Des associations appellent Bercy à suspendre le dioxyde de titane, additif alimentaire décrié mais omniprésent

Santé

CONSOMMATION - En ce jour de réveillon de Noël, vingt-deux associations cosignent une tribune pour demander au ministère de l'Économie de suspendre définitivement l'utilisation du dioxyde de titane (E171), un additif controversé, présent aussi bien dans l'alimentation que les cosmétiques ou les médicaments.

Gâteaux, bonbons, biscuits, viennoiseries, mais aussi cosmétiques et médicaments... L'E171 ou dioxyde de titane, est un additif alimentaire présent dans une grande quantité de produits en France. Il est pourtant très controversé. Malgré une suspension de l'utilisation du produit, votée en juin par les parlementaires, "depuis... rien ne se passe", déplorent les signataires d'une tribune dans Le Monde, réclamant au ministère de l'Économie de prendre enfin des mesures concrètes.

Le dioxyde de titane, dont la présence est indiquée sur les étiquettes par TiO2 ou E171, est une poudre blanche utilisée principalement comme colorant,  pour blanchir ou intensifier la brillance des produits alimentaires. C'est le fait que cette substance contienne des nanoparticules - d'une taille inférieure à 100 nanomètres facilitant leur pénétration dans l'organisme - qui soulève l'inquiétude depuis plusieurs années des associations de défense des consommateurs et de l'environnement. 

Les associations UFC-Que Choisir, France Nature Environnement, la Ligue contre le cancer, Réseau environnement santé, Générations futures, Greenpeace ou encore 60 millions de consommateurs, se sont rassemblées pour demander d'une même voix la suspension du E171 à Bercy, grâce à l'arrêté ministériel nécessaire.

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En mai, la secrétaire d'État à la Transition écologique, Brune Poirson, avait fait spécialement le déplacement dans l'usine d'un confiseur à Tourcoing (Nord), pour annoncer la volonté du gouvernement de suspendre "d'ici la fin de l'année" l'utilisation dans tous les produits alimentaires du dioxyde de titane sous forme de nanoparticules. 

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Alimentation : toujours trop d'additifs

Une mesure gelée par Bercy ?

En juin, les confiseurs français s'étaient engagés à bannir son usage à l'automne et cette suspension avait été votée par les parlementaires. Or il semblerait, selon le texte, que "l'entrée en vigueur de cette mesure [soit] gelée par Bercy". "En vertu du code de la consommation, le ministère chargé de la consommation est le seul compétent pour prendre l'arrêté ministériel permettant de rendre cette mesure effective", poursuivent-ils. 

Et les signataires d'enfoncer le clou : "Bercy refuse de rédiger cet arrêté, au motif qu'il n'y aurait pas de danger suffisamment 'grave ou immédiat' pour activer la clause de sauvegarde au niveau européen."

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