Des scientifiques ont découvert le gène responsable de l'adaptation à la haute altitude

Santé

LÀ-HAUT - Une équipe de chercheurs américains a découvert un gène qui permet à l'organisme de s'adapter au manque d'oxygène, indique une nouvelle étude. Une découverte qui pourrait aider le développement de nouveaux traitements contre l'insuffisance cardiaque.

"C’est la première fois qu’on découvre un gène responsable de l’adaptation à la haute altitude essentiel pour protéger les fonctions cardiaques, même quand on est au niveau de la mer", s'est enthousiasmé Gabriel Haddad, professeur de pédiatrie à l’hôpital des enfants Rady à San Diegon (États-Unis), interrogé par l'AFP. Une découverte qui pourrait aider au développement de nouveaux traitements contre l'insuffisance cardiaque, suggère une équipe de chercheurs de la faculté de médecine de l'Université de Californie, dont l'étude vient de paraître dans la revue de l' Académie américaine des sciences (PNAS).

Pour arriver à cette découverte, les chercheurs de l'hôpital pour enfants Rady à San Diego (États-Unis) ont analysé le génome (autrement dit, l'ADN) de populations vivant dans les hauts plateaux éthiopiens , à une altitude comprise entre 1800 et 3000 mètres. A l'instar des peuplades des Andes ou de l'Himalaya, ils ont développé au fil des siècles de nouvelles aptitudes afin de s'adapter à leur environnement. On le voit notamment au niveau de leur système respiratoire et sanguin, en raison de ces modifications physiologiques et génétiques, que l'on ne retrouve pas dans les populations vivant en basse altitude.

Le mystère de la capacité d'adaptation des populations vivant en haute altitude

En analysant leur ADN, les scientifiques ont observé des variations du gène EDNRB, qui serait lui-même impliqué dans les fonctions cardiaques. Ce gène permettrait de réduire la production d'un puissant vasoconstricteur : l' endothéline . Ce qui pourrait ainsi expliquer la capacité d'adaptation de populations vivant en haute altitude. Pour appuyer leur théorie, les scientifiques ont mené une nouvelle étude auprès de souris génétiquement modifiés pour obtenir le même type de séquençage. Ils les ont ensuite placés dans un environnement pauvre en oxygène.

Résultat, les cobayes ont beaucoup mieux résisté au manque d'oxygène et ont montré de meilleures performances cardiaques et une plus grande oxygénation des organes vitaux que les souris normales. D'après les conclusions de leurs travaux, l'abaissement du niveau d'endothéline permettrait de préserver les fonctions cardiaques lors d'une hypoxie modérée à sévère, une diminution de la quantité d'oxygène apportée aux organes par le sang. Aussi bien en haute altitude qu'au niveau de la mer.

Abaisser le niveau d’endothéline fait des miracles chez des souris de laboratoire

Même dans des conditions d’hypoxie extrême avec seulement 5 % d’oxygène (c'est-à-dire moins qu’au sommet du mont Everest), les souris dotées du gène muté et produisant donc moins d’endothéline, avaient des fonctions cardiaques et respiratoires nettement meilleures que les autres rongeurs. "Abaisser le niveau d’endothéline fait des miracles chez des souris placées dans un environnement pauvre en oxygène, ce qui suggère que le gène EDNRB joue un rôle clé dans l’adaptation des humains à la haute altitude", a souligné le chercheur Gabriel Haddad. D'après lui, ce mécanisme biologique pourrait contribuer à la dilatation des vaisseaux sanguins et à la prolifération des cellules sanguines.

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