la pollution ou les poussières durant des travaux ou du bricolage. Ils servent surtout de barrière anti-postillons dans le cas du coronavirus. Ils viennent en complément des gestes barrières.

En vidéo

Efficacité des masques : que disent les études ?

Où en trouver ?

Habituellement, on en trouve dans les grandes surfaces au rayon bricolage ou dans les magasins spécialisés. Certains modèles se vendent sur Internet et même certaines marques de haute couture se sont prises de passion pour la confection de modèles. Il faut néanmoins faire attention aux modèles qui comportent des coutures verticales, le long du nez, de la bouche et du menton qui peuvent entraîner des fuites, préconise l’Afnor, l’Agence française de normalisation qui a mis sur son site toute une série de conseils de fabrication et recommandations d’usage.

Comment se porte-t-il ?

Exactement comme les masques professionnels. Il doit être ajusté au-dessus du nez et sous le menton afin de respecter les mêmes mesures d’hygiène que pour les autres masques. "Il convient de ne pas le mettre en position d’attente sur le front ou sous le menton pendant et après utilisation", rappelle l’Afnor. Dès qu’il est un peu humide, il faut le changer ou le jeter dans un sac en plastique bien isolé.

Peut-on en fabriquer soi-même ?

A la différence de masques médicaux nécessitant une certification, il est possible de se fabriquer des masques alternatifs, mais pas avec n’importe quel matériel. L’Afnor a mis en ligne un tutoriel et plusieurs recommandations pour les fabriquer. Des vidéos mises en ligne sur internet permettent aussi de concevoir ses propres modèles, que l’on soit des couturières averties ou non.

En vidéo

Pénurie de masques : les masques "alternatifs" et les écharpes sont-ils efficaces pour se protéger ?

Les masques en tissus sont-ils efficaces ?

Ils sont à manier avec précaution, alerte un infectiologue, interrogé dans le 13H de TF1. Car leur protection n'est pas validée scientifiquement. Ils ne sont à porter que "quelques heures maximum" et uniquement pour se déplacer. Il faut donc idéalement en avoir plusieurs pour une même journée. La technique du bandana, mise en image par l’actrice Kate Hudson, parait la plus simple pour les moins manuels.

Peut-on utiliser des serviettes en papier ou de l’essuie-tout pour faire des masques ?

L’Académie nationale de médecine a publié une vidéo montrant la fabrication d’un masque avec une serviette en papier, quatre agrafes et deux élastiques. Cela peut également fonctionner avec de l’essuie-tout qui a des propriétés barrière. Mais la durée de vie de ces modèles est assez faible. A peine humidifiés au contact de votre bouche et de votre respiration, il faut les jeter.

Certains tutoriels conseillent d’utiliser un filtre à café ou un sac aspirateur…

Connus pour être filtrants, ces matériaux peuvent libérer dans l’air inhalé des substances potentiellement irritantes ou allergisantes, sans compter une toxicité possible. Ces filtres n’ont pas été conçus pour permettre de respirer à travers et l’Afnor ne recommande pas leur utilisation pour fabriquer un masque.

Comment entretenir son masque ?

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

La progression du Covid-19 dans le monde

"Le masque barrière doit être lavé chaque fois qu’il est souillé, mouillé ou mal positionné sur le visage", écrit l’agence de normalisation. Pour le masque en tissu, il faut le laver chaque soir à haute température. Il est recommandé de le laver à 60° durant au moins 30 minutes (un cycle complet) et toutes les 4 heures si vous le portez en continu ou fréquemment dans la journée. Vous pouvez aussi utiliser en complément un fer à repasser ou à vapeur et même le sécher au sèche-cheveux, en vous assurant que toutes les parties sont sèches avant utilisation. Mais cela vient en complément du lavage. Pour les autres matériaux, le mieux est de les jeter après usage. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent