Dépakine : "J'ai le sentiment d'avoir empoisonné mes enfants"

Santé

TEMOIGNAGE - Alors qu’elle était enceinte, les médecins ont conseillé à Prescillia Mora de la Dépakine pour soulager son épilepsie. Résultat : trois de ses enfants sont atteints de troubles comportementaux. Elle tenait à témoigner auprès de metronews.

Un sentiment de culpabilité. Voilà le sentiment qui envahit aujourd’hui Prescillia Mora, 31 ans. Diagnostiquée épileptique depuis dix ans maintenant – elle l’est en vérité depuis son enfance, "mais ne le savait pas" -, elle a commencé à se soigner à l’âge de 21 ans. A ce moment-là, Prescillia entame sa deuxième grossesse. Le début des malheurs.

 "Mon médecin martelait qu’il n’y avait aucun risque"

Un an auparavant, elle accouche de Lucas, son premier fils. Aujourd’hui âgé de 9 ans, Lucas "vit normalement et se porte très bien".  Mais lorsqu’elle attend son deuxième enfant, Nathan, le médecin de Prescillia lui recommande la Dépakine , traitement jugé le plus efficace pour soigner son épilepsie. Elle en est alors à sa onzième semaine de grossesse. "Mon médecin martelait qu’il n’y avait aucun risque pour mon enfant. Il avait même pris conseil à un neurologue avant de me prescrire ce médicament", se désole-t-elle auprès de metronews.

Mais ce traitement aura des conséquences dramatiques. Son fils Nathan accuse un retard de compétences ou encore un trouble de l’apprentissage. Il suit désormais des cours adaptés par correspondance. "Au début, on croyait que ses troubles étaient liés à sa naissance prématurée. Mais au fil du temps, nous nous sommes malheureusement aperçus que c’était mon traitement qui mettait en péril la santé de mes enfants."

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"C’est difficilement tenable"

Car après Nathan, Prescillia mettra au monde deux autres enfants. Respectivement âgés de 5 ans, et de 17 mois, Liam et Aaron souffrent de problèmes similaires à ceux de leur grand-frère. Et ce, malgré un changement de traitement. Entre-temps, Prescillia abandonne la Dépakine au profit du Keppra, un médicament qui se révélera "tout aussi nocif", avertit-elle. 

Tout comme Nathan, Liam est aussi atteint de troubles du comportement, se manifestant pour sa part par une hyperactivité et une impulsivité chronique ; et Aaron, 17 mois, est hypersensible et victime d'une immaturité cérébrale détecté sur un encéphalogramme vidéo. "Il possède un cerveau équivalent à celui d’un bébé de six mois", ajoute Prescillia.

"Les médecins ont eu beau jeu de me dire que mes traitement ne craignaient rien, voici le résultat !" enrage Prescilia. Généticien, neurologues, psychiatres, neuropsychologues, ortophonistes, psychomatricien…. c’est la liste exhaustive de spécialistes que Prescillia et son mari ont consultés. " Au-delà du côté pratique que vous imaginez, toutes ces prises en charges successives ont un coût. C’est difficilement tenable".  Mais pour Prescillia, il y a aussi le sentiment d’être responsable qui prédomine. "Je ne vous cache pas que j’ai l’impression d’avoir empoisonné mes enfants." 

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