Covid-19 : vers une vaccination des mineurs à l'automne ?

Covid-19 : vers une vaccination des mineurs à l'automne ?

COVID-19 - Les États-Unis ont démarré la vaccination des mineurs de plus de 12 ans. Une telle mesure verra-t-elle le jour en France d'ici la prochaine rentrée scolaire ? Éléments de réponse.

La campagne de vaccination française s'accélère, et s'ouvre désormais à de nouveaux publics. Depuis le début de la semaine, tous les plus de 50 ans sont devenus éligibles, et les 18-49 ans ont désormais la possibilité de réserver les créneaux vacants du jour-même ou du lendemain. En revanche, les mineurs (hormis les 16-18 ans très vulnérables à haut risque face au Covid-19) n'ont pas la possibilité de se faire administrer le vaccin.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Pourtant, même si les cas graves s'avèrent plus rares pour cette catégorie de la population, les mineurs peuvent faire partie des chaînes de transmission, et ainsi contribuer à la circulation du virus. Dès lors, "il faudra probablement les vacciner", a affirmé ce vendredi sur RTL le Pr Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Bichat (Paris) et membre du Conseil scientifique. "On ne les a pas vaccinés au départ parce qu'ils étaient les moins à risque, mais ils jouent un rôle dans la transmission. On les vaccine donc pour les autres."

"Il faudra l'envisager au moment de la réouverture des écoles"

Aux États-Unis, l'âge d'éligibilité à la vaccination a d'ores et déjà été abaissé. Depuis le début de la semaine, les adolescents âgés de 12 à 15 ans peuvent recevoir le vaccin. Il s'agit du deuxième pays à l'avoir autorisé dans le monde, après le Canada quelques jours auparavant.

En France, en revanche, il va encore falloir patienter. Les vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna, les seuls autorisés pour les moins de 55 ans dans le pays, n'ont pas encore été acceptés par les autorités sanitaires européennes pour les jeunes.

Mais tout pourrait s'accélérer. Début mai, l'Agence européenne du médicament a annoncé qu'elle démarrait son évaluation du vaccin de Pfizer pour les 12-15 ans, après l'avoir autorisé en décembre pour tous les plus de 16 ans. Les résultats doivent être communiqués en juin. Le produit de Moderna, que le ministère de la Santé qualifie de "frère jumeau" de Pfizer, pourrait à son tour concerner les mineurs. Des essais cliniques ont débuté ces derniers mois aux États-Unis chez les enfants et adolescents. Selon des résultats publiés par le groupe pharmaceutique, il serait efficace à 96% chez les 12-17 ans.

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Ainsi, les enfants et adolescents pourraient succéder à la population majeure dans les centres de vaccination de toute la France dès la fin de l’été. "S'il n'y a pas de problème de tolérance de ces vaccins, je pense qu'à l'automne, au moment de la réouverture des écoles, il faudra envisager la vaccination des enfants et adolescents en fonction des données que nous aurons", confirme le Pr Yazdan Yazdanpanah.

Nécessaire pour atteindre l'immunité collective...

Une étape presque nécessaire pour venir à bout de l'épidémie. Car selon des travaux des chercheurs l'Institut Pasteur basés sur le niveau de contagiosité du virus actuel, en l'absence de vaccination des enfants, il faudrait que 90% de la population adulte soit vaccinée pour que l'immunité collective soit suffisante.

Un niveau très élevé, que les tranches d'âge prioritaires et vaccinées en premier n'atteignent toujours pas. Selon les données disponibles sur Vaccin Tracker, au 12 mai, 73,3% des plus de 80 ans ont reçu au moins une dose. Un taux qui monte à 82,9% pour les 75-79 ans, et 78,7% pour les 70-74 ans.

... mais contestée par le patron de l'OMS

Toutefois, cette initiative n'est pas du goût de Tedros Adhanom Ghebreyesus, le patron de l'Organisation mondiale de la santé. Il préfèrerait en effet que les doses attribuées aux enfants soient données à Covax, le programme d'aide à la vaccination des pays défavorisés. "Je comprends pourquoi certains pays veulent vacciner leurs enfants et leurs adolescents, mais je vous demande de penser à y renoncer et donner plutôt les vaccins à Covax", a-t-il indiqué ce vendredi.

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