Dix-huit bébés hospitalisés à cause de chenilles processionnaires dans la cour d'une crèche

Dix-huit bébés hospitalisés à cause de chenilles processionnaires dans la cour d'une crèche

INVASION - Les chenilles processionnaires ont encore frappé. La semaine dernière, vingt personnes, dont 18 bébés, ont été hospitalisées après avoir été en contact avec ces larves de papillon dans la cour d'une crèche. Très urticantes, elles sont amenées à être de plus en plus présentes sur le territoire. En cause : le réchauffement climatique.

Vendredi dernier, dix-huit bébés et deux adultes étaient conduits à l’hôpital après avoir été en contact avec des chenilles. Ces larves, dites processionnaires, sont tombées d’un arbre tout près de la cour d’une crèche des Bouches-du-Rhône. Recouvertes de poils urticants, elles ont provoqué, au contact de la peau de leurs victimes, de grosses réactions allergiques. "Ces soies, en forme de harpons, peuvent se fixer sur l’épiderme, les yeux ou les voies respiratoires de quiconque s’approche de l’insecte. Il suffit alors de se gratter pour qu’elles se cassent et diffusent dans l’organisme une protéine toxique appelée thaumétopoéine", explique l’Inra sur son site internet.

Les enfants comme les adultes sont rapidement sortis de l’hôpital, où les poils urticants ont été retirés et la peau apaisée. Si les réactions n’ont cette fois pas été trop lourdes, il peut arriver que certaines victimes développent un œdème, voire, de façon très rare, subissent un choc anaphylactique. Cette réaction allergique exacerbée, pouvant engager le pronostic vital, nécessite une hospitalisation d'urgence.

Une prolifération portée par le réchauffement climatique

Depuis quelques semaines déjà, les chenilles processionnaires sortent de leurs nids, perchés dans les arbres. Par centaines, elles rejoignent la terre ferme afin de trouver un endroit propice où se métamorphoser en papillons. Depuis la fin des années 1990, les larves sont de plus en plus nombreuses en France. La faute aux hivers trop doux qui favorisent la survie  des populations. "La processionnaire du pin est une des quelques espèces d'insectes pour lesquelles le rôle du changement climatique dans l'expansion des populations en latitude et altitude a été clairement établi…", explique l’Inra. "L'insecte a ainsi naturellement progressé de plus de 100 km en 20 ans en France". Son territoire s'étend aujourd'hui en ligne droite d'Annecy à Brest, mais aussi en Auvergne, dans le Sud-Ouest et en Alsace.

La menace environnementale de la chenille

Au-delà de la menace sanitaire qu'elle représente pour les êtres humains et les animaux domestiques, la chenille processionnaire est aussi un nuisible redouté. Se nourrissant d'aiguilles de pin, elle est capable de détruire plusieurs hectares de pinède en quelques semaines. Défoliés, les arbres ne croissent alors que très lentement et sont plus vulnérables aux attaques d'autres nuisibles. Les risques d'incendie sont aussi plus importants, l'ombre étant moins présente dans les zones attaquées. De nombreuses communes se battent aujourd'hui contre leur invasion. À Anglet dans le Pays basque, le maire a décidé de faire installer des nichoirs à mésanges, oiseaux très friands de ces chenilles. À Digne-les-Bains, la ville a installé l'an dernier des pièges à goulet d'étranglement sur le tronc de ses pins.

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En vidéo

L’observation des chenilles processionnaires

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