Bio, filtres minéraux... Comment bien choisir sa crème solaire qui ne pollue pas ?

Bio, filtres minéraux... Comment bien choisir sa crème solaire qui ne pollue pas ?
Santé
DirectLCI
PROTECTION - En touriste responsable, "de crème solaire, tu te tartineras". C'est un commandement auquel vous n’échapperez pas cet été. Mais voilà que son utilisation est décriée dans la préservation des océans. Les alternatives ne manquent pas sur le marché. Mais que valent-elles vraiment ? Plusieurs spécialistes apportent leurs éclairages.

"D’abord la jambe gauche, toujours. Puis la jambe droite". L’été, il y a un rituel auquel on ne déroge pas : l’application de la crème solaire. Plusieurs fois par jour. Après chaque baignade. En cas de sudation. Ce geste, somme toute préventif, causerait pourtant du tort à l’environnement. C’est en tout cas ce que s’accordent à expliquer plusieurs études menées depuis quelques années. La plus récente - Archives of Environnemental Contamination and Toxicology - met en cause plusieurs composants qui contribueraient au blanchiment du récif corallien. Chaque année, pas moins de 25.000 tonnes de produits anti-UV  sont répandus dans les mers.


Voilà ce qui a poussé plusieurs pays à passer à l’action. Le Mexique, d'abord, et Hawaï, dernièrement. Cet État américain a tout bonnement interdit, à compter de début 2021, certains types de crèmes solaires. "Aujourd’hui, on fait passer la nature avant l'homme... Il risque de germer dans la tête des patients de ne pas se protéger", s'inquiète une dermatologue que nous avons jointe. Evidemment, se protéger du soleil reste indispensable !

Pas plus de raison d'avoir peur (de l'oxybenzone)Professeur Marie-Thérèse Leccia

Ces crèmes pointées du doigt contiennent toutes de l’oxybenzone, "un des filtres chimiques qui est utilisé comme absorbeur (coupeur) d’UV", nous résume le professeur Marie-Thérèse Leccia, présidente du groupe cancérologie cutanée de la Société Française de Dermatologie. Le même type de filtre que vous trouvez également dans les produits d'hygiène - gel douche, shampooings - les lessives ou même l'alimentation, étaye la spécialiste. Une version corroborée par la dermatologue Frédérique Fiszenson-Albala. "Il est (l'oxybenzone, ndlr) beaucoup utilisé par de très grandes marques". 


Il y a moins de deux ans déjà, 60 Millions de consommateurs alertait justement sur la composition de 170 gels douche, dentifrices, shampoings ou crèmes solaires contenant des substances jugées "indésirables" parce qu'irritantes, polluantes ou perturbatrices du système endocrinien. L'oxybenzone était cité. Faut-il s'en inquiéter pour autant ? "Il n’y a pas plus de raison d’en avoir peur qu’un autre filtre chimique. Comme tous les filtres chimiques, il peut y avoir un potentiel allergisant ou auto-allergisant. Il n’y a pas eu d’alerte donnée", assure Marie-Thérèse Leccia.

Crèmes solaires à filtres minéraux, l'alternative sûre

La crème solaire à filtres minéraux est une alternative aux filtres chimiques. Sa particularité : elle blanchit la peau. Un effet dû essentiellement au dioxyde de zinc et à l’oxyde de titane. Sa cible : "Les gens qui ont de gros problèmes allergiques ou bien, surtout, les bébés, les petits enfants", explique notre interlocutrice. 


Comment bien la choisir ? Concrètement, "il faut prendre celles estampillées par le contrôle européen (CE) ou se référer sur le site de la Haute Autorité de Santé, recommande le professeur Leccia. Ces crèmes "obéissent à une réglementation européenne très précise. Ça veut dire qu’il y a des contrôles très précis par rapport aux produits qui les composent, par rapport à la définition de leur indice de protection et par rapport au marketing des consommateurs". Le risque d'accident est donc minimisé.

Avène -  Spray solaire SPF 50 - 11,99 €

Uriage - Crème minérale SPF 50 - 13,30 €

Phyt's - Crème solaire Protectrice SPF 30 - 25,19 €

Quid des crèmes solaires bio ?

Bien que sollicitées, les crèmes bio, elles, "n’obéissent pas au même circuit de contrôle. Il y a une grosse diversité dans les crèmes bio et on n’est pas capables aujourd’hui de pouvoir cautionner sur le plan scientifique la validité de l’affichage", explique Marie-Thérèse Leccia. Ou alors "ça se saurait", ajoute la dermatologue Frédérique Fiszenson-Albala. "Le problème des crèmes bio, c'est qu'on n’utilise pas toujours les filtres nécessaires. Une huile d’amende douce ne protège pas forcément du soleil", explique le médecin.

Il suffit de se pencher sur le premier modèle venu pour s'en rendre compte. Dans la description du produit, on peut lire : "Sans parfum, sans alcool et testé sous contrôle dermatologique pour une formule ultra-douce spéciale pour les peaux sensibles (...) contient des filtres minéraux d’origine naturelle efficaces sur les UVA et UVB. Riche en Bisabolol et en huile végétale de Sésame". 


"Qui peut croire que cela peut protéger des UVA et UVB ?", s'indigne la dermatologue. "Très souvent, les crèmes bio revendiquent le fait d’utiliser des plantes. Les végétaux détiennent des pouvoirs médicaux très importants. On s’en sert pour faire des médicaments, des vertus antioxydantes, etc… Mais les végétaux peuvent aussi donner des allergies ou être photosensibilisants (qui provoque une réaction anormale à la lumière solaire, ndlr). Il faut quand même être méfiant par rapport à ce qu’il y a dans la crème bio en termes de produits bio. C’est ce qui favoriserait effectivement des allergies ponctuelles", précise de son côté le professeur.

Les crèmes solaires DIY, ne vous y risquez pas

"Comment Faire Votre Crème Solaire 100 % Naturelle", "Comment fabriquer facilement sa propre crème solaire"... Il suffit de se rendre sur Google pour constater que la folie du Do it Yourself ("faites-le vous-mêmes") gagne le cosmétique. Oui, mais il y a quand même des limites. "La crème maison, je ne m’y risquerais pas", assure la spécialiste. "Le risque, c’est d’abord de ne pas avoir le bon indice de protection. Je ne vois pas comment on peut faire à la maison une crème avec un indice de protection correct, vu la complexité. C’est de la haute technologie de composer sa crème solaire efficace et sans risques. C’est la raison pour laquelle on a besoin des industries cosmétiques", précise-t-elle. Même son de cloche du côté de la dermatologue Frédérique Fiszenson-Albala qui a tendance à recommander à ses patients les crèmes "sans paraben". 

Quelques conseils pratiques

Ainsi, lorsque vous vous retrouverez dans le rayon "crèmes solaires", veillez à bien respecter les critères suivants : 


- Estampillage "Contrôle Européen"

- Indice de protection supérieur à 30 (minimum)

- Notification UVB / UVA


Quant à l'application de la crème solaire, il y a aussi quelques règles fondamentales à suivre : 


- Appliquer avant de sortir ou d’aller à la plage

- Renouveler l'application de la crème toutes les deux heures au moins (recommandations européennes et OMS)

- Renouveler en cas de sudation ou de baignade, particulièrement pour les enfants


Vous l'aurez compris, cet été, sortez couvert ! 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter