Confinement dans 16 départements : "un pari qui peut fonctionner", assure l’infectiologue Benjamin Davido

Confinement dans 16 départements : "un pari qui peut fonctionner", assure l’infectiologue Benjamin Davido

ÉPIDÉMIE - Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Poincaré, était l’invité de LCI ce vendredi 19 mars. Le docteur a estimé que le format de ce troisième confinement régionalisé était efficace, tout en prévenant que les trois semaines à venir seraient très difficiles dans les hôpitaux.

Alors que 16 départements s’apprêtent à être reconfinés samedi 20 mars, Benjamin Davido, infectiologue et médecin référent de crise Covid-19 à l’hôpital Poincaré, était l’invité de LCI vendredi 19 mars. "Un plan plus serré aurait été compliqué pour un confinement inédit, c’est-à-dire régional", a d’abord avancé le docteur, avant d’estimer que "le pari est fait" et qu’il "peut fonctionner" : "L’idée est de créer une frontière artificielle entre les régions et de limiter le brassage des populations en limitant aux commerces essentiels", dit-il.

Toute l'info sur

La France retrouve le confinement

En effet, ce troisième confinement va ressembler au deuxième de l’automne, mais à quelques différences près : il sera possible de s’aérer, et plus "par parcimonie" comme au printemps, mais dans un rayon de 10 km et sans limite de temps et le couvre-feu, qui reste en vigueur, sera retardé à 19h en raison du changement d’heure le week-end prochain. 

C'est d'ailleurs la première fois depuis le début de cette crise sanitaire que le confinement est doublé d'un couvre-feu nocturne. "La stratégie que je trouve innovante, c’est d’avoir anticipé cette saison printanière et de permettre d’être à l’extérieur plus longtemps", a souligné le Dr Benjamin Davido. L'infectiologue admet par ailleurs que "le nouveau confinement a le mérite d’apporter quelque chose de moins angoissant".

Mais en Île-de-France, qui a échappé jusqu’ici aux confinements partiels à la différence de Nice et de Dunkerque, la tension hospitalière demeure à son maximum et le reconfinement de s'avérer inévitable. "Aujourd’hui, on a dépassé le pic de la deuxième vague, qui était atteint alors même qu’on était confinés", confirme le docteur, qui n’anticipe aucune amélioration possible dans un futur proche : "Les 15 prochains jours, voire les trois prochaines semaines vont être extrêmement difficiles, car le pic n’est pas atteint", poursuit-il. "C’est terrible, parce qu’on en était presque à attendre qu’une place se libère par un défunt pour accueillir un nouveau patient. C’est traumatisant pour les équipes", ajoute-t-il. 

Lire aussi

Dans la région, les lits de réanimation sont actuellement occupés à 104,7% par des malades du Covid - les autres patients graves ayant été déplacés dans d’autres services. Une saturation que connaissent les hôpitaux franciliens depuis le début de semaine et qui s’est aggravée en 24 heures. 

Découvrez la version podcast de "L'interview politique"

Écoutez ce podcast sur votre plateforme d'écoute préférée !

 Chaque matin Jean-Michel Apathie reçoit des invités  politiques de premiers plans pour les interroger sur des questions d’actualité. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : plus de 5.900 malades en réa, 385 décès en 24h

Une personne tuée et une blessée devant un hôpital du 16e arrondissement de Paris, le tireur en fuite

CARTE - Covid-19 : quelle est la situation épidémique dans votre département ?

EXCLUSIF - Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, sort du silence ce soir sur TF1

Pourra-t-on se déplacer normalement cet été ?

Lire et commenter