Covid-19 : un forfait psy pour les enfants et adolescents en détresse

Covid-19 : un forfait psy pour les enfants et adolescents en détresse

SANTÉ MENTALE - En déplacement à Reims, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’un forfait permettant la prise en charge de dix séances chez un psychologue, pour les enfants et adolescents de 3 à 17 ans.

"Nous avons aujourd'hui un problème de santé qui touche nos enfants et adolescents, qui se rajoute à l'épidémie" : voilà le constat fait par Emmanuel Macron mercredi 14 avril au cours d'une rencontre avec des soignants du service de pédopsychiatrie au CHU de Reims. À l’occasion de ce déplacement, le chef de l’État a donc annoncé la mise en place d'un forfait de prise en charge de dix séances de psychologue prépayées, pour faire face à une montée de la détresse due à la crise du Covid-19 chez les plus jeunes. 

Le forfait permettra le remboursement à 100% de 10 séances de psychologue en ville pour des enfants et adolescents de 3 à 17 ans. Il sera activable tout au long de la crise, auprès de psychologues partenaires identifiables sur une plateforme et dans le cadre d'un parcours de soin passant par tout médecin, qui prescrira ce forfait d'urgence.

Toute l'info sur

Covid-19 : déjà un an de pandémie...

"On voit monter quelque chose qu'on n'avait pas connu au premier confinement, une anxiété et des angoisses chez les plus jeunes qui se sont traduites dans les chiffres", a souligné Emmanuel Macron, en citant une hausse de 40% des urgences pédiatriques. Le président a notamment échangé avec une adolescente hospitalisée pour dépression, qui lui a dit redouter le plus "un nouveau confinement"

"J'aimerais bien sortir, voir mes amis, car rester enfermée à la maison, c'est pas facile du tout", a-t-elle témoigné, le chef de l'État lui assurant en réponse tout faire pour éviter un autre confinement. 

Dépressions, troubles alimentaires, refus d'école...

Quatre parents sur dix ont déclaré avoir observé des signes de détresse chez leur enfant lors du premier confinement, en raison notamment de la contrainte d'enfermement et de l'absence de relations sociales liée à la fermeture des écoles. Face à cette demande, les services de pédopsychiatrie, en manque d'effectifs depuis longtemps, sont débordés. 

"Il faudrait doubler, voire tripler les effectifs" des soignants, a alerté la cheffe du service de pédopsychiatrie, Anne-Catherine Rolland, qui a fait savoir au chef de l’État que les demandes de consultations avaient doublé depuis septembre. Résultat : à Reims, qui ne compte que deux pédopsychiatres de ville, il faut maintenant huit mois d'attente pour obtenir un rendez-vous.

"On est fatigué, ce n'est jamais fini, on est très sollicité en permanence", a aussi raconté Anne-Catherine Rolland au président, qui était accompagné du ministre de la Santé Olivier Véran et du secrétaire d'État en charge de l'enfance Adrien Taquet. "Ils viennent pour des dépressions, des troubles alimentaires, des refus d'école", a-t-elle témoigné.

Au-delà du forfait d'urgence, Emmanuel Macron a promis que des réponses plus structurelles seront débattues lors des Assises de la santé mentale prévues cet été. Sera ainsi abordé le manque d'attractivité de la profession de pédopsychiatre.

Selon les enquêtes menées par Santé publique France depuis un an, la proportion de Français rapportant des états anxieux ou dépressifs a fortement augmenté depuis le premier confinement et se maintient à un niveau élevé depuis, touchant près d'un tiers (31%) de la population.

Le gouvernement a lancé début avril une campagne grand public pour inciter les Français à "parler" de leur état psychologique et pour rappeler l'existence d'aides par téléphone et internet, trop peu connues. Le chef de l'État a aussi décidé d'accorder des "chèques psy" aux étudiants. L'impact psychologique des confinements sur les jeunes est l'un des éléments qui a poussé le président à confiner le plus tard possible lors de la résurgence de la contagion en février-mars.

Lire aussi

L’annonce de la mise en place du forfait psy a été saluée comme "une vraie bonne nouvelle"" par la Société française de pédiatrie. "C'est quelque chose qui faisait défaut jusqu'alors, le fait que les psychologues puissent être remboursés", souligne sa présidente Christèle Gras-Le Guen auprès de franceinfo. "Cela va être une vraie facilité pour un premier accès aux soins aux enfants". Elle ajoute toutefois que "ce ne sera pas suffisant" : "On était en pédopsychiatrie dans un domaine où on était déjà très limite en termes de soins et de réponse aux besoins de la population. Donc là, on est totalement dépassé par les événements."

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : plus de 48.000 contaminations en 24 heures, en hausse de 55% sur une semaine

Covid-19 : l'Allemagne impose des restrictions drastiques aux non-vaccinés

Cinquième vague : l'épidémiologiste Arnaud Fontanet appelle les Français à réduire leurs contacts de "10 à 20%"

Autriche : une chirurgienne ampute la mauvaise jambe, elle est condamnée à une amende

Affaire Hulot : "La justice ne se rend pas dans les tribunaux médiatiques", réagit Emmanuel Macron

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.