Vaccins ARN Messager : la France a joué un rôle pionnier il y a 60 ans

Vaccins ARN Messager : la France a joué un rôle pionnier il y a 60 ans

ENQUÊTE - Face au Covid, les grands gagnants de la course au vaccin sont de loin ceux dits à ARN Messager, technologie choisie par Pfizer et Moderna. Un procédé totalement nouveau même si la recherche sur cette molécule a, elle, commencé il y a 60 ans. En France.

Dans la course au vaccin contre le Covid-19, une méthode s'est avérée la plus rapide et la plus fiable. Son nom : l'Acide RiboNucléique, c'est-à-dire l'ARN Messager. Une molécule qui fait désormais la fortune de deux laboratoires américain et allemand, mais cette découverte fondamentale a été faite en France, il y a 60 ans. 

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Une découverte majeure

Petit retour en arrière : nous sommes à Paris en 1961. Trois chercheurs de l'Institut Pasteur formulent une hypothèse : et si pour fonctionner, nos cellules avaient besoin d'un mode d'emploi pour fabriquer les bonnes protéines ? Pour Jacques Monot, François Jacob et André Lwoff, ce plan de fabrication, c'est l'ARN Messager. Ils mettent en évidence cette molécule chargée de transmettre à chaque cellule le bon code génétique. Cette découverte majeure leur vaudra en 1965 le Prix Nobel de médecine.

Pourtant, 60 ans plus tard, les premiers vaccins contre le Covid-19 sont mis au point par un couple de chercheurs allemands, mais une biochimiste hongroise, Katalin Kariko, spécialisée dans cette technique, reconnaît à la France un rôle de pionnier. "Vous devez savoir que les scientifiques français ont été très importants. Ils ont été les premiers à évoquer un vaccin à base d'ARN en 1993, mais ils n'ont sans doute pas eu les fonds nécessaires pour aller au bout de leur idée", souligne-t-elle.

Les vaccins du futur

Katalin Kariko pourrait bien à son tour obtenir le prochain Prix Nobel de médecine, 60 ans après la découverte de l'ARN Messager. Mais pour un vaccin français, il faudra encore patienter un peu. Sanofi et Pasteur, les deux laboratoires français devraient commercialiser leurs vaccins d'ici la fin de l'année. Pour autant, aucun n'a opté pour l'ARN Messager. Alors comment expliquer ce rendez-vous raté pour la recherche française ? 

Maxime Schwartz a dirigé l'Institut Pasteur dans les années 90, à l'époque où personne n'imaginait que l'ARN Messager poserait les jalons des vaccins du futur. "L'idée d'en faire un vaccin, personne ne pouvait y penser. Forcément on a loupé quelque chose puisque d'autres l'ont trouvé. Mais cela dit, on peut finalement être très fier du fait que l'ARN Messager a quand même été découvert à l'Institut Pasteur", se félicite-t-il.

Pour ceux qui ont cru à l'ARN Messager, il a fallu quitter la France. C’est le cas de Steve Pascolo, un immunologiste suisse qui a pourtant fait sa thèse à l'Institut Pasteur dans les années 90. "Après ma thèse à Pasteur, je suis parti en Allemagne en 1998. On y a cru suffisamment pour se dire qu'on allait optimiser le vaccin à base d'ARN Messager, alors que le reste du monde n'y croyait pas", explique-t-il.

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Le développement de cette technologie nécessitera encore du temps, mais pour les scientifiques, c'est la promesse d'une révolution médicale à venir. 

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