Des écarts de tarifs "inacceptables" dans les hôpitaux publics

Santé

SANTE - Pour une durée de séjour et des soins équivalents, une hospitalisation sera facturée plus ou moins chère d'un établissement à l'autre, explique le magazine 60 millions de consommateurs. Si la différence de tarification peut être surprenante, l'impact est en général peu important sur le budget des ménages… quand on bénéficie d'une bonne complémentaire santé.

Attention, pour des soins identiques, la facture sera plus ou moins lourde selon l'hôpital que vous choisirez, révèle une étude de l’Observatoire citoyen des restes à charge en santé*, publiée par 60 millions de consommateurs. Les auteurs y dénoncent des écarts inadmissibles de tarifs qui aboutissement à une "facture finale imprévisible". Avec un reste à charge d'une moyenne de 26 euros, les patients couverts par l'Assurance maladie et dotés d'une complémentaire santé déboursent très peu pour une hospitalisation. Mais derrière ce chiffre se cacheraient d'autres réalités.

"Il faut ainsi savoir qu’avant l’intervention de l’assurance complémentaire , le coût d’un séjour se monte en moyenne à 511 €", explique l'étude qui se base sur des données recueillies par les mutuelles de 240 000 personnes hospitalisées en 2012. Mais ces derniers ont constaté que dans certains cas, la facture dépasse ces 511 €. Ainsi, pour 10 % des séjours étudiés, la note était supérieure à 1 300 € et même à 5 190 € dans 1 % des cas. Les patients mal couverts par leur complémentaire peuvent alors se retrouver avec des restes à charge de plusieurs milliers d’euros en sortant.

Les hôpitaux fixent leurs factures


Les données issues de l'enquête montrent à quel point les tarifs journaliers de prestation peuvent varier d'une région à une autre (862 € par jour à Paris contre 1 446 € à Marseille) mais c'est surtout d'un établissement public à un autre que la différence de facturation est la plus importante . "En médecine générale, le tarif pour une même prestation peut par exemple aller d’environ 500 € à 2 230 € pour des établissements ayant des profils proches en termes d’activités, soulignent les auteurs. Sont concernées autant les grosses structures, type centre universitaire hospitalier (CHU), que les petits hôpitaux".

Sur quels critères se fondent les hôpitaux pour exiger de leurs patients une participation aux soins plus ou moins élevée ? Le calcul se ferait en fonction des charges et des activités prévisionnelles de l'établissement. En d'autres termes, le patient paierait en fonction de la santé financière de l'hôpital. Dans les conclusions de l'enquête, les auteurs demandent que soient facilement accessibles sur les sites Internet des hôpitaux les principaux tarifs qu'ils pratiquent. Et pour enrayer ce phénomène, ils appellent les agences régionales de santé (ARS) à les regarder de plus près pour mieux les encadrer.

*L’Observatoire citoyen des restes à charge en santé a été créé début 2013 par le Collectif interassociatif sur la santé (CISS), 60 millions de consommateurs et la société Santéclair.

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