Des consultations à 46 et 60 euros : "Votre médecin aura beaucoup plus de temps pour vous"

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INTERVIEW - À partir du 1er novembre 2017, plusieurs types de consultations chez les médecins généralistes et certains spécialistes vont augmenter pour aller jusqu'à 60 euros. Comment expliquer ces hausses ? Quel intérêt pour le patient ? LCI a posé la question au Dr Jean-Paul Ortiz, président du CSMF.

A partir du 1er novembre, les tarifs de certaines consultations chez les médecins généralistes et spécialistes vont augmenter. Ces nouveaux tarifs, dont les décrets ont été publiés au Journal officiel de la République française ce mardi 12 septembre, sont le résultat de négociations entre les syndicats de médecins et l’assurance maladie. Ils entrent en vigueur après une première hausse - celle de la consultation classique, passée de 23 à 25 euros en mai dernier. 


Ce décret crée les consultations "complexes" qui seront facturées 46 euros, les consultations dites "très complexes", tarifées à 60 euros, et fait passer les consultations "longues", qui existaient déjà, de 56 euros à 70 euros. Qui ça concerne ? Quels intérêts pour le patient ? LCI a interrogé le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF).

LCI.fr : Pourquoi avoir souhaité ces augmentations ?

Dr Jean-Paul Ortiz : On s'est rendu compte que dans la prise en charge de certains patients, notamment les enfants ou les patients plus âgés, il est nécessaire de prendre plus de temps. Si vous ne passez pas le temps nécessaire, ça se fait au détriment du patient. C'est aussi fait pour rémunérer ce qu’on faisait avant. Il faut sortir de l’idée d’un tarif unique quand on va chez le médecin.

LCI.fr : Concrètement, qu'est-ce que le patient y gagne ?

Dr Jean-Paul Ortiz : Cela lui permet d’avoir une meilleure prise en charge et un meilleur temps qui lui est dédié. En matière de qualité de prise en charge. L’acte moyen chez le généraliste dure 15 minutes. On ne peut pas prendre le temps qu’il faudrait pour expliquer à une jeune fille la première prise contraceptive. Le médecin aura beaucoup plus le temps de vous expliquer ce qui se passe, quelle est la problématique. Car aujourd’hui, ça n’était pas le cas. Et ça ne coûtera rien de plus au patient.

LCI.fr : Ne craignez-vous pas des dérives ?

Dr Jean-Paul Ortiz : Non car c'est tracé, codé. Ce n’est pas le médecin généraliste qui estime tout seul, c’est la situation clinique du patient qui lui permet de "coter" la consultation. On notera aussi que les consultations "complexes" et "très complexes" correspondent à des situations très particulières et très limitées en nombre de patients concernés et en nombre de fois dans l’année, voire dans une vie.

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