Coronavirus : pourquoi l'essai européen Discovery ne donne toujours rien

Essai Discovery

RECHERCHE - L'essai clinique Discovery, conduit en Europe pour trouver un traitement efficace contre le Covid-19, devait à l'origine présenter ses premiers résultats fin avril. Depuis, la recherche patine, faute de patients. Un comité doit se réunir ce lundi 11 mai pour faire le point.

 Ce devait être le programme de recherche de tous les espoirs. Mais il peine à donner ses premières conclusions. Un comité international et indépendant doit  se réunir ce lundi 11 mai pour faire le point sur l'essai clinique européen Discovery. Chargé d'analyser et de compiler les données brutes récoltées, ce comité déterminera si l'un des traitements testés s'avère efficace. Car presque deux mois après son lancement, Discovery ne livre pas les résultats escomptés et est même qualifié de fiasco par certains. On fait le point sur les raisons de cet échec pressenti. 

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Quatre traitements sont au cœur de l'essai européen, coordonné par l'Inserm, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale en France : l'antiviral remdevisir développé sans succès contre le virus Ebola, une combinaison lopinavir/ritonavir utilisée contre le VIH, la même combinaison associée à l'interféron bêta contre les inflammations, et enfin l'hydroxychloroquine, molécule défendue par le Pr Didier Raoult et rejetée par nombre de ses confrères. A cela, s'ajoute un cinquième groupe, le groupe témoin, qui ne reçoit aucun de ces traitements pour en vérifier justement l'efficacité.

Une pénurie de patients

Pour une réussite de Discovery, les chercheurs tablaient sur 3 200 patients en Europe, dont au moins 800, gravement atteints par le Covid-19, en France. Aujourd'hui, on est loin de cette estimation de départ, avec 740 malades seulement qui se sont portés volontaires. Or, pour s'assurer de l'efficacité ou non d'un traitement, "il faudrait au moins 600 patients par bras", c'est à dire par traitement testé, ont estimé les méthodologistes de l'essai Discovery. A l'origine, au moins sept pays s'étaient manifestés pour rejoindre l'essai mais "un patient" seulement a été inclus hors de France, au Luxembourg, a reconnu la Pr Florence Ader, chargée de le piloter.

Et ce nombre trop faible de patients peut s'expliquer en partie par le fait que l'hydroxychloroquine a été ajoutée à la dernière minute au programme européen. En effet, comme le racontent Les Jours, la récente popularité de cette molécule pourrait avoir un effet contre-productif sur l'avancée de la recherche, si l'on prend exemple sur les essais français du Pr Raoult. Ceux-là peinent à recruter puisque les patients qui acceptent d'être des cobayes s'exposent forcément au risque de recevoir des soins standards, et non la molécule. Sauf qu'au vu de l'agitation qui s'est formée autour de l'hydroxychloroquine, de nombreux malades du Covid-19 sont aujourd'hui persuadés que cette molécule peut les guérir et ne sont pas prêts à risquer de recevoir un simple placebo. 

Un calendrier sans cesse repoussé

A son lancement le 22 mars dernier, l'essai européen ambitionnait de livrer ses "premières tendances" à la fin du mois d'avril, selon la Pr Florence Ader. Début mai, alors que rien n'était encore sorti, Emmanuel Macron promettait, lui, des "résultats le 14 mai", se montrant tout de même prudent : "On n'a rien de concluant et ce matin on ne m'a pas dit 'on va avoir un traitement disponible dans 15 jours'". Si la réunion de ce 11 mai devrait permettre d'y voir plus clair, "la probabilité" que rien n'émerge à nouveau est envisagée, a confié à l'AFP le Pr Yazdan Yazdanpanah, patron du consortium chargé de chapeauter l'étude Discovery. 

Le calendrier de la présentation des premières conclusions de Discovery n'est donc à ce jour pas respecté, ce qui n'est pas de bonne augure pour la suite de la recherche. "Si c'était des molécules hyper efficaces, on l'aurait su déjà", selon le Pr Yazdan Yazdanpanah. 

Un problème de budget

Aujourd'hui, des discussions sont en cours avec l'Union européenne pour débloquer une enveloppe dédiée à l'essai Discovery. Car chaque patient testé coûtant entre 4 500 et 5 000 euros, certains pays ne peuvent se permettre de telles dépenses. Dans Le Monde, le Pr Yazdan Yazdanpanah y voyait là un "échec" de l'Europe dans la recherche menée contre le Covid-19.

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