Variants : inquiète, l'OMS appelle à accélérer la vaccination en Europe

Variants : l'inquiétude de l'OMS

URGENCE - En France comme ailleurs en Europe, la campagne de vaccination patine ces dernières semaines. Inquiète face à la propagation rapide des variants, l'OMS Europe appelle à accélérer la vaccination sur le continent.

Depuis plusieurs semaines, les rendez-vous pour la primo-vaccination contre le Covid-19 se font rares en France. Les retards de livraison et les tensions entre Bruxelles et certains fabricants ont fortement ralenti la campagne de vaccination menée dans le pays. Ce vendredi cependant, l'OMS dit toute son inquiétude quant à l'émergence des variants. Elle appelle l'Europe à accélérer le rythme, avec l'appui de tous les laboratoires. Pour le moment, à peine 2,5% de la population a reçu une première dose. 

"Nous devons unir nos forces pour accélérer la vaccination", a appelé le directeur régional de l'organisation Hans Kluge lors d'un entretien à l'AFP. "Des entreprises pharmaceutiques d'habitude concurrentes doivent unir leurs efforts pour augmenter drastiquement les capacités de production, c'est de ça dont nous avons besoin", a insisté le responsable basé à Copenhague, se disant "inquiet" quant à l'efficacité des actuels vaccins anti-Covid contre les nouveaux variants. Pour lui, ceux-ci sont "un rappel cruel que le virus a encore le dessus sur l'être humain".

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37 pays européens touchés par la souche britannique

Sur les 53 pays de la région européenne pour l'OMS (dont plusieurs pays d'Asie centrale), 37 ont enregistré des cas liés à la nouvelle souche dite britannique et 17 nations des cas provenant de la souche sud-africaine, selon les dernières données. En France, le variant britannique représente désormais 14% des contaminations, selon le dernier bulletin épidémiologique de Santé Publique France, publié jeudi, contre un peu plus de 3% début janvier. Le variant sud-africain, lui, représenterait entre 1 et 2% des cas. Jeudi, Olivier Véran a annoncé que les quatre premiers cas de variant brésilien avaient d'autre part été détectés sur le territoire, "notamment dans le Var, dans la région Aura (Auvergne-Rhône-Alpes) et à La Réunion". Il avait précédemment été repéré en Allemagne.

Le tunnel est un peu plus long que nous ne le pensions en décembre, mais cela va rester une année plus gérable.- Hans Kluge, directeur de l'OMS Europe

Si la situation semble aujourd'hui plus difficile qu'au moment de l'arrivée des premiers vaccins, le responsable de l'OMS Europe a appelé à rester optimiste. "Je suis honnête : je pense que le tunnel est un peu plus long que nous ne le pensions en décembre, mais cela va rester une année plus gérable" que l'an passé, affirme Hans Kluge. "La 'solution' ou la 'stratégie' n'existent pas. Nous devons être meilleurs dans ce que nous faisons et nous sommes en train de nous améliorer", dit-il, encourageant.

Partager avec les pays aux revenus modérés pour limiter la flambée de la pandémie

Alors que 65% des doses qui ont actuellement été administrées dans le monde l'ont été dans les pays à revenu élevé, selon les critères de la Banque mondiale, le directeur régional de l'OMS a réitéré les appels à la solidarité envers les pays qui ne peuvent pas se fournir en vaccin, suggérant aux pays riches d'accélérer le partage de leurs doses avec les pays pauvres après avoir atteint un certain niveau de vaccination. "Peut-être que si les pays de l'UE atteignent 20% de vaccination de leur population - 20% ça veut dire les personnes âgées, les personnels de santé, les personnes avec des comorbidités, cela pourrait être le moment de partager des vaccins", a-t-il suggéré.

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Jeudi, la commissaire en charge des partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, a annoncé que le dispositif onusien Covax allait distribuer ses vaccins dans 18 pays, dont 12 à revenu faible ou moyen, à partir de fin février. Le Pakistan, l'Algérie, Gaza, le Nigéria, mais aussi l'Inde font partie des pays concernés. Piloté par l’OMS, Covax vise à fournir d’ici à la fin 2021 des doses à 20% de la population des 190 nations participantes. Il comporte un mécanisme de financement à l’intention des pays défavorisés. 

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