Covid-19 : où en sont les traitements, qui doivent arriver en France "dès la fin de l'année" ?

Covid-19 : où en sont les traitements, qui doivent arriver en France "dès la fin de l'année" ?

REMÈDES - Le président de la République Emmanuel Macron s'est réjoui de l'arrivée dans les prochaines semaines de traitements contre le Covid-19, "une nouvelle arme pour lutter contre le virus". Où en est-on ? LCI fait le point.

Après les vaccins, place aux médicaments. Mardi soir, lors de son allocution, le chef de l'État a confirmé l'arrivée prochaine sur le sol français de traitements destinés à lutter contre les formes sévères de Covid-19. "C'est parce que la France a très tôt misé sur la recherche sur les traitements, et que nous avons su en commander très en amont, que nous bénéficierons d'une nouvelle arme pour lutter contre le virus avec l'arrivée, dès la fin de l'année, des premiers traitements réellement efficaces contre les formes graves", a déclaré Emmanuel Macron.

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Plusieurs laboratoires ont récemment publié des communiqués annonçant des résultats encourageants concernant des traitements anti-Covid. Parmi eux, le géant américain Merck. Il assure que le molnupiravir, une pilule orale à prendre au moment des premiers symptômes, diminue de moitié les risques d'hospitalisation et de décès.

50.000 doses de molnupiravir commandées par la France

Ce traitement est déjà autorisé au Royaume-Uni, qui est devenu début novembre le premier pays à délivrer son feu vert. Pour la France, il faudra encore attendre l'autorisation de l'Agence européenne des médicaments (EMA), avant que la Haute autorité de santé (HAS) ne rende à son tour son avis. Mais l'EMA s'est d'ores et déjà montrée favorable à ce traitement, indiquant être prête à conseiller les États membres de l'UE à l'utiliser. L'examen du molnupiravir par le régulateur européen va d'ailleurs être accéléré.

Avec un vaccin à titre préventif et des médicaments à titre curatif, nous allons arriver au bout- Pr Eric Caumes, infectiologue

De son côté, la France a commandé 50.000 doses de ce traitement. Selon le ministre de la Santé Olivier Véran, les pilules doivent arriver "fin novembre ou début décembre", indiquait-il fin octobre lors d'une audition au Sénat. Une "bonne nouvelle" qui réjouit le Pr Eric Caumes, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). "Avec un vaccin à titre préventif et des médicaments à titre curatif, nous allons arriver au bout" de l'épidémie, a-t-il assuré ce mercredi sur LCI.

Le délai de prise, point faible des traitements

Comme la vaccination, ce traitement ne représente toutefois pas une solution miracle. En cause notamment, le délai très court entre le début des symptômes et la prise du médicament. "Il faudra le donner le plus tôt possible, probablement dans les 48 à 72 heures", selon le Pr Caumes. "Pour d'autres infections virales, comme la grippe, si vous attendez au-delà de trois jours, les médicaments ne sont plus efficaces." Il devrait être administré en ville, "à disposition des malades pour éviter les formes graves et de se rendre à l'hôpital".

Un autre laboratoire, plus familier des Français depuis un an, a annoncé des résultats prometteurs pour son antiviral : Pfizer. Cet autre géant américain, dont le vaccin a été administré des dizaines de millions de fois en France, a développé le paxlovid, un antiviral lui aussi. Selon l'entreprise, ce comprimé réduit de 89% le risque d'hospitalisation et de décès. Des résultats observés "avec intérêt" par la Direction générale de la santé (DGS). Même si l'État n'a encore commandé aucune dose de ce traitement, "des discussions sont engagées au niveau européen et national sur le sujet", indique la DGS à LCI.

Deux traitements par anticorps autorisés par l'UE

Ces résultats encourageants doivent cependant être analysés avec prudence. "Pour le moment, nous n'avons pas encore les études scientifiques", mais uniquement "les communiqués" des laboratoires attestant de l'efficacité de ces traitements, tempère le Pr Éric Caumes, à l'instar des publications sur le vaccin il y a un an. Les autorités sanitaires, elles, se baseront sur les études scientifiques pour évaluer ces antiviraux.

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D'autres traitements pourraient voir le jour dans les mois à venir, comme celui d'AstraZeneca. Le laboratoire, dont le vaccin n'est plus administré en France, assure avoir développé un cocktail d'anticorps pour réduire les formes graves et les décès. Mi-octobre, l'EMA a lancé un examen continu en vue d'une éventuelle autorisation au sein de l'Union européenne.

Le laboratoire pharmaceutique suisse Roche a, lui aussi, déposé ces dernières semaines une demande pour une mise sur le marché dans l'Union européenne de son cocktail d'anticorps de synthèse. Celle-ci a été acceptée ce jeudi 11 novembre par le régulateur européen. Il en est de même pour le traitement de la société sud-coréenne Celltrion, le regdanvimab. Il s'agit des deux premiers traitements par anticorps autorisés au sein de l'Union européenne.

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