Covid-19 : pourquoi la vaccination des enfants sera déterminante pour pouvoir relâcher les mesures

Covid-19 : quelle part de vaccination pour endiguer l'épidémie ? Les modélisations de l'Institut Pasteur

VACCIN - Selon des travaux de l'Institut Pasteur, si le virus reste aussi contagieux, 90% des adultes devront être vaccinés avant de relâcher les mesures barrières sans risque de faire repartir l'épidémie. Un chiffre difficile à atteindre, qui pourrait être revu à la baisse en cas de vaccination des enfants. Explications.

La campagne de vaccination s'accélère. À compter de mi-mai, tous les plus de 50 ans deviendront éligibles au vaccin, et toute la population majeure suivra un mois plus tard. Mais selon l'Institut Pasteur, cela restera encore insuffisant pour sortir de la crise et retrouver une vie normale. Les chercheurs estiment en effet que l'épidémie pourrait repartir à la hausse en cas de relâchement des mesures à l'automne, tant que neuf adultes sur dix ne sont pas immunisés.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont d'abord pris en compte le niveau de contagiosité du virus en dehors de toutes mesures barrières, le fameux R0. Pour le variant anglais, désormais majoritaire en France, "il est estimé entre 4 et 5", indiquait fin mars à LCI Philippe Amouyel, épidémiologiste. Pour l'Institut Pasteur, si "R0=4, il faudrait que plus de 90% des adultes soient vaccinés pour qu'un relâchement complet des mesures de contrôle soit envisageable".

L'intention vaccinale pas aussi élevée

Ce niveau risque toutefois d'être très difficile à atteindre. Selon un sondage Harris Interactive pour LCI publié le 19 mars dernier, 66% des Français se disaient prêts à se faire vacciner dès qu'ils en auront la possibilité. Un chiffre en constante hausse depuis le début de la campagne (il était de 45% le 9 décembre), mais la réticence (34%) demeure trop importante pour atteindre une couverture vaccinale suffisante selon les modélisations de l'Institut Pasteur.

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La vaccination des enfants, en cours d'études cliniques, deviendrait alors primordiale. En effet, "si seuls les adultes sont vaccinés, une épidémie importante est malgré tout attendue chez les enfants, contribuant à l'infection des parents et des grands-parents non protégés", indique l'Institut Pasteur. Ainsi, si la campagne s'étend aux mineurs, il faudrait alors qu'entre 60 et 69% des 0-64 ans soient vaccinés, et toujours 90% des plus de 65 ans pour complètement relâcher les mesures, selon les modélisations. Un chiffre sans doute moins difficilement atteignable.

Si le R0 est en revanche égal à 3, un niveau similaire à celui estimé pour la souche historique lors de la première vague, la couverture vaccinale pourrait être suffisante sans y intégrer les mineurs. Il faudrait toutefois qu'une large majorité d'adultes y soient favorables. Selon l'Institut Pasteur, 90% des plus de 65 ans et 70% des 18-64 ans devraient alors être vaccinés, soit 59% de la population totale, enfants inclus.

Les enfants, un réservoir pour le virus ?

Jusqu'ici, les moins de 18 ans restent exclus de la stratégie de vaccination, faute d'essais cliniques suffisamment avancés. "Au début, la seule chose prouvée sur les vaccins était la réduction de la sévérité des symptômes", rappelle à LCI Pierrick Tranouez, modélisateur à l'université de Rouen. "Les symptômes étant moins sévères chez les moins de 18 ans, on se disait que ce n'était pas forcément la peine de les vacciner. "

Depuis, le développement du vaccin a montré qu'il permettait aussi d'endiguer la dynamique épidémique. "Les enfants sont plus souvent asymptomatiques, donc moins transmetteurs. Cependant, ils peuvent tout de même recevoir le virus et contaminer autour d'eux", avertit le spécialiste en modélisation. "Il devient donc de plus en plus plausible de les vacciner. Cela empêchera aussi qu'ils deviennent une réserve pour le virus, car à chaque fois que le virus se développe, il mute", et certaines mutations entraînent des variants plus contagieux ou plus virulents, poursuit Pierrick Tranouez. "Sans vaccination, que tous les 0-18 ans restent des réservoirs pour développer des variants peut être un problème."

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