Deux cas "crédibles" d'Ebola en France : quels sont les risques ?

Deux cas "crédibles" d'Ebola en France : quels sont les risques ?

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VIRUS EBOLA - Le virus Ebola de retour en France ? Deux cas sont à l'isolement, ce lundi, à Lyon. Les deux patients présentent les symptômes du virus. Pour autant, faut-il être inquiet ? On fait le tour de la question.

Un cas "crédible" d'Ebola a été signalé par le CHU de Grenoble ce lundi. Un homme de 20 ans, qui se trouvait à la gare de la ville, a appelé les secours, dans la nuit de dimanche à lundi, vers trois heures du matin. Le jeune migrant est parti du Congo et est passé par la Guinée et la Sierra Léone, deux pays très durement touchés par le virus. 

Le CHU a confirmé ce matin que le jeune homme présente bien les symptômes du virus et a été transféré aux hospices civils de Lyon. Par la même occasion, on a appris qu'un autre patient avait aussi été transféré dans le même établissement jeudi dernier. 

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Doit-on craindre Ebola en France ? La question est légitime. Peut-on attraper le virus dans les transports en commun en touchant la barre du métro juste après un malade ? Doit-on porter un masque ? Se méfier d'un individu qui éternue ?

Pour rappel, vous ne risquez de contracter la maladie que par "un contact physique direct avec les liquides biologiques ou les sécrétions (vomissements, selles, urine, sang, sperme, etc.) des personnes qui ont été infectées" et ont développé les symptômes "ou sont décédées de maladie à virus Ebola".

Contact direct avec la peau et les muqueuses
Mais qu'entend-on par contact direct ? Sylvain Baize, responsable du Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales, précise à metronews que la transmission se fait essentiellement par la peau et surtout par les muqueuses (bouche, yeux...). "On ne sait pas si le virus passe en transcutané, par les pores ou s'il suffit de la moindre micro-lésion. Donc on suit le principe de précaution et on considère qu'un contact des fluides infectés avec la peau, même saine, peut être contaminant." Toutefois, pas de crainte de contagion directe dans l'espace confiné du métro parisien : "Les gens sont tous habillés, pas peau contre peau", ponctue le spécialiste.

Pas de transmission aérienne du virus
Quant au risque de contamination par contact indirect, il existe en théorie. Mais "on n'a jamais reporté de cas de ce type lors des épidémies passées", rassure le chercheur. Déjà, "contrairement à la grippe ou aux autres infections respiratoires, il n'existe pas de transmission aérienne". Donc à moins qu'un malade tousse (les éternuements ne font pas partie des symptômes) à 10 cm de votre bouche, vous ne risquez rien. "Il ne faudrait pas recommander de se balader dans Monrovia, mais en France le risque est de zéro."

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Pas de risque de croiser des malades très contagieux
Pourtant, il affirme que "la contagiosité des malades augmente avec la sévérité de la maladie". C'est-à-dire que plus la maladie avance plus la charge virale augmente et le risque de contamination avec. Sauf que, lorsque la maladie atteint un stade avancé, les personnes infectées sont "asthéniques", bien trop fatiguées pour se déplacer. Résultat : "les malades se déplacent lorsque les symptômes sont légers" et donc lorsqu'ils sont peu contagieux.

La sueur est peu contaminante
Et si un malade a développé les symptômes depuis quelques heures seulement, il ne toussera ni ne vomira. Pas d'extériorisation de fluides, à part sa sueur, qui sera la seule sécrétion contaminante. Mais elle le sera peu. "Parce que le virus Ebola est fragile : quand il se trouve dans un environnement sec, il se dégrade facilement." La sueur d'un malade sur une poignée de porte ou la barre du métro ne restera pas longtemps infectieuse. Le virologue rappelle à juste titre que le malade libérien qui a amené le virus au Libéria n'a contaminé personne dans l'avion.

Contamination longue des vomissures et excréments
Il faut toutefois rappeler que le virus se dégrade lentement dans un environnement organique. "Les UV ne pénètrent pas dans la diarrhée ou les vomissures. Il faut compter une bonne semaine avant que la charge virale soit négligeable." D'autant que se trouvent "plusieurs millions de particules par milligramme d'excrément, de tissu ou de millilitre de sang". Mais il ne vous viendrait pas à l'esprit de toucher du vomi avec vos doigts ! Cessez donc d'angoisser.

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