Covid-19 : le pass vaccinal plutôt que le pass sanitaire face à la 5e vague ?

Covid-19 : le pass vaccinal plutôt que le pass sanitaire face à la 5e vague ?

POUR OU CONTRE - Alors que les contaminations de Covid-19 flambent de nouveau en Europe, le débat sur le pass vaccinal revient sur le devant de la scène. Celui-ci pourrait-il remplacer l'actuel pass sanitaire ? C'est en tout cas ce que préconise l'Académie de médecine.

Pour contrer la cinquième vague de Covid-19 qui déferle en Europe et se manifeste plus précisément auprès des populations non-vaccinées, la tentation d'avoir recours au pass vaccinal grandit. À la différence du pass sanitaire, le résultat négatif d'un test PCR de moins de 72 h n'est plus pris en compte ; seules les personnes vaccinées ou pouvant justifier d'une immunité naturelle peuvent en bénéficier.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Certains de nos voisins ont d'ores-et-déjà franchi le pas. L'Allemagne, par exemple, où on a enregistré un nombre de contaminations record ce jeudi 11 novembre (avec 50.196 nouvelles infections) va restreindre à compter de ce lundi l'accès de certains lieux (les restaurants sans terrasses, les bars, les salons de coiffure ou encore les salles de sport) aux seules personnes vaccinées ou immunisées. Ce type de dispositif dit "2G", pour "geimpft" (vacciné) ou "genesen" (guéri), est déjà entré en vigueur cette semaine en Saxe.

Même chose en Autriche où le pass sanitaire s'est transformé également en pass vaccinal la semaine dernière. Dorénavant, pour aller au restaurant, dans les hôtels, ainsi que dans les salons de coiffure, il faudra être vacciné ou guéri du Covid-19.

Ce pass vaccinal ne serait obligatoire toutefois que pour les personnes concernées par la 3e dose, à savoir les plus de 65 ans, voire les plus de 50 ans.- Martin Blachier, épidémiologiste

En France, moins impactée pour le moment par cette nouvelle vague, le pass vaccinal n'est pas encore d'actualité - même si, à compter du 15 décembre, le pass sanitaire sera bien conditionné à la 3e dose de vaccin contre le coronavirus pour les Français âgés de 65 ans et plus. Toutefois, plusieurs scientifiques abondent en ce sens. L'Académie de médecine y est par exemple favorable et "recommande depuis plusieurs mois la transformation du pass sanitaire en pass vaccinal", rappelle sur LCI l'un de ses membres, l'épidémiologiste Yves Buisson, dans la vidéo en tête de cet article. 

"Il aurait fallu le faire depuis longtemps et ne pas laisser cette possibilité de contourner la vaccination en ayant recours à des tests à répétition", poursuit le professeur de médecine, ajoutant qu'il faudrait "non seulement revenir à un pass uniquement vaccinal, mais aussi étendre son champ d'application, notamment dans toutes les entreprises, la fonction publique, l'université ou encore l'école". Pour justifier ce choix, L'Académie de médecine plaide sur le fait que l'immunité collective, qui amènera de fait à l'extinction de l'épidémie, ne sera atteinte à l'unique condition qu'au moins 90% de la population soit vaccinée, "voire 95%, compte tenu de la contagiosité du variant Delta". 

Pour l'épidémiologiste Martin Blachier, invité de Darius Rochebin vendredi 12 novembre sur LCI, la priorité est à accorder à ceux qui n'ont pas été encore vaccinés, en particulier les deux millions de Français vulnérables n'ayant pour l'heure reçue aucune dose. Pour ce faire, le spécialiste plaide lui-aussi pour le durcissement des conditions d'obtention du pass sanitaire pour les plus âgés, qui devrait n'être accessible selon lui que par la vaccination et non plus également par des tests. "Je pense que l’on pourrait aller un peu plus loin et passer comme les Autrichiens d’un pass sanitaire à un pass vaccinal", qui n'admet plus comme condition d'obtention un test négatif. "Ce pass vaccinal ne serait obligatoire toutefois que pour les personnes concernées par la 3e dose, à savoir les plus de 65 ans, voire les plus de 50 ans", a-t-il proposé. Ce modèle "nous fera sortir de la crise, mais pas la 3e dose", a assuré l'épidémiologiste. Et de poursuivre : "s'il y a une seule décision à prendre, je pense que c'est celle-là".

En vidéo

Martin Blachier : "il faut passer d'un pass sanitaire à un pass vaccinal"

Aller plus loin ?

Peut-on rendre plus contraignant le pass sanitaire en France ? Cela pose notamment des problèmes éthiques et juridiques qui expliquent notamment la timidité de la France. L'autorité française de régulation du numérique, la Cnil, rappelle ainsi que "la mise en place d’un contrôle sanitaire à l’entrée de certains lieux ou moyens de transport questionne la frontière entre ce qui relève de la responsabilité individuelle et ce qui relève du contrôle social. En principe, il ne doit pas y avoir de contrôle de l’état de santé à l’entrée de lieux de vie collective".

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Autre argument, si l’objectif du pass sanitaire et/ou vaccinal est d’éviter que le système de santé soit à nouveau débordé par un afflux de personnes développant des formes graves du Covid-19 faute de s’être fait vacciner, la CNIL a interrogé le Parlement "sur la nécessité d’inclure les plus jeunes dans un tel dispositif, dès lors qu’ils ne développent généralement pas de forme grave de la maladie".

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