Des soignants positifs au Covid-19 mais asymptomatiques peuvent-ils retourner travailler à l'hôpital ?

Selon la Haute autorité de santé, une fois un vaccin mis au point contre le Covid-19, priorité devra
Santé

PRÉCISIONS – Un collectif représentant les travailleurs des blocs opératoires s'est étonné ce dimanche du cas de soignants positifs au Covid-19 mais asymptomatiques qui "doivent aller travailler". Une affirmation véridique mais à nuancer.

"Scandaleux et honteux", écrit, en lettres majuscules, le "collectif Inter-Blocs". Sur Twitter, ce groupe formé d'infirmiers en blocs opératoires s'inquiétait ce dimanche 13 septembre d'être devenu de la "chaire à canon". Il affirme en effet que les soignants positifs au coronavirus seraient obligés de retourner dans les hôpitaux s'ils sont asymptomatiques. Joignant à leur texte publié sur Twitter la Une du Dauphiné Libéré sur laquelle ont apprend que "même positifs, des soignants peuvent travailler". Alors qu'en est-il réellement? LCI fait le point.

Une consigne qui n'a rien d'obligatoire

Dans un dossier publié la veille, le titre de presse quotidienne régionale révèle en effet le contenu surprenant d'une note de service affichée dans un centre hospitalier d'Isère. Il y est écrit qu'"en l'absence de symptômes", un agent positif au coronavirus "reprend ou reste en poste en appliquant les gestes barrières renforcés". Une décision prise par cet établissement qui n'a rien d'inattendue.

De fait, si le collectif se trompe en citant un "avis de Santé publique France", on retrouve bien à l'origine de cette consigne un avis très officiel. Celui du Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Facilement téléchargeable sur le site de cette institution publique, on découvre dans ce texte daté du 23 mai dernier toutes les consignes relatives "à la conduite à tenir pour les professionnels intervenant en établissements de santé et en établissements sociaux et médico-sociaux". Il est notamment écrit que tout test PCR positif chez un professionnel asymptomatique "doit conduire à une éviction de 7 jours" et au "respect des mesures barrières renforcées pendant les 7 jours suivants". 

Cependant, il est aussi précisé que ces derniers peuvent être amenés à reprendre leur activité s'il s'agit d'un "personnel non remplaçable". Il y a alors la "possibilité" de le garder à son poste mais de façon "dégradée" et accompagné d'un "renforcement des mesures de précaution et d'hygiène", elles aussi énoncées dans le texte. 

Mais si cette pratique est "envisageable", pour reprendre les mots du Haut Conseil de la santé publique, elle n'est en rien obligatoire. Alors que, dans un premier temps, la Direction générale de la Santé (DGS) nous expliquait que cette règle était devenue "caduque", elle a rectifié ses propos ce mardi en nous informant qu'elle était "toujours valable". "Oui, pour les professionnels de santé asymptomatiques, il y a bien cette possibilité de revenir au travail de façon dégradée." Une décision qui doit toutefois être prise directement par les cadres des hôpitaux et qui n'est pas "une règle en soi". "La décision se fait après l'évaluation de la balance bénéfice-risque pour le patient", rappelle ainsi la direction du ministère de la Santé, citant l'avis du HCSP.  "C'est décidé directement en fonction des capacités de chaque hôpital", et avec des "mesures drastiques" comme le port du masque de type FFP2 pour le soignant. Dans des établissements où les soignants réclament plus d'effectif depuis des années, il est donc peu surprenant que cette consigne soit appliquée. 

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