La stagnation de la mortalité en juin/juillet ne signifie pas pour autant la fin de l'épidémie

Quelle conclusion peut-on tirer de la baisse de la mortalité observée ?

INFONDÉ – Des chiffres (fiables) de l'Insee relatifs à la mortalité sont avancés en ligne pour expliquer que l'épidémie est derrière nous. Pour autant, en tirer des conclusions serait hâtif, explique l'institut spécialisé dans les statistiques.

Si de nombreux cas de Covid-19 sont diagnostiqués tous les jours, la mortalité liée au virus demeure assez faible, surtout en comparaison avec les chiffres de mars ou avril, au plus fort de la crise sanitaire. Pour certains, il s'agit là d'un signe montrant que l'épidémie est derrière nous : un constat que des internautes ont tenté d'étayer avec le renfort de chiffres publiés par l'Insee.

Partagés en masse sur Facebook ou dans des boucles WhatsApp, ils se basent sur une série d'additions. Le nombre de morts en France toute causes confondues pour les mois de juin et juillet confondus (92.700) sont mis en relation avec ceux des mêmes mois en 2019 (94.600 décès) et 2018 (93.358). La conclusion des internautes est sans appel : "L'épidémie de COVID-19 est terminée depuis mai."

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L'Insee incite à la prudence

Du côté de l'Insee, on ne conteste pas les chiffres ici avancés, qui sont issus de bases de données officielles. En revanche, l'institut de la statistique indique qu'il convient de les lire avec précaution, étant donné qu'il ne s'agit là pour le moment que de chiffres provisoires pour 2020. À cela s'ajoute le fait qu'il s'agit ici d'éléments relatifs à la mortalité globale. L'impact du seul Covid-19 ne peut donc pas être isolé avec certitude.

"Les 2.000 morts de moins qui sont mis en avant vont probablement baisser avec l’enregistrement des décès transmis tardivement", ajoute l'Insee. Une prudence à laquelle souscrit également Santé Publique France : auprès du Monde, l'agence rappelle que la période estivale est celle où "la période où la mortalité est la plus basse de l’année en France. La mortalité en été est fortement influencée par les périodes de fortes chaleurs". Pour effectuer une comparaison avec une année précédente, il s'avère ainsi indispensable de faire le point sur les conditions climatiques à la même époque, et notamment les épisodes caniculaires. Or, en 2019, on en a recensé deux, l'un en juin puis l'autre en juillet. 

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Si ces publications s'appuient sur des chiffres qui ne permettent pas de dresser de véritables conclusions, il faut aussi souligner que l'affirmation selon laquelle l'épidémie se serait achevée fin mai est fausse. Les données récoltées par Santé Publique France montrent au contraire que les contaminations sont en nette augmentation. Quand, en juillet, les dépistages se voyaient multipliés "par un peu plus de deux", le nombre de cas a, quant à lui, "été multiplié par douze", une manifestation incontestable du regain de l'épidémie.

En résumé, il est donc peu pertinent d'utiliser les données de mortalité sur les mois de juin et juillet pour les comparer avec celles des années précédentes. Surtout, cela ne permet en rien de préjuger de la fin de l'épidémie. Les indicateurs publiés par Santé Publique France montrent en effet que le virus continue à se répandre au sein de la population, et que le nombre de contaminations est reparti à la hausse.

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