Pas de confinement : "Un décalage entre la réalité de la crise et les mesures annoncées" déplore le Pr Annane

Pas de confinement : "Un décalage entre la réalité de la crise et les mesures annoncées" déplore le Pr Annane

RÉACTION - Le Pr Djillali Annane, chef d'un service de réanimation, estime que le choix de l'exécutif de ne pas reconfiner dans l'immédiat représente "un pari osé". "À ce rythme, nous dépasserons la barre des 100.000 décès fin mars", alerte-t-il.

La France n'est pour l'instant pas reconfinée, et ce n'est pas du goût de tous les professionnels de santé. À l'issue du Conseil de défense organisé ce vendredi soir, le Premier ministre Jean Castex a en effet estimé qu'"au regard des chiffres des derniers jours, nous pouvons encore nous donner une chance d'éviter" un confinement. Mais pour le Pr Djillali Annane, chef du service de réanimation de l'hôpital Poincaré (Garches), la situation actuelle aurait dû entraîner un troisième confinement. "La réalité que nous vivons, c'est que la tension sur les réanimations est réelle, elle est croissante, et le Premier ministre l'a reconnu", indique-t-il sur LCI (voir vidéo en tête de cet article).

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Selon lui, la situation sanitaire à venir est semblable à "un tsunami", mais "nous décidons de rester sur la plage et de mettre quelques petits tas de sable en espérant endiguer la vague et l'empêcher de causer des dégâts". "Il y a un mois, le gouvernement avait fait le pari osé de ne pas reconfiner", se souvient le Pr Annane. "Il recommence le même pari à nouveau."

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"Depuis une semaine, nous constatons une accélération des contaminations"

Parmi les indicateurs scrutés par Emmanuel Macron pour prendre sa décision, celui des nouveaux cas quotidiens, au-dessus de 20.000 en moyenne. "Ils ne montent pas très vite, mais ils montent", juge le chef de service de réanimation. "Une fois que nous aurons atteint le point d'inflexion, cela montera très vite et il sera trop tard pour agir. C'est ce qui est arrivé en Angleterre. À mon avis, nous commettons la même erreur qu'il y a un an, lorsque nous pensions que ce qui est arrivé en Italie n'arriverait pas en France."

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Pour démontrer que la situation devient de plus en plus critique, Djillali Annane prend l'exemple de son service de réanimation. "Il y a un mois, il y avait 60% de patients atteints du Covid-19. Depuis deux semaines, le service est complet, il n'y a que des patients touchés par ce virus, et nous en refusons tous les jours. Depuis une semaine, nous constatons également une accélération des contaminations au sein des personnels soignants. Il est très vraisemblable que ce soit la marque du variant britannique, dont nous savons qu'il est beaucoup plus contagieux."

Enfin, Djillali Annane redoute les conséquences d'un non-confinement dans l'immédiat. "Il y a un décalage entre la réalité de la crise sanitaire et les mesures annoncées aujourd'hui. Le gouvernement considère probablement que les risques sur le plan social et économique sont supérieurs aux avantages sanitaires du confinement. C'est un pari osé. Si nous continuons à ce rythme, fin mars, nous aurons dépassé la barre des 100.000 décès." Car selon lui, "les mesures prises ne permettent pas de contrôler l'épidémie". "Regardez le variant britannique : nous étions entre 1 et 3% début janvier, nous sommes à 10% aujourd'hui, malgré toutes les mesures", conclut-il.

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