Crise du coronavirus : faire appel aux grands-parents pour garder les enfants ? Le dilemme des familles

Crise du coronavirus : faire appel aux grands-parents pour garder les enfants ? Le dilemme des familles
Santé

TÉMOIGNAGES - Lundi 16 mars, 12 millions d’élèves ne prendront plus le chemin de l’école afin de "limiter la circulation" du virus et d’ici là, leurs parents doivent trouver une solution pour les garder. Si d’habitude, le recours aux grands-parents est une solution bien pratique, cette fois-ci, elle vient s’entrechoquer avec la nécessité de se tenir à distance des personnes de plus de 70 ans afin de les protéger. Voici vos témoignages.

Habituellement, en cas de grève des enseignements, de fermeture de la cantine ou de maladie, le recours aux grands-parents est la solution pour beaucoup de parents. Mais, Emmanuel Macron l’a dit jeudi 12 mars: les personnes de plus de 70 ans doivent au maximum limiter le contact avec les autres. 

D’habitude, la belle-mère de Romain débarque à Paris, telle Mary Poppins, au moindre coup de froid d’un de ses deux petits-enfants. Mais là, elle a déclaré forfait : "Elle devait venir la semaine prochaine mais comme son mari souffre d’un cancer et a plus de 70 ans, le risque est trop grand, pour elle comme pour lui". Romain et sa compagne opteront donc pour le télétravail. 

Marc et Caroline hésitent. Avec trois enfants dont deux au collège, ils les auraient bien envoyés à la campagne chez les grands-parents, ne serait-ce que pour qu’ils ne passent pas plusieurs semaines dans l’appartement parisien sans possibilité d’aller à la bibliothèque ou à la piscine (fermées), au cinéma (sans doute fermé), de faire du sport (toutes les activités ont été annulées) etc. Mais les grands-parents ont respectivement 75 et 74 ans et n’est-ce pas leur faire courir un trop grand risque ? 

Lire aussi

Pas d’hésitation possible pour Solène. Sa belle-sœur a été catégorique sur le groupe WhatsApp familial : "Personne ne fait garder ses enfants par maman !"  Elle aussi passera en télétravail pour garder ses trois enfants. Laure, architecte, a un concours important la semaine prochaine et se pose elle aussi la question de partir se mettre au vert chez ses parents pour pouvoir travailler, tandis que ses deux enfants de 5 et 2 ans seront gardés par papa et maman. "J’hésite, car le Président a bien précisé qu’il fallait éviter que les enfants côtoient les personnes plus de 70 ans en ce moment. En même temps, c’est la campagne, ils seront dans le jardin". Sa décision n’était pas encore prise ce matin.

Fadila, technicienne à l’assurance maladie, croule sous le travail en ce moment, notamment avec les arrêts maladies liés au coronavirus. Sa mère avait d’ailleurs accepté de garder ses trois enfants âgés de 1, 4 et 5 ans. Puis "la raison a eu gain de cause. Ma mère a un pacemaker et de la tension, je n’ai pas envie de la mettre en danger". Sans possibilité de télé-travailler, elle déclenchera un arrêt maladie, en espérant que dans deux semaines, ça ira mieux.

J'ai l'impression d'être punie, je vais trouver le temps long- Marine

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

La progression du Covid-19 dans le mondeCoronavirus : en France, l'épidémie est-elle en train de se terminer ?

Et les grands-parents, qu’en pensent-ils ? Sur notre appel Facebook, Kiki affirme : "heureusement, mes petits-enfants ont une solution de garde car j’aurais été dépitée de ne pas pouvoir m’occuper d’eux". Marine les garde habituellement le mercredi et certains soirs. Là, ses filles préfèrent qu’elle garde ses distances : "J’ai l’impression d’être punie. Je vais trouver le temps long", nous confie-t-elle. 

Dominique avait tout de suite proposé à sa fille de garder ses deux petits-enfants à l’annonce de la fermeture des écoles mais c’est celle-ci qui a refusé. "J’ai appelé le numéro vert et ils m’ont confirmé qu'elle avait raison". Situation inverse pour Aurore. Elle avait fait appel à ses parents pour garder son fils de 3 ans mais ils ont dit non. Aurore comprend leur décision : "C’est une situation exceptionnelle et inquiétante quand même". Beaucoup de témoignages comme ce dernier. Un non inhabituel. Une décision qu’ils ne prennent pas de gaieté de cœur… en attendant des jours meilleurs. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent