Crise à l’hôpital : plus de 1.200 médecins menacent de démissionner de leurs fonctions administratives

Crise à l’hôpital : plus de 1.200 médecins menacent de démissionner de leurs fonctions administratives
Santé

ULTIMATUM - La décision est symbolique : pour de ne plus participer à la gestion du manque de moyens à l’hôpital, plus de 1.200 médecins hospitaliers, dont 600 chefs de services, sont prêts à démissionner de leurs fonctions administratives si la ministre de la Santé ne prend pas des mesures. Ils jugent insuffisant le plan d’urgence présenté précédemment.

"Inédite et difficile" : c’est ainsi que les médecins des hôpitaux décrivent leur décision de démissionner collectivement de leurs fonctions administratives à partir de ce 14 janvier, si aucune négociation n’est engagée à cette date avec la ministre de la Santé sur le budget et les salaires de l’hôpital. Avec la lettre publiée par Libération ce mardi, c’est un véritable bras de fer qu’ils engagent avec Agnès Buzyn.

Tous les services, tous les hôpitaux et toutes les régions sont concernés. Au total, plus de 1.200 médecins hospitaliers, dont quelque 600 chefs de service, menacent de suspendre toute participation aux instances de l’hôpital. Un arrêt symbolique, mais qui affecterait la vie hospitalière, comme le souligne Libération.  

"L'hôpital doit être réformé, mais il n'y a pas de grande réforme possible sans moyens", écrivent dans leur lettre les signataires, des "chefs de service, responsables d'unités fonctionnelles" et autres "responsables de pôles" issus de toute la France. Ils dénoncent "l'insuffisance du plan d'urgence" que la ministre a dévoilé fin novembre avec le Premier ministre Édouard Philippe après huit mois de crise. 

Revalorisation des salaires

Plus de la moitié d'entre eux s'étaient engagés mi-décembre à envoyer cette lettre à Agnès Buzyn une fois atteint le palier de 1.000 signataires, à l'initiative du collectif Inter-Hôpitaux (CIH). Tous réclament "une revalorisation significative des salaires, en plus des diverses primes annoncées", une rallonge supplémentaire de 600 millions d'euros pour les hôpitaux en 2020 et "une révision profonde" de leur mode de financement et de leur gouvernance. "Le démantèlement en cours de l’hôpital public coûtera beaucoup plus cher à la société que l’investissement massif qui doit être réalisé", affirment-ils.

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"Nos revendications sont tout à fait raisonnables", a estimé auprès de l'AFP le Dr Olivier Milleron, cardiologue à l'hôpital parisien Bichat et porte-parole du CIH. "On n'imagine même pas ne pas être reçus" par la ministre, a-t-il ajouté.

Interrogée sur cette démarche lundi sur franceinfo, Agnès Buzyn s'est à nouveau dite consciente du "découragement des soignants" qui "est ancien" et a rappelé les mesures déjà annoncées pour permettre notamment "aux hôpitaux qui en ont besoin de rouvrir des lits ou d'embaucher du personnel". La promesse d'une reprise d'un tiers de la dette hospitalière, soit 10 milliards d'euros, sur trois ans, sera amorcée "au deuxième semestre" de l'année 2020, a-t-elle annoncé. De quoi dégager, selon elle, "entre 800 millions et 1 milliard d'euros par an de trésorerie" pour les établissements.

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