Diabète, rhumatologie, gériatrie... les hôpitaux déprogramment des interventions non urgentes

Diabète, rhumatologie, gériatrie... les hôpitaux déprogramment des interventions non urgentes

PRÉVENTION - Face à l'explosion soudaine du nombre d'infections au Covid-19, des hôpitaux activent leurs dispositifs de crise et déprogramment massivement des interventions non-urgentes. Si le cas par cas est de mise, quelles sont les spécialités généralement concernées ?

C'était l'un des scénarios redoutés par les chirurgiens. Alors que les retards de soins de la première vague n’ont pas encore été entièrement rattrapés, une seconde vague de déprogrammations d'activités hors épidémie est d'ores et déjà engagée dans les hôpitaux de France, signe de l’aggravation de la situation. 

Ce lundi 26 octobre, Aurélien Rousseau, président de l'Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France a ainsi invité tous les établissements de santé, privés comme publics, à "déprogrammer", à compter de vendredi, "toutes les activités chirurgicales (y compris ambulatoires) et médicales dès lors qu’elles sont consommatrices de ressources humaines qui pourraient être utilement affectées dans les services de soins critiques et de médecine Covid". Ce point de bascule dans la deuxième vague présage un arrêt de près de 80% de l'activité hors épidémie, soit un pourcentage semblable à celui de la première vague, comme le précise Le Monde. Objectif ? Augmenter d’ici au 3 novembre la capacité d’accueil en réanimation à 1775 lits, espère le directeur de l’ARS IDF, soulignant que c'est le maximum car après "il n’y a pas de réserve". 

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"Idéalement du cousu main, quasiment patient par patient"

Dès la semaine dernière, des médecins soulignaient les "choix douloureux et dramatiques" qui accompagnent ces déprogrammations des activités à l'hôpital, en raison de l'augmentation du nombre de patients Covid. "Prendre le risque de voir l'état de leurs patients se dégrader, c'est le pire pour les soignants. (...) Un diabétique, si son rendez-vous est décalé pendant trois mois, peut faire des décompensations graves. Un cancer du colon, ça peut se différer un peu mais pas beaucoup, sinon le cancer risque de se généraliser", illustrait ainsi il y a quelques jours dans une interview à l'AFP Jean Pinson, directeur des hôpitaux de Saint-Denis et Gonesse, situés dans des banlieues populaires au nord de Paris.

"Contrairement au printemps, nous avons conservé tout ce qui est chirurgie urgente ou semi-urgente", soulignait-il avant explosion des taux de contamination et de positivité du week-end, précisant que les premières déprogrammations concernaient "un peu de diabète et de rhumatologie" et représentaient, à date, 30% de l'activité. Pour orienter les choix, "c'est idéalement du cousu main, quasiment patient par patient", expliquait Jean Pinson. Et de rappeler : "On n'a pas eu cette possibilité lors de la première vague : l'hôpital a été submergé en quelques jours, on a dû faire des déprogrammations massives et abruptes."

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 Et ce qu'il redoutait il y a quelques jours seulement est aujourd'hui d'actualité : "Pour la deuxième vague, on a pu imaginer des montées en charge progressives des déprogrammations. Mais si le coronavirus continue de monter, nous serons obligés de déprogrammer davantage. On n'a pas les lits, les effectifs, pour accueillir tous les patients ensemble."

Pneumologie, cardiologie, gériatrie...

Ce dispositif de crise ne se cantonne à la région parisienne. Au centre hospitalier régional (CHR) de Strasbourg, où 100% des lits du service d’infectiologie sont occupés par des patients atteints du Covid-19, un plan de déprogrammation des activités dans d'autres services est déjà prévu afin de libérer du personnel en fonction des besoins. A commencer par la pneumologie, la cardiologie, la gériatrie et la médecine interne. Dans la Loire où la situation est particulièrement préoccupante avec des taux d’incidence (c'est-à-dire le nombre de cas positifs pour 100.000 personnes) qui approchent 1000 par endroits, ce sont toutes les activités non-urgentes qui ont été déprogrammées. 

Dans ces territoires, comme à Lille, Grenoble, Lyon ou Saint-Etienne, les ARS ont donc déclenché le plan blanc face à l’afflux de malades du coronavirus. Dès la mi-octobre, face au risque de saturation des services en raison du Covid-19, l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes avait ainsi invité tous les établissements de santé publics et privés de la Loire, du Rhône et de l'Isère à procéder "à la déprogrammation de toutes les activités opératoires et interventionnelles non urgentes et sans préjudice de perte de chance avérée à court terme pour les patients" pour la quinzaine à venir. 

"Nous sommes très vigilants concernant ces déprogrammations qui doivent être concertées avec les professionnels afin d’éviter des pertes de chances pour les patients", souligne la Fédération des cliniques et hôpitaux privés de France (FHP). Celle-ci évoque pour l'heure un report de 25 à 40% des interventions chirurgicales pour pouvoir mobiliser du personnel "et surtout faire de la place dans les services de réanimation".

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