Covid-19 : faut-il s'inquiéter de la hausse de la fréquentation dans les transports ?

Quai de métro bondé dès 6h du matin, ce 30 septembre 2020
Santé

PROPAGATION - Alors que les consignes sanitaires se durcissent, de nombreux usagers parisiens s'étonnent que les transports en commun soient de plus en plus bondés. Au-delà du paradoxe, y a-t-il un risque accru de contamination ?

Les mesures sanitaires sont de plus en plus restrictives dans la capitale, où les rassemblements de plus de 1000 personnes sont interdits et les bars fermés après 22h. Les transports semblent faire exception : de plus en plus de personnes s'entassent dans les rames, les régies concernées observant une hausse de la fréquentation. Celle-ci reste cependant en-deçà de la normale.

La fréquentation "augmente progressivement"

Les images sont en effet saisissantes. Tandis que, le soir, on voit les terrasses de la capitale délaissées, le lendemain matin, on découvre des rames bondées. En attestent de très nombreuses vidéos sur les réseaux sociaux. Dans les commentaires, les internautes s'inquiètent, appelant à augmenter l'offre de transports et critiquant un "deux poids, deux mesures" de la part du gouvernement. 

Et de fait, on observe une "augmentation progressive" de la fréquentation depuis le début du mois, comme nous l'indique la RATP. Elle est passée de 60% au sortir de l'été à 65% mi-septembre, pour atteindre désormais 70%. Une "montée progressive" que la régie observe "sur l'ensemble" de son réseau, notamment dans les bus, utilisés à 85% de leur capacité, sans toutefois pouvoir nous donner d'éléments sur les heures de pointe. L'offre est, quant à elle, à 100%, nous rappelle l'établissement public.

Idem pour Île-de-France Mobilités, qui propose la totalité de son offre depuis le mois de juillet mais observe une hausse de l'utilisation de ses RER. "Entre 30% à 35%" des capacités de ses lignes sont inutilisées "en fonction de l'heure et de la ligne", relève ainsi auprès de LCI le Syndicat des transports d'Île-de-France, signe que le réseau n'est "absolument pas saturé".

Une "mise en danger" des Franciliens?

Et pourtant, les images semblent inquiéter les usagers. Or, "les transports en commun ne sont pas considérés comme à risque", rappelle IDF Mobilités, "que ce soit en France ou dans le reste du monde". C'est en effet ce que notait notamment une enquête du New York Times en août dernier. Le prestigieux quotidien américain écrivait alors, en s'appuyant sur les données d'agences de transport d'Europe et d'Asie, qu'aucun foyer épidémique n'était lié à des transports. 

Du côté de Santé publique France, l'agence nationale de santé publique, 30 clusters ont été identifiés dans ce secteur, qui prend aussi bien en compte les voyages en avion qu'en bateau ou en train. Les transports ne représenteraient donc que 1% des foyers épidémiques de l'Hexagone. A noter cependant que les experts en épidémiologie s'accordent à dire que remonter le cours d'une propagation dans les transports en commun est particulièrement difficile, les personnes positives se souvenant rarement de la rame empruntée.

Toute l'info sur

Covid-19 : la France face au rebond de l'épidémie

Les dernières infos sur l'épidémie de Covid-19

Lire aussi

Alors pourquoi le virus semble-t-il s'arrêter aux portes du métro alors que les mesures physiques n'y sont plus respectées ? D'une part, ce phénomène s'explique par le comportement de la population. Les usagers ne se côtoient que pour une courte durée, contrairement à des collègues pendant une journée de travail ou des amis lors d'un dîner au restaurant. Ils ont aussi tendance à ne pas parler dans le train, ce qui réduit la projection de gouttelettes. 

Et enfin, le strict protocole sanitaire semble désormais largement respecté. C'est en tout cas ce que nous assurent les deux établissements franciliens. Quand "plus de 95% des utilisateurs des transports en commun respectent le port du masque", selon IDF Mobilités, la RATP nous indique que cette consigne est suivie "à 99%". "En heure de pointe, à une grande station comme Châtelet-les-Halles, vous ne croisez quasiment personne qui n'a pas de masque", se félicite la RATP. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Attentat de Conflans : "L'islam radical s'est infiltré au cœur même de notre société de tolérance et de liberté"

CARTE - Covid-19 : à quel stade en est l'épidémie, département par département ?

Stéphane, témoin du meurtre de Samuel Paty : "A 30 secondes près, on aurait pu faire quelque chose"

EN DIRECT - Covid-19 en Ile-de-France : en réanimation, "les chiffres montent très vite, trop vite"

Enseignant tué : ce que disait son cours sur la liberté d'expression

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent