Selon le virologue Bruno Lina, "il sera possible de faire 50.000 tests par jour dès mi-avril"

Selon le virologue Bruno Lina, "il sera possible de faire 50.000 tests par jour dès mi-avril"
Santé

POINT - Invité d'Elizabeth Martichoux ce mardi 31 mars, le virologue Bruno Lina, membre du conseil scientifique auprès du président de la République, estime que les effets de la mesure contre l'épidémie de Covid-19 seront visibles "dans les jours qui viennent" et que plus de tests vont être mis en place pour les patients symptomatiques.

Il y a deux semaines, débutait jour pour jour le confinement pour tous les Français. Certes, il est trop tôt pour tirer des conclusions hâtives mais peut-on tirer  ce mardi matin un enseignement, fut-il modeste, d’un point de vue épidémiologiste de cette première quinzaine ? "Il va encore falloir attendre quelques jours" rétorque Bruno Lina, professeur en virologie, membre du conseil scientifique, invité sur LCI ce mardi 31 mars. 

"Quand on déclenche un mécanisme comme le confinement, il y a une inertie entre le moment où l’on débute l’action et le moment où l’on va voir l’effet. Et on va commencer à le mesurer à la fin de cette semaine et au début de la semaine prochaine. On doit passer par un pic d’admission à l’hôpital et le nombre de patients admis en réanimation, ces deux marqueurs qui permettront de voir des actions qui ont été mises en place sont performantes et permettent de diminuer la transmission." Et pour ce faire, "il va falloir surveiller toutes les régions pour commencer à passer des signaux, le début de l’épidémie n’ayant pas commencé au même moment partout en France." 

En d’autres termes, il faut scanner les chiffres dans chaque région avant de pouvoir dire qu’on a atteint un pic. De là à prolonger le confinement s'il n'est pas atteint incessamment ? "Il faut attendre de voir ce qui va se passer en termes de dynamique épidémique pour décider du confinement. Peut-être que des mesures s’installeront après : on ne passera pas d’un confinement strict à une sortie totale. On y réfléchit." 

50.000 tests par jour dans une dizaine de jours

Quid de l'après-confinement et donc de l’avenir proche ? Sur cette sortie de crise, les hypothèses surabondent mais le brouillard demeure opaque. Parmi les questions que tout le monde se pose, faudra-t-il par exemple tester toute la population pour être sûr d’en avoir fini avec ce virus ? "Peut-être pas" assure le responsable du centre national de référence des virus des infections respiratoires aux hospices civils de Lyon, "mais on va devoir tester beaucoup plus de monde. Cela suppose une logistique et une infrastructure importantes pour augmenter de façon significative la capacité de faire des tests sérologiques et des tests PCR (NDLR, "polymerase chain reaction" consistant en un prélèvement naso-pharyngé). On va combiner ces outils diagnostiques pour avoir une image claire pour voir ce qui se passe en termes d’infection et de personnes infectées. Une capacité de tests à hauteur de 50.000 tests par jour va permettre de répondre à un grand nombre de besoins, notamment les personnages se posant des questions. Courant avril, il sera possible de tester les patients symptomatiques et de donner la réponse dans la journée." 

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Autre question qui turlupine les Français : la Chine. Des photos de longues files d'attente devant les crématoriums de Wuhan et le bilan humain très bas en Chine comparé aux autres pays qui luttent contre la pandémie alimentent considérablement les doutes. "Pour l'instant, on se pose des questions", confie le professeur en virologie. "On a comme point de repère ce qui s'est passé dans cette région, on essaye de récupérer des informations sur le taux d’attaque (le pourcentage de personnes infectées), sur le nombre de décès… Mais pour l’heure cela nous met plus dans le flou que dans la réalité (…) On a des hypothèses, des modèles comme la Chine mais il faut les confronter à la réalité."

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