"Nous ne partons pas tant qu'il reste des doses" : à Paris, des pompiers en mission pour convaincre les non-vaccinés

Des dizaines de pompiers se sont postés devant la sortie de métro à Porte de Versailles à Paris ce lundi soir pour alpaguer de potentiels patients.

REPORTAGE - En fin de journée, les pompiers tentent de convaincre de potentiels patients de se faire vacciner pour écouler les doses anti-Covid restantes, devant le centre de vaccination de Porte de Versailles. LCI s'est rendu sur place.

Les sapeur-pompiers de Paris à pied d'œuvre pour ne pas perdre une goutte de vaccins anti-Covid. Certains soirs, en juillet, les hommes en uniforme noir et rouge n’hésitent pas à se mélanger à la foule pour alpaguer de potentiels patients. Ils se postent alors devant les différentes sorties de métro, de bus et de tramway de la place de Versailles (15e arrondissement de Paris), sur les coups de 19 heures. "Vous êtes vacciné ?", lancent-ils à tour de bras aux passants dans la rue. 

Certains riverains répondent par l’affirmative et poursuivent leur chemin, d’autres hésitent. "Non", bredouille un jeune homme pressé, lunettes de soleil sur le nez. "Il nous reste une cinquantaine de doses que nous ne voulons pas jeter, on peut vous vacciner tout de suite, sans rendez-vous, si vous le souhaitez !", insiste alors le pompier. 

Ce court et rapide argumentaire, accompagné d’un grand sourire, peut aider pour écouler les doses excédantes, nous confie le jeune soldat du feu. "Certains avaient un rendez-vous plus tard, ou plus loin, voire pas de rendez-vous du tout, mais comme on leur propose, ils en profitent pour se faire vacciner maintenant", explique-t-il. 

"Je comptais me faire vacciner bientôt pour être tranquille à la rentrée", relate le vingtenaire, pris de court aux abords de la bouche de métro parisienne. "Mais je n’avais pas encore eu le temps de prendre rendez-vous, donc ça tombe bien." Plus loin, deux amies finissent également par céder. "On habite en banlieue, on venait se balader à Paris, donc c’est l’occasion de se faire vacciner. De toute façon, on sera bien obligé de le faire un jour ou l’autre pendant l’été pour avoir le pass sanitaire."  Ces futurs primo-vaccinés s’éclipsent instantanément à l’intérieur du complexe, reconverti en centre de vaccination depuis le 5 mai dernier. 

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Les annulations de dernière minute, un véritable défi

"Même s’il est tard, nous ne partons pas tant qu’il nous reste des doses", nous confie ensuite le capitaine Alexandre, responsable du site cette semaine, qui nous fait une présentation rapide des lieux. Lui seul est en mesure de donner le feu vert à ses équipes pour sortir devant le centre de vaccination, avec pour mission d’écouler les doses restantes.

Il nous précise toutefois qu’ils évitent d’avoir recours à cette pratique qui ne leur permet pas de gérer le flux de patients "de manière qualitative". "Lorsque nous préparons les doses, nous essayons d’être au plus près de la réalité", indique-t-il. "Nous essayons d’anticiper les annulations en préparant le matin 50% des doses de la journée, basées sur les rendez-vous pris en ligne, puis 25% en début d’après-midi et à partir de 16 heures, nous les préparons presque au cas par cas en fonction des arrivées."

Les annulations de dernière minute sont en effet la principale raison de ces doses supplémentaires. "Nous pouvons avoir jusqu’à 200 annulations lors des plus grosses journées de vaccination, cela représente environ 10% d'annulations par jour", déplore Lucie, une salariée de la Croix-Rouge, en charge des prises de rendez-vous sur la plateforme médicale Doctolib. 

Afin de limiter ces déconvenues, des membres de l'association humanitaire prêtent main forte aux équipes de pompiers en décrochant leur téléphone. Objectif ? Appeler les personnes qui ne se sont pas présentées à leur rendez-vous pour tenter de le reporter plus tard dans la journée, ou bien remettre des créneaux de vaccination disponibles sur Internet. 

Ainsi, lorsque des réservations tardives ont lieu, que les annulations sont peu nombreuses ou encore que les préparations de doses de vaccin sont bien calculées, il ne leur reste sur les bras que  "5 ou 6 doses en trop, tout au plus". "Il arrive en effet que nous devions ouvrir un nouveau flacon pour le dernier patient de la soirée, car nous honorons toutes nos prises de rendez-vous, mais c'est tout." Dans ce cas, "cela ne vaut pas le coup d’aller dehors", termine le capitaine Alexandre. 

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Le vaccinodrome de Porte de Versailles - le plus grand de Paris intramuros - avait été inauguré début mai par Emmanuel Macron. Il est géré par près de 70 pompiers ainsi qu’une dizaine de médecins et infirmières du lundi au dimanche, du matin au soir, afin de procéder à 2500 injections anti-Covid en moyenne chaque jour, avec un pic à 4000 doses en juin, avant les vacances estivales.

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