Vaccination massive dans les départements sous surveillance : comment va-t-elle se passer ?

Vaccination massive dans les départements sous surveillance : comment va-t-elle se passer ?

MODE D'EMPLOI - Des campagnes massives de vaccination sont organisées tout le week-end dans les 23 départements "sous surveillance renforcée". Comment vont-elles se dérouler ? À qui s'adressent-elles ? On fait le point.

La bataille contre le Covid-19 passe par la montée en puissance de la vaccination. Plus particulièrement dans les 23 départements placés sous vigilance par le gouvernement. C'est pour cela que ce dernier leur a demandé de tout faire pour organiser des campagnes de vaccination ce week-end, grâce à la distribution de 135.000 doses de vaccin supplémentaires dans ces territoires.

"Une marche importante va être franchie ce week-end puisque nous avons demandé l’ouverture d’un maximum de centres de vaccination, et la création de centres éphémères supplémentaires partout où cela sera jugé utile, de manière à vacciner pendant tout ce week-end", a expliqué le ministre de la Santé Olivier Véran ce jeudi 4 mars lors du point presse hebdomadaire consacré à la crise sanitaire.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Déjà confinée le week-end, la ville de Nice a été la première à bénéficier de doses supplémentaires. Olivier Véran a indiqué jeudi matin au maire Christian Estrosi (LR) qu'il pourrait compter sur 12.000 doses (4000 Pfizer, 8000 AstraZeneca), à administrer avant dimanche. Le reste du département des Alpes-Maritimes sera également doté de 12.000 doses. 

À Paris, la municipalité a indiqué jeudi soir la livraison de près de 11.000 doses de vaccin Pfizer, 51.000 sur l'ensemble de la région Île-de-France. En Seine-Saint-Denis, 6.000 doses doivent être injectées ce week-end. Dans le Pas-de-Calais, 10.000 doses sont attendues. Dans la Drôme, 5500. 

Qui est concerné ?

Comment cela va-t-il se passer ? Les habitants de chaque département sont invités à se renseigner, car les publics concernés et les prises de rendez-vous varient selon les territoires. Ainsi, la ville de Nice qui bénéficie de 8000 doses de vaccin AstraZeneca va pouvoir vacciner des personnes âgées de 50 ans et plus, quand la ville de Paris qui n'a en sa possession que des vaccins Pfizer va se concentrer sur les Parisiens de 75 ans et plus ou présentant des comorbidités. Idem dans toute l'Île-de-France.

À Nice, 43.000 personnes de plus de 50 ans déjà inscrites sur la plateforme mise en place il y a plusieurs mois par la métropole recevront un SMS pour leur indiquer s’ils peuvent ou non se faire vacciner ce week-end. À Paris, des créneaux Doctolib seront attribués aux personnes qui étaient sur liste d'attente, et 1000 rendez-vous ont été réservés aux personnes les plus isolées via le 3975. 

De nouveaux créneaux de rendez-vous seront ouverts dès aujourd’hui- ARS Île-de-France

"Cette allocation exceptionnelle d’un très important volume de doses Pfizer va permettre à tous les centres qui avaient constitué des listes d’attente de recontacter dès aujourd’hui les personnes concernées pour leur fixer des rendez-vous ce week-end", a indiqué l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France dans un communiqué. "Pour les centres qui n’ont pas de listes d’attente de nouveaux créneaux de rendez-vous seront ouverts dès aujourd’hui sur les plateformes de rendez-vous en ligne et par l’intermédiaire des plateformes téléphoniques des centres." 

Dans cette région, l'opération mobilisera 105 des 123 centres de vaccination qui accueillent déjà les publics prioritaires. Et pour l'occasion, 13 "nouveaux centres dédiés" seront ouverts ; à Melun, Noisiel (Seine-et-Marne), Fleury-Mérogis, Palaiseau (Essonne), Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Saint-Mandé (Val-de-Marne), Cergy, Garges-lès-Gonesse, Sannois (Val-d'Oise) et Paris.

En Seine-Saint-Denis, les horaires des deux centres de vaccination gérés par le conseil départemental seront étendus jusqu'à 20 heures et une ouverture est prévue samedi. 

De nombreux volontaires mobilisés

Pour permettre l'ouverture de dizaines de centres de vaccination ce week-end dans ces 23 départements, les villes, départements et régions ont dû mobiliser leur personnel soignant et faire appel à de nombreux volontaires. "Nous en appelons à la mobilisation générale : maires, soignants, hôpitaux, tout le monde doit être sur le pont, y compris le week-end, pour vacciner aussi vite que possible", avait déclaré le Premier ministre jeudi soir. À Nice, 150 volontaires (agents, élus, maires de la métropole, 30 médecins et 70 infirmiers) seront mobilisés. 

Dans un communiqué diffusé jeudi soir, la mairie de Paris indiquait avoir lancé "un appel à volontaires d'ampleur auprès de ses agents, des médecins et infirmiers libéraux, et dans le réseau des volontaires de Paris, qui réunit des Parisiens engagés, pour accompagner cette campagne de vaccination"

 

"Cette opération (...) est rendue possible par la mobilisation de tous les professionnels, notamment de santé, qui interviennent quotidiennement ou en renfort exceptionnel ce week-end dans les centres de vaccination, par celle des collectivités territoriales et de leurs élus, et grâce à l’appui des pompiers des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) et de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP)", précise également l'ARS d'Ile-de-France.

Les sapeurs-pompiers ont mis en place plusieurs centres de vaccination sur le territoire, notamment dans le Pas-de-Calais, le Tarn-et-Garonne, la Lozère ou encore les Bouches-du-Rhône.

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Ces dernières semaines, très peu de personnes ont été vaccinées les dimanches en France. Pourquoi, s'est vu demander le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal ce vendredi sur franceinfo ? "On reçoit des doses, il y a ensuite une dotation qui est faite par départements. Dans les départements, il y a une répartition pour la semaine qui est faite entre les différents centres de vaccination. Ils s’organisent, et, la plupart du temps, c’est vrai que le choix qui est fait est de concentrer les vaccinations sur les cinq premiers jours de la semaine", a-t-il reconnu. "Mais si les vaccinations avaient été faites sur l’intégralité de la semaine, il n’y aurait pas eu plus de vaccinations qui auraient été injectées."

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