Décès liés à la panne des numéros d'urgence : ce que l'on sait

Décès liés à la panne des numéros d'urgence : ce que l'on sait

BILAN - Plusieurs personnes sont décédées alors que les dysfonctionnements des numéros des services d'urgence empêchaient d'alerter les secours, entre le 2 juin et le 3 juin. Si les liens de cause à effet restent à établir, plusieurs enquêtes ont déjà été ouvertes.

De mercredi après-midi jusqu'à au moins jeudi soir, ce qui pour l'instant serait une "défaillance logiciel" ayant touché les six sites de l'opérateur Orange avait paralysé le fonctionnement des numéros de secours dans toute la France. Partout sur le territoire, des personnes en situation d'urgence ont rencontré d'importantes difficultés pour joindre les services. Pour certaines, ce dysfonctionnement a, semble-t-il, été fatal.

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Panne géante des numéros d'urgence

Le Premier ministre l'a confirmé ce matin, alors qu'il visitait la caserne de pompiers parisienne de Champerret : "Malheureusement, nous déplorons des victimes qui sont susceptibles d'avoir été causées par ce grave incident". Selon les premières remontées de Jean Castex, "il y en a quatre présumées, sous réserve de ce que diront les enquêtes judiciaires ouvertes." Son ministre de la Santé, Olivier Véran, estimait hier que les causes de "trois ou quatre" décès demandaient un approfondissement. 

En l'état, on peut déjà identifier trois situations distinctes au moins, où des malades sont décédés alors qu'eux-mêmes ou leurs proches n'avaient pas pu rentrer en contact avec les services d'urgence à un moment critique. Dans chacun des cas, le lien de cause à effet reste à démontrer, et c'est à cette fin que plusieurs enquêtes ont été ouvertes.

À la Réunion : vingt minutes d'appels sans réponse

À leur arrivée sur les lieux, les secours n'ont pu que constater le décès de l'homme, qui avait fait un arrêt cardio-respiratoire. Son épouse avait tenté en vain de joindre le 15 pendant une vingtaine de minutes. C'est une amie qui a finalement obtenir la communication et "a fourni l'adresse de la victime en signalant que celui-ci avait des difficultés à respirer.  Une ambulance a été immédiatement engagée par le Samu", ainsi que le rapporte le communiqué préfectoral

Pour la préfecture, on ne peut que constater que "l'absence de contact direct entre l'épouse et le Samu du fait des problèmes de réseau n'aura pas permis de caractériser précisément la situation médicale de la victime avant l'engagement des secours".  Le préfet de la Réunion avait aussi évoqué hier un second cas possible sur l'île, pour lequel "des investigations sont en cours".

Mort d'un bébé en Vendée : une enquête ouverte

Lorsque le SMUR pédiatrique de Nantes est arrivé jeudi matin au domicile de cette famille à  Chavagnes-en-Paillers, il était déjà trop tard. La mère d'un enfant de 28 mois avait tenté "pendant une heure de joindre sans succès le 18 puis le 15", selon le préfet de Vendée, Benoît Brocard, avant de composer le numéro de secours à 10 chiffres. Ce délai a-t-il été fatal à l'enfant, mort d'un arrêt cardio-respiratoire ?  

Pour le préfet,  "il apparaît qu'il y a un doute quant aux conséquences que ce dysfonctionnement aurait pu avoir dans le délai d'appel. C'est ce doute légitime qui nous conduit à demander une enquête administrative", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse jeudi soir.

À Vannes, conduit aux urgences par sa conjointe

Dans le Morbihan, c'est un homme de 63 ans qui est décédé mercredi soir d'un arrêt cardio-vasculaire, alors que les services d'urgence de l'hôpital de Vannes tentaient de le réanimer. Il avait été "conduit en voiture par sa conjointe au vu des difficultés constatées pour joindre les services de secours", a expliqué lors d'une conférence de presse le secrétaire général de la préfecture du Morbihan, Guillaume Quenet. Après plusieurs vaines tentatives de joindre le 15 ou le 112, son épouse avait décidé de l'emmener elle-même aux urgences.

Présent lors de la même conférence de presse, le directeur du Centre hospitalier Bretagne Atlantique, Philippe Couturier, a demandé une enquête administrative et une enquête judiciaire "de manière à ce qu'on puisse pleinement répondre à la 

famille". En l'état, selon M. Couturier "les éléments ne permettent pas de conclure de manière tranchée" à la question du lien entre le décès et la panne des numéros de secours.

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Un 4e cas

Si le bilan provisoire avancé par Jean Castex est amené à évoluer, il a mentionné une 4e situation, devant là encore être investiguée. Aucun détail n'a été donné jusque-là par les autorités.

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