Covid-19 : une étude remet-elle en cause la balance bénéfice-risque de la vaccination pour les enfants ?

Covid-19 : une étude remet-elle en cause la balance bénéfice-risque de la vaccination pour les enfants ?

BIDON - Des travaux relayés par la sphère anti-vaccin concluent que la "létalité du vaccin est 200 fois plus grande que celle du Covid-19" chez les enfants âgés de 12 à 17 ans. La méthodologie pour en arriver à ces conclusions est trompeuse.

"Les chiffres parlent d'eux-mêmes", certes, mais on peut aussi leur faire dire n'importe quoi. À l'instar de deux professeurs d'Université, dans des travaux sur la balance bénéfice-risque de la vaccination chez les enfants. Selon leurs modélisations, si cette balance est "favorable" chez les plus de 65 ans "au regard de la létalité du Covid-19", elle serait "clairement très défavorable" pour les moins de 18 ans. D'après leurs conclusions, "la létalité du vaccin est 200 fois plus grande" que celle du virus "chez les 12-17 ans et plus de 230 fois plus grande pour les enfants âgés de moins de 12 ans". Seulement, la méthodologie pour arriver à ces observations est trompeuse, et les conclusions fausses. 

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Une mauvaise interprétation de données

Ces "commentaires sur les données de pharmacovigilance liés au vaccin Pfizer", sont l'œuvre de Vincent Pavan et Emmanuelle Darles. Le premier, enseignant-chercheur en mathématiques à Marseille, avait refusé de porter le masque en cours l'hiver dernier et incité ses étudiants à faire de même. La deuxième est enseignante-chercheuse en informatique à Poitiers. Ils sont tous les deux membres du "Conseil scientifique indépendant". Cette entité, qui n'a aucune validité officielle, est la même qui avait proposé, le 31 janvier dernier, des "voies thérapeutiques précoces" pour lutter contre le Covid-19. Pour rappel, ce protocole qualifié d'amateur, inutilement coûteux et même "criminel" par les experts, avait alors provoqué l'ire de l'Ordre des médecins

 

Dans leur document en accès libre, truffé d'erreurs, ces deux chercheurs dans des domaines loin de l'épidémiologie exposent leur méthodologie. Pour réaliser leurs "calculs statistiques liés à la pharmacovigilance du vaccin Pfizer", ils précisent utiliser deux sources. Les rapports de pharmacovigilance disponibles sur le site de l'Agence nationale de surveillance du médicament (ANSM) française, ainsi que les données en de pharmacovigilance européennes. 

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Seulement, comme nous l'avons déjà expliqué à de nombreuses reprises, ces rapports ne peuvent en aucun cas être utilisés pour calculer les "risques du vaccin". Car ils comptabilisent simplement les signalements d'effets indésirables suivant la vaccination, et non pas forcément en lien avec celle-ci. Toutes les agences sanitaires le précisent d'ailleurs. Ainsi, le site de l'Agence européenne du médicament écrit noir sur blanc - et en gras - que les "informations publiées sur le présent site internet concernent des effets indésirables suspectés", ayant été observés après vaccination, "mais qui ne sont pas obligatoirement liés ou dus au médicament". Utiliser ces données de la sorte relève donc d'un "charabia absolu" et d'une "mauvaise interprétation fondamentale de l'épidémiologie", pour reprendre les mots de Gideon Meyerowitz-Katz, épidémiologiste à l'Université de Wollongong en Australie. À la manière d'une autre étude, publiée le 24 juin et retirée par la revue scientifique qui l'avait éditée, les deux professeurs anti-vaccin et anti-restrictions sanitaires accentuent donc les risques du vaccin chez ces jeunes. 

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LES VÉRIFICATEURS - La balance bénéfice-risque est-elle en faveur de la vaccination des adolescents ?

En réalité, comme nous vous l'expliquions dans ce précédent article, rien ne laisse penser qu'il existe des risques outre-mesure pour cette catégorie. Quant aux bénéfices, il est vrai que les formes graves du coronavirus, voire mortelles, sont rarissimes chez ce public. Mais comme le notait la Haute autorité de Santé le 3 juin dernier, le bénéfice "collectif" d'une telle option permettra, selon l'autorité publique indépendante, de "diminuer la circulation virale" dans la population.

 

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