Protocole sanitaire renforcé, bac... Comment les lycées vont s'organiser

Protocole sanitaire renforcé, bac... Comment les lycées vont s'organiser

SUR LE TERRAIN - Le ministère de l'Education nationale a annoncé jeudi le renforcement des mesures sanitaires au sein des lycées, ainsi que des bouleversements dans les épreuves du baccalauréat. Comment cela va-t-il se concrétiser ?

Après une semaine de mobilisation de la part des élèves et une menace de grève pour dénoncer des mesures sanitaires "insuffisantes" dans des classes souvent bondées, Jean-Michel Blanquer a annoncé jeudi  un renforcement du protocole sanitaire dans les lycées. Dans un courrier transmis aux chefs d'établissement, il demande à ce qu'au moins la moitié des cours soit assurée en présentiel. Les épreuves communes du baccalauréat, elles, seront supprimées. Mais comment cela va-t-il se passer ? Et à partir de quand ces mesures doivent-elles être mises en place ? LCI fait le point.

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Les modalités d’organisation sont laissées à l'appréciation des chefs d'établissement.- Le ministère de l'Education nationale

Depuis le 2 novembre, un protocole sanitaire renforcé, qui consiste notamment en la limitation du brassage des élèves, s'applique à tous les établissements scolaires. Toutefois, convient le ministère dans un communiqué, "ces mesures s’imposent à tous les niveaux mais sont plus difficiles à appliquer au lycée, où les déplacements des élèves sont plus nombreux et plus fréquents, et l’organisation de la restauration scolaire plus complexe". Il demande donc à ce que chaque lycée mette en place "un plan de continuité pédagogique qui garantisse au moins 50% d’enseignement en présentiel pour chaque élève", en précisant que tous les élèves doivent  travailler pendant la totalité du temps scolaire ordinaire, que ce soit en cours, en classes virtuelles ou en autonomie. "Les modalités d’organisation sont laissées à l'appréciation des chefs d'établissement : l’accueil en demi-groupes ; l’accueil par niveau ; le travail à distance un ou deux jours par semaine", précise le communiqué.

A ce stade, le ministère ne donne pas de date d'application des mesures mais indique qu'une "instruction ministérielle sera très prochainement adressée aux chefs d'établissement pour préciser ce cadrage national".

Des lycées déjà prêts

Avant même la communication du ministère cependant, beaucoup d'établissements se sont déjà mis en ordre de bataille, à l'image du lycée Vauvenargues à Aix-en-Provence. Sous la houlette du proviseur, Philippe Vincent, les équipes ont travaillé dès lundi sur un modèle sanitaire permettant d'éviter le brassage des élèves. "Nous avons arrêté un modèle pour les secondes et les premières des séries générales, qui viendront en alternance par demi-groupes, un jour sur deux", nous explique le chef d'établissement, également secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale (SNPDEN-Unsa). Les élèves de terminales, eux, ne seront en demi-groupes que pour les enseignements communs, les enseignements de spécialité ne regroupant que peu d'élèves à la fois. "Pour les séries technologiques, nous ne l’avons fait que pour l’enseignement général parce que les ateliers se faisaient déjà en groupes réduits", ajoute-t-il. Seuls les lycéens en filière professionnelle seront contraints de continuer à venir tous les jours, "pour éviter le décrochage".

"Le planning est arrêté, nous l'avons soumis au rectorat hier qui nous l’a validé ce matin. A priori, nous serons en capacité de l’appliquer dès lundi", assure Philippe Vincent. Selon lui, de nombreux autres établissements seront en mesure d'appliquer ces dispositions dès la semaine prochaine, beaucoup d’académies les ayant incités à agir vite, quitte à faire valider après application les plannings décidés par le Conseil d’administration. "Ce que vont viser mes collègues, après discussion entre nous, c’est plutôt une alternance courte, pour éviter le décrochage scolaire. Beaucoup vous essayer des alternances de demi-semaines, voire d’un jour sur l’autre pour voir les élèves le plus souvent possible et donc de garder le fil avec eux", rapporte Philippe Vincent, précisant toutefois que les choix se feront aussi en fonction des capacités, des conditions matérielles et d'implantations des lycées.

Cela devrait contribuer à détendre les tensions.- Philippe Vincent, proviseur d'un lycée à Aix-en-Provence et secrétaire général du SNPD-Unsa

Pour le secrétaire général du SNPDEN-Unsa, les mesures annoncées par le gouvernement sont satisfaisantes. "La série d’aménagements et d’assouplissements annoncés correspond pour la plus grande partie à ce que nous avions demandé. Cela devrait contribuer à détendre les tensions qui sont apparues dans les établissements en particulier depuis lundi", affirme-t-il. Le secrétaire général du SNPDEN-Unsa regrette cependant que les collèges ne soient pas aussi concernés par ces mesures. "Certains sont confrontés peu ou prou aux mêmes difficultés que les lycées. Pour l’instant le ministre les laisse hors zones, mais on demande à ce que ce soit regardé de près."

Le bac à nouveau bouleversé, quelques épreuves maintenues

Pour éviter tout risque et d'être pris de court comme l'année passée, le baccalauréat sera, cette année encore, chamboulé par la persistance du Covid-19. Jean-Michel Blanquer a annoncé jeudi l'annulation des trois évaluations communes de première et de terminale. Elles seront remplacées par les moyennes des bulletins scolaires. "Les matières concernées par l'annulation des évaluations sont l’histoire-géographie, les langues vivantes, la spécialité qui n’est pas poursuivie en terminale, ainsi que les mathématiques pour la voie technologique et l’enseignement scientifique pour la voie générale", précise le ministère.

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Les épreuves communes du bac annulées : comment ça va se passer ?

Les épreuves de mars et de juin, à savoir les enseignements de spécialité, la philosophie et le grand oral, sont en revanche maintenues, précisait Jean-Michel Blanquer sur RTL ce jeudi matin. Elles représenteront 60 % de la note finale. Pour garantir que les élèves soient interrogés sur des éléments effectivement étudiés dans le cadre des programmes, les modalités de l'examen portant sur les enseignements de spécialité ont en revanche été adaptées. L'élève aura le choix entre deux sujets ou plusieurs exercices. "Les attendus pédagogiques de chaque discipline seront communiqués aux élèves et les correcteurs suivront des grilles d’évaluations précises pour chaque sujet", indique le gouvernement.

C'est une mesure de salut public.- Philippe Vincent, proviseur d'un lycée à Aix-en-Provence et secrétaire général du SNPD-Unsa

Pour Philippe Vincent, il ne s'agit ni plus ni plus d'"une mesure de salut public. "On a vu l'an dernier comment il a fallu en catastrophe basculer des épreuves sur table à du contrôle continu (...) Le fait qu'on le sache maintenant, que ce soit très anticipé et qu'on ait de la visibilité jusqu'à la fin de l'année va d'une part rassurer tout le monde et va obliger les élèves, si ce n'était pas déjà fait, à se mettre au travail", estime-t-il. 

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