Taux de positivité en hausse chez les enfants : les questions qui se posent

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DE CAUSE À EFFET ? - Selon Santé publique France, le taux de positivité atteint désormais 10% chez les moins de 10 ans et 8,5% chez les 10-19 ans, contre moins de 3 % dix jours plus tôt. À quoi attribuer cette évolution ?

C'est plus qu'au sein de la population générale. Selon les chiffres de Santé publique France publiés ce dimanche et portant sur la semaine du vendredi 1er au 7 janvier, le taux de positivité atteint 10% chez les moins de 10 ans et 8,5% chez les 10-19 ans. Dix jours auparavant, le taux de positivité était inférieur à 3% que ce soit chez les enfants ou dans la population générale où il atteint désormais 6,4%. 

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Or, cette évolution intervient à un moment où plusieurs facteurs inquiètent les autorités, à savoir l'effet post-fêtes tant redouté et  la présence rapportée sur le territoire de nouveaux variants de la Covid-19  dont la variante britannique "VOC 202012/01", plus contagieuse. L'un ou l'autre, ou encore les deux conjugués, peuvent-ils expliquer en partie les derniers chiffres relevés par Santé publique France ? À moins que d'autres pistes puissent être avancées ? 

Un effet de la rentrée des classes post-fêtes ?

S'il est tentant d'attribuer l'augmentation relevée à la rentrée des classes, cela s'avère a priori être une fausse piste car, comme le révèle Le Parisien, le dépistage a été réalisé lors du week-end du Nouvel an et durant les quatre premiers jours du retour à l'école. En tenant compte de la durée d'incubation, les cas rapportés la semaine dernière sont forcément liés à des contaminations antérieures, à attribuer aux contacts sociaux durant les vacances.

Pour rappel, une récente étude britannique rapportée par France Info, les adolescents de 12 à 16 ans seraient sept fois plus susceptibles que les adultes d'être la première personne contaminée au sein d'un foyer. Autrement dit : le plus souvent, c'est l'adolescent qui contamine les autres personnes de la maison. 

Un lien avec les nouveaux variants du virus ?

Quid du variant qui provoque une flambée épidémique au Royaume-Uni ? La question d'un lien de cause à effet se pose alors que ce dernier circule sur le territoire français et qu'un cluster lié à cette variante a été mis au jour dans une école de Bagneux en région parisienne. S'il est avéré que ce dernier est "40 à 70% plus contagieux que le virus que nous connaissons en France", comme l’a rappelé le ministre de la Santé Olivier Véran la semaine dernière, les chercheurs britanniques se montrent prudents quant à la supposée transmissibilité accrue chez les plus jeunes, pointée par certaines études. 

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"Le nouveau variant semble toucher tous les âges", souligne ainsi un communiqué du Royal College of Paediatrics and Child Health – l’organisme professionnel des pédiatres du Royaume-Uni. "Pour l’instant, nous ne voyons pas de plus grande gravité chez les enfants et les jeunes", peut-on encore y lire. Les résultats d'une enquête française sur la présence du dit variant sur le territoire sont attendus sous peu.  

Quant à déterminer si la plus forte contagiosité du variant britannique concerne également les enfants, Olivier Véran a indiqué jeudi qu'"une surveillance accrue dans les écoles", comprenant des "opérations de dépistage", était à l'ordre du jour. Jean-Michel Blanquer a de son côté annoncé "un million de tests en milieu scolaire" en janvier. "Il faut pouvoir dépister très vite les cas et identifier très vite s'il s'agit d'un mutant anglais ou pas et prendre une décision très rapide de fermeture de classe voire de collège si nécessaire", abonde sur ce point Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique.

Moins de tests préventifs chez les enfants, l'explication ?

Enfin, il est à noter que les dépistages chez les enfants ne sont pas réalisés aussi souvent à titre préventif que chez les adultes comme cela a pu être observé notamment avant les fêtes. En d'autres termes, il est plus probable que les enfants soient davantage testés en cas de suspicion d'infection (symptômes, contact avec d'autres malades, etc.), ce qui pourrait expliquer, entre autres, la fréquence de tests positifs. 

L'hypothèse semble d'ailleurs se confirmer à la lumière du taux d'incidence relevé sur cette période, à savoir le nombre de cas par rapport à la population, et qui ne reflète pas la tendance observée en matière de positivité. Il en ressort que les enfants de 0 à 9 ans testés positifs au Covid sont très peu nombreux en comparaison à toutes les autres catégories d'âges. La proportion de patients positifs de 10 à 19 ans, elle, est un peu inférieure à la moyenne tous âges confondus tandis que le nombre de cas chez les 20-29 ans augmente lui de manière plus marquée que dans les autres tranches d'âges.

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Mais la publication de ces chiffres est pour certains observateurs aussi l'occasion de raviver l'argument de la restauration scolaire comme "point noir" puisque les élèves s'y côtoient, sans masque, pour manger. "44% des enfants infectés le sont par d’autres adultes dans la cellule familiale, mais quid des 56% restants ? Je ne vois pas comment la cantine ne représenterait pas un grand pourcentage", pointe notamment Christophe Batard, pédiatre à Vincennes (Val-de-Marne) et membre de l’Association française de pédiatrie ambulatoire, interrogé par Le Parisien

"Les cantines sont des hauts lieux de transmission et c’est là qu’il faut faire des efforts", abonde Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur l’Institut de santé global de l’Université de Genève sur BFMTV. "Les vacances scolaires constituent un frein très puissant sur les maladies à virus respiratoires, et le Covid-19 ne devrait pas faire exception. La question du rôle des écoles dans la transmission mérite encore d'être posée", insistait-il déjà auprès du Figaro fin décembre. L’importance des repas figurait d'ailleurs dans les conclusions de l'étude ComCor de l’institut Pasteur sur les lieux et les comportements les plus propices à la contamination au Covid-19. 

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