Pass sanitaire disponible une semaine après la vaccination : d'où vient ce nouveau délai ?

Pass sanitaire disponible une semaine après la vaccination : d'où vient ce nouveau délai ?

DÉLAIS D'IMMUNITÉ - Olivier Véran a annoncé que l'échéance pour disposer du pass sanitaire en France allait passer de 14 à 7 jours après la seconde injection. Une nouveauté qui s'appuie sur une (très) récente étude française.

L'annonce était aussi soudaine qu'inattendue. Désormais, il ne faudra plus attendre deux semaines après la deuxième dose de vaccin pour disposer du pass sanitaire. Le ministre de la Santé a fait savoir ce mardi 13 juillet que ce délai allait être réduit. Seuls sept jours suffiront pour être considéré comme totalement protégé en France et accéder à ce précieux sésame. Mais sur quelle base scientifique s'appuie cette décision ?

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Raison avancée par Olivier Véran sur le plateau de France 2 : une discussion avec le professeur Alain Fischer, le "Monsieur vaccin" du gouvernement. Un argument qui n'a pas satisfait les internautes, nombreux à se demander comment justifier la réduction de la date butoir. 

Immunité élevée, mais pas au maximum

Pour tout comprendre, il faut déjà noter que l'immunité procurée par les vaccins contre le coronavirus n'apparaît pas magiquement du jour au lendemain. Il s'agit d'une augmentation progressive de leur efficacité, qui devient complète 14 jours après la deuxième dose. Or, elle semble déjà suffisante dès la première semaine pour les vaccins à ARN messager (ARNm), technologie utilisée par Pfizer et Moderna.

C'est en tout cas ce que montrent plusieurs données d'efficacité en population générale. Et notamment la plus grande étude menée en vie réelle, en Israël. Publiée début mai dans la revue The Lancet, elle donnait ainsi 57,7% d'efficacité contre l'infection, 75,7% contre les hospitalisations et 77% contre les décès après une seule dose. Une efficacité qui augmente à mesure du temps. Le produit du laboratoire américain atteint ainsi, dès le septième jour après la seconde dose, 95,3% de protection contre les infections, 97,2% contre les hospitalisations et 96,7% contre les décès du variant original du Covid-19.

Idem pour le vaccin Moderna, qui apporte une protection de 74% contre la source originale dix jours après l'administration de la première dose, s'élevant à 92% dès sept jours après la deuxième injection. Seules les données pour le vaccin AstraZeneca manquent à ce sujet. Mais ce produit, victime de sa mauvaise publicité, est désormais largement boudé par les Français. Il représente 7 millions des près de 62 millions de doses injectées dans l'Hexagone.

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Si ces chiffres sur l'efficacité procurée au septième jour sont connus depuis longtemps, c'est en réalité de tout nouveaux travaux qui ont, vraisemblablement, fait changer d'avis l'exécutif. Il s'agit d'une large étude observationnelle menée en France par plusieurs chercheurs, dont ceux de l'institut Pasteur. 

Relayée le 13 juillet, jour de l'annonce du ministre de la Santé, elle vient justement montrer que la protection contre les formes symptomatiques du Covid-19 est optimale dès sept jours après la deuxième dose des vaccins à ARNm. Ils ont en effet observé une efficacité de 88% contre le virus d'origine, de 86% contre le variant dit Alpha et de 77% contre le variant Delta. Ce n'est "que" une dizaine de points de moins que l'immunité procurée par un schéma vaccinal complet.  

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Ce qu'Olivier Véran veut signifier est donc que, bien que la couverture vaccinale n'est pas complète à ce moment-là, les Français peuvent être considérés comme protégés. D'ailleurs, la France n'est pas seule à faire ce choix. Israël, premier pays à avoir mis en place un "green pass", l'a rendue effectif dès le septième jour après la seconde injection. 

 

Les règles restent toutefois toujours les mêmes en Europe. De quoi "compliquer" un peu les choses, du propre aveu du ministre de la Santé. Un Français pourra donc monter dans un avion sept jours après sa première dose... Mais devra encore attendre une deuxième semaine pour atterrir hors de l'Hexagone.

 

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