Dépistage, accès à l'éducation, insertion professionnelle... : ce que contient le 4e plan autisme

Dépistage, accès à l'éducation, insertion professionnelle... : ce que contient le 4e plan autisme

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SANTÉ - Le gouvernement présente ce vendredi le 4e plan autisme, qui sera doté d'au moins 340 millions d'euros sur cinq ans. Parmi les principales mesures, la mise en place d'un forfait de remboursement pour les dépistages ou la scolarisation en maternelle de tous les enfants autistes.

"Il s'agit de suivre un parcours de vie", annonce d'emblée le gouvernement. Edouard Philippe présente ce vendredi le quatrième plan autisme pour que "les autistes aient la vie la plus normale possible". Il a d'ores et déjà annoncé qu'au moins 340 millions d'euros y seraient consacrés sur cinq ans ce jeudi lors d'une visite au CHU de Rouen.


Aujourd'hui en France, l'autisme concerne 700.000 personnes et une naissance pour cent. Fort de ce constat, le gouvernement souhaite "repérer les troubles et les écarts de développement pour intervenir plus tôt". "Il s'agit de faire de cette stratégie autisme le fer de lance de toute la politique de société inclusive", indique-t-on à Matignon.


Avec la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées Sophie Cluzel, la ministre de la Santé Agnès Buzyn, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer et la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, le Premier ministre doit faire plusieurs annonces visant à : remettre la science au cœur, intervenir précocement, rattraper le retard de scolarisation, aider la pleine citoyenneté des adultes autistes et reconnaître les familles et leur expertise. LCI s'est procuré ce plan autisme et vous en présente les principales mesures.

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Dépistage

Le volet dépistage débute par un constat : environ 45% des enfants autistes sont diagnostiqués entre 6 et 16 ans. Le gouvernement souhaite donc intervenir au plus tôt afin de limiter le sur-handicap et rattraper les retards grâce à une enveloppe de 106 millions d'euros. Le gouvernement souhaite l'installation sur chaque territoire d'une "plateforme d'intérêt et coordination" chargée d’organiser rapidement les interventions des professionnels libéraux (ergothérapeutes, psychomotriciens...). 


Aussi, comme Emmanuel Macron l'a annoncé ce jeudi, un "forfait de remboursement pour les parents par l'assurance maladie" sera mis en place à partir du 1er janvier 2019" pour les dépistages. 

Éducation

Aujourd'hui, seulement un tiers des enfants autistes sont scolarisés en maternelle deux jours ou moins. "La scolarisation va être obligatoire à partir de trois ans et ça doit être vrai pour tous les enfants de la République", assure Matignon. Le gouvernement souhaite donc scolariser en maternelle tous les enfants autistes y compris ceux présentant des troubles plus sévères. Comment ? En triplant le nombre d'unités d'enseignement maternel autisme (UEMa) et en améliorant la formation des professeurs d'école accueillant des élèves autistes - cent enseignants spécialisés dans l'autisme seront recrutés pour ces formations.


Le gouvernement souhaite également faciliter l'accès aux études supérieures pour les personnes autistes via Parcoursup, sans préciser les moyens qui seront mis en place pour atteindre cet objectif. En 2017, on ne décomptait que 461 étudiants autistes en université et en école, soit 1,9% des étudiants handicapés. Pour rattraper le retard en matière de scolarisation, une enveloppe de 103 millions d'euros est prévue.

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Un budget de 14 millions d'euros est également prévu pour "remettre la science au cœur de la politique de l'autisme". Trois centres nationaux sur l'autisme et les troubles du neuro-développement ainsi que 10 postes de chefs de clinique vont être créés. "Nous souhaitons que les connaissances ne restent pas dans les laboratoires", indique-t-on à Matignon. 


Le gouvernement souhaite mettre en place un continuum en misant sur l'innovation et en formant mieux les universitaires et les médecins. Cela passe, entre autres, par le développement d'outils et de modules de cours à destination des universités et des établissements de formation (kits pédagogiques, modules numériques...).

Citoyennisation des aultes

Le gouvernement souhaite une meilleure insertion professionnelle des personnes autistes et prévoit pour ce faire un budget de 115 millions d'euros. Il souhaite pour ce faire doubler le nombre d'emplois accompagnés et renforcer les dispositifs "ESAT hors les murs" pour soutenir la mise en situation professionnelle en milieu ordinaire et l'accès à l'emploi.


Alors que 10% des hospitalisations au long cours en hôpital et 40% des journées d'hospitalisation inadéquates concernant des personnes autistes, le plan prévoit d'engager un plan national de repérage et de diagnostic des adultes, et notamment des femmes, dans les établissements de santé.

Soutien des familles

Enfin, le dernier volet du plan autisme, qui prévoit une enveloppe de 6 millions d'euros, se concentre sur les familles et la reconnaissance de leur expertise. "Il faut les aider en leur offrant des temps de pause", confie-t-on du côté de Matignon. Une "plateforme de répit" sera donc mise en place dans chaque département pour offrir des solutions de garde d'enfants ou d'hébergement pour les adultes et même pour des vacances.


"Il faut également reconnaître l'expertise des familles", ajoute Matignon. Une instance nationale de pilotage va être créée en ce sens pour associer les familles à la gouvernance de la stratégie pour l’autisme et veiller à leur association à la politique de recherche.

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