Quatrième vague du Covid : s'agit-il d'une "épidémie de jeunes", comme la décrit Olivier Véran ?

Quatrième vague du Covid : s'agit-il d'une "épidémie de jeunes", comme la décrit Olivier Véran ?

ALERTES - Le ministre de la Santé met en garde contre les conséquences d'une quatrième vague, déjà présente sur notre territoire. Les jeunes sont en première ligne, explique-t-il. Plusieurs indicateurs épidémiologiques abondent en ce sens.

En cette mi-juillet, le nombre d'hospitalisations liées au Covid-19 reste limité. Une situation qui permet aux soignants de souffler quelque peu, mais les autorités sanitaires craignent de la voir évoluer rapidement. En cause notamment : la hausse très rapide des contaminations, alors même que moins de 44% des Français sont pleinement vaccinés. 

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Invité de RTL ce mardi, le ministre de la Santé a alerté sur les effets d'une 4e vague qui "est là", selon ses propres mots. Et mis en avant le fait que le Covid-19 aujourd'hui serait "une épidémie de jeunes". Une affirmation que l'on peut analyser via le prisme des données récoltées et partagées par Santé Publique France.  

Une vaccination moindre

Plusieurs éléments ont été soulevés par Olivier Véran. Le fait que "les 15-30 ans, et même les 20-30 ans, ont le taux d'incidence le plus élevé" par exemple. Il a notamment mis en avant la situation dans les Pyrénées-Orientales, qui affiche un "taux d'incidence [...] de plus de 1.000 chez les jeunes". L'autre élément central à ses yeux ? La vaccination, moins étendue au sein de ces tranches d'âge. Il dresse alors un parallèle avec les personnes âgées, décrites comme plus protégées.

Si l'on se focalise sur les taux d'incidence, il est très net que les tranches d'âges les plus jeunes se trouvent aujourd'hui en première ligne. Le graphique ci-dessous, issu du site Covidtracker, illustre les variations importantes observées à l'heure actuelle.

Les 20-39 ans sont de loin ceux qui se contaminent le plus depuis plusieurs semaines, alors que les plus de 60 ans affichent un taux d'incidence toujours faible. Les données de la plateforme Géodes permettent par ailleurs de constater que parmi les 20-39 ans, ce sont surtout les 20-29 qui sont les plus touchés par le virus. Une tranche d'âge au sein de laquelle on retrouve beaucoup d'étudiants, ainsi que de jeunes actifs avec une importante vie sociale durant la période estivale. 

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Le département des Pyrénées-Orientales, mis en exergue par Olivier Véran, illustre de manière encore plus nette cette tendance. Le taux d'incidence y a explosé parmi certaines classes d'âge et dépasse 1 300 pour les 20-29 ans.

L'enjeu de la vaccination

Pour éviter que l'épidémie ne poursuive sa progression, le ministre de la Santé plaide pour une vaccination massive. S'il met surtout en avant le rôle des jeunes, c'est que la part de vaccinés parmi s'avère assez largement inférieure à celle des plus âgés. Le contraste apparaît majeur avec les plus de 60 ans, parmi lesquels on observe une proportion de vaccinés environ deux fois supérieure.

Le fait que les jeunes puissent véhiculer massivement le virus autour d'eux inquiète. A fortiori étant donné que les scientifiques estiment qu'une personne atteinte du Covid-19 avec le variant Delta le transmettra en moyenne à sept autres individus. Dans une période de vacances, propice aux voyages et aux retrouvailles en famille, freiner la propagation constitue alors un enjeu majeur.

Dans le même temps, convaincre les moins de 40 ans de se faire vacciner n'est pas forcément aisé. En raison pour partie du risque assez réduit de développer des formes graves parmi ces classes d'âge. La répartition des décès quotidiens en fonction de l'âge des patients met en lumière une surreprésentation des séniors, ce qui peut laisser penser à tort que pour les plus jeunes, l'épidémie serait anecdotique.

Sur le plateau de LCI, l'épidémiologiste et Pr de Santé publique au CHU de Lille  Philippe Amouyel a indiqué redouter la fin de la période estivale. En effet, à la rentrée, "les jeunes et les moins jeunes vont se retrouver", avec le risque majeur qu'ils "contaminent des sujets plus âgés qu'eux et pas encore vaccinés et potentiellement fragile". Une situation que le spécialiste voudrait éviter, craignant alors un afflux de patients vers les hôpitaux.

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