Covid-19 : tester en masse ou par quotas, la solution pour évaluer le nombre réel de cas ?

Covid-19 : tester en masse ou par quotas, la solution pour évaluer le nombre réel de cas ?

ZOOM - Si une personne sur cinq testées en France est positive au coronavirus, difficile d'établir le nombre réel de contaminations. Et si la méthode britannique basée sur des échantillons représentatifs de la population permettait de percer le mystère ?

20,13% le 27 octobre, 20,21% le 28, 20,16% le 29, date du dernier relevé des chiffres. Alors même qu'il augmentait de manière constante depuis le 1er octobre, le taux de positivé aux tests semble se stabiliser en France, à un niveau néanmoins très élevé. Actuellement, en moyenne, un test sur cinq se révèle positif au virus SARS-CoV-2. Mais les experts s'accordent sur le fait que le nombre réel de nouveaux cas est en fait bien plus important. À quel point ? Pour Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, le niveau de contaminations quotidiennes était, autour du 25 octobre, plus proche des 100.000, beaucoup de personnes infectées n'ayant pas été testées. 

Mais dès lors, que faire pour tenter de consolider ces données ? La solution se trouve peut-être chez nos voisins européens, au premier rang desquels le Royaume-Uni, où plusieurs méthodes sont à l'essai. 

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Tester massivement la population

À Liverpool par exemple, une opération d’ampleur inédite dans le pays doit débuter ce vendredi, au lendemain du reconfinement britannique. Sa spécificité ? Être menée sur la quasi-totalité de la population locale. Les quelque 500.000 habitants de la cité du nord de l'Angleterre, ainsi que ceux qui y travaillent, se verront proposer des dépistages réguliers et rapides au Covid-19, qu'ils présentent ou non des symptômes. Un programme test qui pourrait être étendu plus largement au Royaume-Uni pour accompagner un possible déconfinement en cas de succès, a annoncé mardi le gouvernement.

En pratique, environ 2000 militaires seront déployés pour organiser cette opération géante dans la ville d'origine des Beatles, qui compte parmi les plus touchées par la deuxième vague. Parmi les différents types de dépistages proposés, l'un permet d'obtenir les résultats en une heure, sans recours à un laboratoire.

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"Ces tests aideront à identifier les milliers de personnes dans la ville qui ne présentent pas de symptômes mais qui peuvent contaminer d'autres personnes sans le savoir. En fonction de leur succès à Liverpool, nous chercherons à distribuer des millions de ces nouveaux tests rapides d'ici Noël et à donner aux communautés locales les moyens de les utiliser pour réduire la transmission dans leurs régions", a déclaré Boris Johnson dans un communiqué.

"Nous n'en sommes encore qu'au début, mais ce type de tests de masse a le potentiel d'être une nouvelle arme puissante dans notre lutte contre le Covid-19", a avancé le dirigeant conservateur, critiqué pour sa stratégie contre la pandémie et pressé par les élus locaux de préciser la voie du déconfinement.

Un dépistage façon sondage d'opinion

Cette pratique, qui consiste à dépister les cas de Covid-19 comme on fait des sondages d'opinion est notamment 

défendue par Henri Wallard, docteur en statistiques et dirigeant du groupe Ipsos, spécialiste des enquêtes d'opinion. En septembre déjà, dans une tribune dans Le Monde, ce spécialiste en science des données estimait qu’il faudrait organiser de vastes campagnes de dépistage au sein d’échantillons représentatifs de la population.

Et déjà, il s'appuyait sur le modèle du Royaume-Uni qui, via un programme baptisé React-1, s’emploie à dépister un échantillon représentatif de plus de 150 .00 personnes à intervalles réguliers depuis le mois de mai. Conduite par des chercheurs de l'Imperial College de Londres, en collaboration avec Ipsos, l'étude en question permet, jugeait-il alors, de suivre l’évolution de l'épidémie avec une finesse et une fiabilité inédites. Dans le détail, en plus de la proportion de personnes infectées sans symptôme, cette dernière permet d'identifier les zones géographiques et les communautés où le virus circule le plus. 

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Catherine Hill : "Il faut organiser un dépistage de masse de la population"

Rappelant que "ce que nous connaissons de la circulation du virus n'est qu'une petite partie de la vraie circulation", l'épidémiologiste Catherine Hill défendait elle aussi un "dépistage de masse de la population" le 11 octobre dernier sur LCI. "En France, nous n'avons jamais réalisé de sondage sur un échantillon représentatif pour savoir combien de personnes sont positives à l'instant T", déplorait-elle, assurant un nombre de cas en réalité beaucoup plus important.

Sans ce dépistage à grande échelle, "le virus circulera" et "le cafouillage continuera", regrettait-elle. Et de souligner : "Il y a énormément de façons de faire des tests : antigéniques, groupés, on peut chercher le virus dans les eaux usées..."

Pour rappel, au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d'Europe par la pandémie avec près de 47.000 morts, plus d'un million de personnes ont été testées positives au Covid-19 depuis le début de la pandémie. Le gouvernement, dont le programme de dépistage et de traçage est très critiqué, a annoncé il y a peu avoir atteint son objectif de 500.000 dépistages par jour.

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