AstraZeneca puis Pfizer : plusieurs études confirment l’efficacité des mélanges de vaccins

La France a atteint les 40 millions de primo-vaccinés. D'après les statistiques, le profil type est plutôt une femme, âgée de 65 à 74 ans, habitant en Bretagne et issue de milieux favorisés. Mais que sait-on sur le profil de ces Français vaccinés ?

COCKTAIL - Recevoir une dose de Pfizer après avoir reçu une dose d’AstraZeneca serait non seulement efficace, mais même plus efficace que de recevoir deux doses d’AstraZeneca. Ce sont les conclusions auxquelles sont parvenues plusieurs études menées sur le panachage de vaccins anti-Covid.

En mars 2021, après l’apparition de cas de thromboses dans plusieurs pays européens, dont la France, la Haute Autorité de Santé décide d’interdire l’utilisation du vaccin AstraZeneca pour les moins de 55 ans, à contre-courant de ce qui était fait jusque-là. Se pose alors la question des personnes de moins de 55 ans ayant déjà reçu une dose du vaccin décrié : peuvent-elles recevoir pour leur seconde injection un autre vaccin ? À l’époque, l’OMS met en garde contre une telle solution, soulignant le manque de données sur un tel mélange.

Depuis, plusieurs études ont été menées. Trois d’entre elles viennent de confirmer qu’un panachage de vaccins différents était bel et bien efficace contre le Covid-19. 

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Ainsi, comme le rapporte France Inter, une étude conduite par l’université d’Oxford, publiée dans la revue Nature, établit que recevoir une dose de vaccin Pfizer après avoir reçu une première dose du vaccin d’AstraZeneca confère un surcroît d’immunité de 60%, par rapport aux personnes ayant reçu deux doses d’AstraZeneca à 12 semaines d’intervalle (cette étude avance par ailleurs que l’immunité est trois fois plus importe pour les personnes ayant reçu deux doses de Pfizer). 

Six fois plus d'anticorps

D’autres recherches, faites en Allemagne cette fois, mettent en évidence le même résultat. En ce qui concerne les effets secondaires, ils ne seraient globalement pas plus nombreux qu’avec deux doses d’un même vaccin. Une autre étude, sud-coréenne, relayée par Reuters, conclut quant à elle que le niveau d’anticorps neutralisants est multiplié par six avec une dose d’AstraZeneca suivie d’une dose de Pfizer, par rapport à deux doses d’AstraZeneca. 

Ces résultats sont logiques, d’après Daniel Altmann, immunologiste à l'Imperial College de Londres, qui expliquait en mai que "les doses répétées de vaccins à base d'adénovirus tels que celui d'Oxford-AstraZeneca ont tendance à être de moins en moins efficaces, car le système immunitaire développe une réponse contre l'adénovirus lui-même". D’où l’intérêt de combiner deux vaccins, une technique appelée "prime boost hétérologue". 

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Faut-il pour autant revoir la stratégie vaccinale, alors que l’émergence de variants laisse craindre une moindre efficacité des sérums ? "Pas dans l’immédiat", juge le professeur Jean-Daniel Lelièvre, du service des maladies infectieuses de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil, interrogé par France Inter. "Ce qui importe en ce moment, c'est la primo-vaccination et il faut aller vite", souligne-t-il, ajoutant qu’"à plus long terme, dans l'hypothèse où on ferait une troisième dose, cela pourrait être intéressant d'utiliser un vaccin différent".

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