Paris : non, l'obligation vaccinale des soignants n'a pas été décalée à l'hôpital Cochin

La direction de l'hôpital communique sur un taux de vaccination de 80% chez ses soignants.

RUMEURS - Seuls 40% des soignants de l'hôpital Cochin seraient vaccinés, assurent des internautes, ajoutant que cela pousse leur direction à repousser la date limite de la vaccination obligatoire. C'est faux.

Le 12 juillet dernier, Emmanuel Macron annonçait que les soignants seraient tenus de se faire vacciner pour continuer à exercer. Un délai avait été laissé, l'obligation étant fixée au 15 septembre. Une date butoir que l'hôpital Cochin, dans le XIVe arrondissement de Paris, s'apprêterait à ne pas respecter, indiquent de nombreux messages relayés en ligne. Et pour cause : seuls 40% des soignants de l'établissement seraient à l'heure actuelle vaccinés. 

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"L'hôpital Cochin de Paris, repousse la date butoir du 15 septembre au 15 octobre ! La raison : 40% du personnel n'est pas vacciné", croit savoir une internaute. "Ils se sont rendus compte que s'ils devaient suspendre toutes ces personnes, ils n'auraient plus assez de monde pour faire tourner l'hôpital", peut-on également lire. Des affirmations rapidement démenties, qui s'appuient sur des chiffres très éloignés de la réalité.

Le même calendrier qu'ailleurs

Malgré leur rapide propagation, ces messages se révèlent trompeurs et basés sur des informations erronées. L'hôpital Cochin a répondu rapidement en assurant qu'au 15 septembre, "comme partout ailleurs, la loi s’appliquera et les professionnels qui n’auront pas reçu au moins une dose de vaccin seront suspendus sans rémunération"

Conformément aux annonces gouvernementales, les soignants qui souhaitent continuer à exercer sont tenus de présenter au 15 septembre les documents attestant au minimum d'une première injection. Ils bénéficieront alors d'une tolérance jusqu'au 15 octobre et pourront poursuivre leur activité sous réserve de pouvoir présenter un test virologique datant de moins de 72 heures. 

Passé le 15 octobre, cette situation transitoire prendra fin : il faudra en effet que les soignants présentent un schéma vaccinal complet, sans quoi ils encourent une suspension et le non-versement de leur salaire. Une sanction identique à celle des personnes qui refuseront la moindre vaccination au 15 septembre.

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Précisons que ces sanctions pourront se poursuivre jusqu'à la fin de l'état d'urgence sanitaire, pour l'heure fixé au 15 novembre, mais susceptible d'être prolongé. Les soignants, toutefois, ne peuvent pas être licenciés en cas de refus du vaccin. "La suspension prononcée par l'employeur est applicable à compter de la notification à l'agent, et peut être retardée si l'agent utilise des jours de repos ou de congés", indique le site gouvernemental Vie Publique. Et ajoute que "la suspension prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité".

Si des syndicats craignent que ces règles ne fragilisent le fonctionnement du système de santé et aboutisse à des manques de personnel, il est faux d'affirmer qu'à Cochin ou dans d'autres établissements, la part des vaccinés se révèle inférieure à 50%. "Au moins 83 % de tous les professionnels ont reçu au moins une première dose de vaccination", a assuré à 20 Minutes l'hôpital parisien. Une estimation qui provient de données relatives à la fréquentation des centres de vaccination de l’AP-HP par les professionnels de santé.

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Pass sanitaire obligatoire : quelles sanctions pour les salariés récalcitrants ?

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