Technologie, efficacité, homologation... 3 choses à savoir sur le vaccin franco-autrichien Valneva

L'ingénieur-virologue Thomas Mollet examine des plaques de cellules infectées par le virus Sars-CoV-2 au laboratoire du groupe Valneva à Saint-Herblain, près de Nantes.

RECHERCHES - Le laboratoire franco-autrichien annonce ce mardi que son candidat-vaccin contre le Covid-19 entre dans la phase des essais de phase 3. Technologie utilisée, efficacité, homologation... voici ce qu'il faut savoir.

Il pourrait devenir le premier vaccin anti-Covid du genre utilisé en Europe avant fin 2021. Le laboratoire franco-autrichien Valneva, basé à Nantes, annonce ce mardi que les essais pour son candidat-vaccin à "virus inactivé", aussi baptisé VLA2001, sont à un stade avancé. Il espère ainsi démontrer "une efficacité supérieure à 80% (...) avant une éventuelle mise sur le marché", a déclaré son directeur général Franck Grimaud. Mais que sait-on de ce nouveau vaccin ? LCI fait le point.

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Comment fonctionne-t-il ?

Lancé en septembre 2020, le candidat-vaccin du laboratoire Valneva utilise une technologie plus classique que l'ARN messager, appelée "virus inactivé". Cette méthode historique, datant de l'époque de Louis Pasteur, sert notamment à la conception de vaccins contre la grippe chaque année, mais aussi à la lutte contre l'hépatite A ou encore la polio. Elle est également utilisée pour les vaccins chinois Sinovac et Sinopharm, actuellement autorisés dans un nombre limité de pays, en Asie et en Amérique latine notamment.

Les vaccins à "virus inactivé" contiennent le virus (ou la bactérie) "porteur de la maladie, ou un très semblable à celui-ci", a récemment expliqué l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Des éléments dangereux qui sont inactivés ou tués "à l'aide de produits chimiques, de chaleur ou de rayonnements", détaille-t-elle.

Ce virus "fantôme" devient ainsi incapable d’infecter les cellules, et donc de provoquer la maladie. Il permet en revanche au système immunitaire de développer une réponse appropriée et protège en cas d'infection par le "vrai" virus. Ces vaccins à "virus inactivé" nécessitent souvent plusieurs doses ou des rappels, mais provoquent peu d'effets secondaires. 

Quelle efficacité ?

Le vaccin étant toujours en phase de test, il est donc trop tôt pour connaître son taux d'efficacité exact, notamment contre les formes graves du virus. C'est la première partie des essais de phase 3 (menée sur environ 4000 patients de tous âges) qui devra prouver ou non l'efficacité réelle du traitement avant une éventuelle mise sur le marché d'ici à fin 2021. 

Le laboratoire Valneva se félicitait début avril de résultats convaincants au terme des essais de phase 2, avec une production significative d'anticorps chez plus de 90% des participants après avoir reçu deux injections. Le tout "sans poser de problème de sécurité", explique le quotidien britannique The Guardian.

À noter que cette efficacité restait inférieure aux vaccins à ARN messager, utilisés par les laboratoires Pfizer-BioNTech et Moderna, qui tournent autour des 95%. Mais serait supérieure à celle des vaccins AstraZeneca et Johnson&Johnson, qui fonctionnent par vecteur viral, située entre 60 et 70%. 

Comme l'ensemble de ces vaccins, le niveau de protection du vaccin Valneva pourrait être amené à baisser au fil des mois et donc nécessiterait une "une vaccination régulière" dans les années à venir, précise Franck Grimaud.

À destination de quels pays ?

Pour l'heure, Valneva se concentre principalement sur le marché européen, où des discussions "sont toujours en cours." Le laboratoire a soumis lundi sa demande d'autorisation auprès des autorités de santé britannique. Le Royaume-Uni lui a déjà commandé 100 millions de doses pour 2021-2022.

Le directeur général du laboratoire cible notamment "la partie de la population plus hésitante sur les nouvelles technologies" mais aussi "les adolescents et les enfants" si les moins de 12 ans devaient avoir recours à la vaccination. "Un vaccin comme le nôtre, avec son profil d'innocuité peut avoir un intérêt", a-t-il estimé. 

Enfin, le vaccin du laboratoire franco-autrichien aura vocation à être envoyé dans les pays en voie de développement où l'accès au vaccin reste difficile, en raison de l'échec partiel du programme Covax, près de huit mois après le début des campagnes de vaccination massives dans les pays Occidentaux.

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Alors que les tests se déroulent actuellement au Royaume-Uni, mais aussi de manière complémentaire en Nouvelle-Zélande depuis début août auprès de personnes de plus de 56 ans, les résultats de la troisième phase devraient être connus au début du quatrième trimestre 2021. S'ils venaient à être validés par les autorités sanitaires britanniques dans les prochaines semaines, Valneva serait le premier vaccin anti-Covid à "virus inactivé" commercialisé dans un pays d'Europe avant fin 2021.

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