Réouverture progressive : quelle pourrait être la situation épidémique mi-mai ?

Réouverture progressive : quelle pourrait être la situation épidémique mi-mai ?

PROJECTIONS - Emmanuel Macron présidera jeudi 15 avril une réunion pour préparer la réouverture progressive des nombreux lieux toujours fermés, attendue pour mi-mai. À quel stade l'épidémie pourrait-elle se situer dans un mois ?

Après les nouvelles restrictions, place aux réouvertures. Près de deux semaines après le début des mesures nationales pour contrer la troisième vague de Covid-19, l'exécutif travaille sur le retour à une vie plus normale. Ce jeudi 15 avril, le président de la République Emmanuel Macron dirigera une réunion pour examiner les protocoles de réouverture des lieux fermés.

Lors de sa dernière allocution, le 31 mars dernier, le chef de l'État avait assuré aux Français que "dès la mi-mai, nous recommencerons à ouvrir avec des règles strictes certains lieux de culture". L'ouverture "sous conditions" des terrasses est aussi au menu. Cette fois, Emmanuel Macron n'a pas conditionné ces réouvertures aux indicateurs de l'épidémie, contrairement au plan initial de début janvier. Après le deuxième confinement, le retour à une vie plus normale était prévu une fois la France descendue sous la barre des 5000 contaminations quotidiennes. Un palier jamais atteint.

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La France face à une 3e vague d'ampleur

Si plusieurs de nos voisins commencent petit à petit à se déconfiner, et notamment le Royaume-Uni, la France n'est pourtant pas dans une situation épidémique privilégiée. Selon les données du 13 avril, plus de 39.000 cas ont été enregistrés dans le pays en 24 heures et le nombre de personnes admises en réanimation pour une infection au Covid-19 continue de croître, après avoir dépassé le pic de la deuxième vague.

5000 cas par jour mi-mai ? Tout dépend du taux de reproduction

Dans un mois, le gouvernement espère toutefois que la pression épidémique sera nettement affaiblie. Une hypothèse crédible lorsque l'on observe les indicateurs actuels. "L'évolution du taux d'incidence dans les départements confinés le 19 mars montre un plateau du 29 mars au 4 avril", indique à LCI Pierrick Tranouez, modélisateur à l'université de Rouen Normandie. "La progression de l'épidémie a été arrêtée, mais le nombre de cas est resté à un niveau très élevé. À partir du 5 avril, il y a eu une vraie descente. Certes, le jour férié (lundi de Pâques, ndlr) a perturbé les mesures, mais même avec le rattrapage des données, le niveau semble en-dessous de celui atteint début avril."

Et la fermeture des écoles pourrait déjà produire ses effets. "Lorsque nous analysons par tranche d'âge, nous voyons que cette mesure a déjà eu une belle efficacité", continue Pierrick Tranouez. "En Seine-Maritime par exemple, le taux d'incidence entre le 4 et le 10 avril, a énormément baissé pour la tranche d'âge 10-19 ans. Même chose pour l'Île-de-France." En région parisienne, il s'élevait à 900 cas pour 100.000 jeunes de 10 à 19 ans au 3 avril, contre 561 une semaine plus tard.

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Si la tendance est identique dans les prochaines semaines, le nombre de cas pourrait donc significativement baisser d'ici à mi-mai. Selon Antoine Flahault, épidémiologiste et médecin de santé publique, tout dépend du taux de reproduction du virus (le nombre de personnes que contamine en moyenne un malade). "Si ce taux est autour de 0,7 (il était descendu à 0,6 au cours du deuxième confinement, ndlr), nous pouvons espérer une diminution par deux du nombre de nouvelles contaminations toutes les semaines", estime-t-il au micro d'Europe 1. "Il faudra donc trois semaines supplémentaires pour mener les nouvelles contaminations de 40.000 à 5.000 par jour."

Selon CovidTracker, ce taux est actuellement estimé à 0,98 en France métropolitaine, en baisse continue depuis plusieurs jours. Plus celui-ci est faible, plus la situation à la mi-mai sera avantageuse pour rouvrir les lieux fermés. 

Vers un déclin des hospitalisations dès la semaine prochaine ?

Autre indicateur particulièrement scruté par le gouvernement : la saturation hospitalière. "Les pics d'hospitalisations ont tendance à suivre les pics de contaminations de 10 à 14 jours", rappelle Pierrick Tranouez. "Si les taux d'incidence ont effectivement atteint leur maximum au cours de la semaine du 4 au 10 avril, nous pouvons espérer le début de la baisse des hospitalisations dans les premiers départements confinés entre le 19 et le 23 avril, et entre le 26 et le 30 pour les autres." 

Si la courbe des contaminations suit sa tendance actuelle, le nombre de patients à l'hôpital pour une infection au Covid-19 sera donc moins important à partir du mois de mai. Mais le personnel hospitalier ne s'attend pas pour autant à souffler d'ici le début de l'été. "Nous nous attendons encore à avoir une majorité de patients avec le Covid-19 en réanimation pendant tout le mois de juin", expliquait ces derniers jours sur LCI le Pr Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation de l'hôpital Lariboisière (Paris).

D'autant que la situation sanitaire demeure fragile. "Nous ne sommes qu'au tout début de la baisse du taux d'incidence", précise Pierrick Tranouez. "Nous ne savons pas si cela va significativement baisser ou non, ou si cela va remonter... Ce qui est certain, c'est que cela a commencé à s'infléchir. Mais auparavant, ce cocktail de mesures n'avait jamais été tenté. Il reste donc difficile de quantifier dans les modèles l'influence de ces restrictions sur l'évolution de l'épidémie."

20 millions de primo-vaccinés mi-mai, l'objectif du gouvernement

Parallèlement, la campagne de vaccination suit son cours. Malgré les déboires successifs d'AstraZeneca puis Johnson & Johnson, le nombre de Français vaccinés avec au moins une dose continue de progresser chaque jour. Selon les dernières données, plus de 11,5 millions de personnes ont reçu leur première injection dans le pays.

Après avoir réussi le pari des 10 millions avant la mi-avril, le gouvernement espère désormais avoir en partie protégé 20 millions de Français d'ici mi-mai, puis 30 millions au 15 juin. "Nos capacités sont confirmées pour remplir ces objectifs", assure d'ailleurs le ministère de la Santé.

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