Désormais autorisé dans les cabinets médicaux, le vaccin AstraZeneca est en forte progression

La France s'apprête à entrer dans une nouvelle phase avec l'arrivée des doses chez les médecins généralistes à partir de jeudi. Ce sont eux qui vont injecter chez les 50 - 64 ans présentant les comorbidités.

RENAISSANCE - Administré depuis jeudi par les médecins libéraux, le vaccin AstraZeneca connaît une très forte accélération. Il marque une nouvelle phase de la campagne vaccinale en permettant de relancer les primo-vaccinations.

Mal aimé, le vaccin produit par AstraZeneca tient-il enfin sa revanche ? Administré depuis jeudi dans les cabinets médicaux, il connaît en tout cas une progression fulgurante. Alors que 28.844 médecins libéraux se sont inscrits pour pouvoir vacciner à leurs patients de 50 à 64 ans atteints de comorbidités, les doses du laboratoire britannique sont en effet les seules à pouvoir être administrées dans ce cadre, en raison de leur simplicité de conservation. 

Résultat : selon le site indépendant Covid Tracker, qui modélise les données officielles concernant le Covid-19, cette ouverture de la vaccination aux cabinets médicaux a permis de faire décoller l'usage du vaccin développé par AstraZeneca et l'université d'Oxford, malgré les nombreuses réserves à son sujet.

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100.000 doses en deux jours

Le fondateur du site, Guillaume Rozier, affirme ce dimanche que 100.000 doses ont été injectées du 24 au 26 février, pour atteindre les 240.100. Ce bond en avant du vaccin britannique le place désormais devant Moderna en termes d'injections réalisées. Le vaccin américain cumule pour le moment, en France, 156.643 doses administrées. Pfizer-BioNtech, lui, est de loin le vaccin le plus utilisé, avec plus de 2,5 millions d'injections réalisées.

De plus, explique Guillaume Rozier dans un tweet, "grâce aux vaccinations AstraZeneca, le nombre total de primo-injections (donc de nouvelles personnes vaccinées) repart à la hausse". Depuis mi-février en effet, l'administration de la seconde dose de vaccin représentait la principale activité des soignants habilités à vacciner contre le Covid-19.

Une image toujours à redorer

Pour autant, le vaccin AstraZeneca souffre toujours d'un déficit d'image en raison, notamment, des doutes sur son efficacité pour les plus de 65 ans. Car pour accorder son autorisation de mise sur le marché, l'Agence européenne du médicament (EMA) s'est fondée sur les essais réalisés à partir de mai-juin au Royaume-Uni et au Brésil sur 11.000 volontaires. Or la plupart d'entre eux avaient entre 18 et 55 ans : moins de 1.500 avaient plus de 55 ans, dont 450 seulement avaient plus de 70 ans. Les essais des vaccins de Pfizer/BioNTech et Moderna, les deux autres autorisés en Europe, ont accordé une plus large part que ceux d'AstraZeneca aux personnes jusqu'à 75 ans. Si l'efficacité générale a été évaluée entre 60 % et 70 %, "il n'y a pas encore assez de résultats chez les participants de plus de 55 ans pour avoir un chiffre sur la performance du vaccin dans ce groupe d'âge", concédait l'EMA dans son avis.

Avec un taux d'efficacité affiché moindre que ses concurrents Moderna et Pfizer (autour de 90 %), le vaccin britannique pourrait cependant reprendre du galon prochainement. Après une étude écossaise encourageante, la Haute Autorité de santé doit, selon le Journal Du Dimanche, se prononcer dans un délai de deux semaines sur l'utilisation du vaccin auprès des plus de 65 ans. Elle avait été saisie par le ministère de la Santé. "Je ne vais pas le donner tout de suite aux personnes âgées de 65 ans et plus, j'attends d'abord que l'article soit 'reviewé' [Ndlr : revu par d'autres scientifiques], et que les autorités sanitaires disent que, sur la base de cette étude, nous pouvons y aller", a indiqué Olivier Véran au cours d'une prise de parole au Conseil économique, social et environnemental cette semaine. Le comité vaccinal allemand a en outre indiqué samedi qu'il pourrait prochainement recommander le vaccin aux plus de 65 ans. 

Les craintes cristallisées autour d'éventuels effets secondaires ont également pu rebuter plus d'un candidat à la vaccination. Dans son rapport daté du 19 février, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) relevait 149 patients ayant développé des effets secondaires après une première injection du vaccin AstraZeneca entre le 6 et le 10 février dernier, sur un total de 10.000 personnes vaccinées. Lors d'une conférence de presse la semaine dernière, Olivier Véran a reconnu que les "symptômes sont gênants, mais bénins et temporaires".

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À ce jour, 4.36% des Français ont reçu au moins une dose de vaccin et 2.33% ont reçu les deux doses. Les doses, elles, sont toujours distribuées au compte-gouttes sur le territoire, en fonction des capacités de production de chacun des laboratoires. Le gouvernement souhaite malgré tout que 8 millions de personnes aient reçu a minima une première dose du vaccin fin mars.

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